Le journaliste Okay Deprem détenu en Biélorussie sans motif officiel
Le journaliste Okay Deprem, qui se trouvait en Biélorussie sur invitation, a été placé en détention pendant dix jours sans qu'aucun motif officiel ne lui soit signifié. Privé d'accès à un avocat et aux services consulaires, M. Deprem a été libéré après avoir subi des conditions de détention difficiles.
Le journaliste Okay Deprem, qui vit en Russie et est membre de l'Union des journalistes depuis quatre ans, s'est rendu à plusieurs reprises en Biélorussie par le passé.
Selon les informations d'Oda TV, M. Deprem s'est rendu à nouveau en Biélorussie sur invitation avant les élections prévues début 2025. Durant cette période, il a accordé des interviews à des chaînes d'État et à des médias privés, et a participé à des émissions de télévision.
Cependant, une situation inattendue s'est produite début septembre. M. Deprem a été placé en détention sans notification officielle, sous prétexte qu'il « n'avait pas d'autorisation de séjour dans le pays ». Il a été retenu sans qu'aucune accusation ne soit portée contre lui.
Le journaliste, détenu pendant dix jours en Biélorussie, a rapporté avoir été maintenu dans des conditions difficiles. Après sa libération, il a partagé son expérience avec le public.
M. Deprem a affirmé avoir été victime de mauvais traitements dès le moment de son interpellation. Au centre de détention où il était retenu, il n'a pas été autorisé à demander un avocat, à communiquer avec sa famille, ni à informer l'ambassade de Turquie à Minsk ou l'agence russe pour laquelle il travaille.
M. Deprem a raconté ce processus comme suit :
« Je n'ai pu l'apprendre qu'après ma sortie. Au début, mon rédacteur en chef à l'agence russe pour laquelle je travaille, n'ayant pas pu me joindre pendant quelques jours, a contacté ma famille qu'il connaissait déjà. Quand ils ont dit "nous ne pouvons pas non plus le joindre", les démarches ont commencé. »
LES AUTORITÉS BIÉLORUSSES N'ONT FOURNI AUCUNE INFORMATION
Pendant la période de détention, la famille de M. Deprem, ses proches, son agence en Russie et l'ambassade de Turquie à Minsk ont tenté d'obtenir des informations auprès des autorités biélorusses. Cependant, durant les premiers jours, les autorités biélorusses ont nié la présence de M. Deprem dans le pays. Sous la pression croissante, l'information selon laquelle le journaliste était en détention a finalement été confirmée.
Selon les accords entre les deux pays, les citoyens ne devraient pas être détenus plus de trois jours, sauf en cas de crime grave. Pourtant, les autorités biélorusses ont retenu M. Deprem au-delà de ce délai sans en informer l'ambassade de Turquie.
M. Deprem a déclaré à ce sujet :
« Ils ont fini par l'admettre plus tard. Ils ont justifié leur silence en disant que j'étais entré avec mon identité russe. Pourtant, j'avais ma carte d'identité turque dans mon portefeuille ; ils avaient tout vidé et photographié, il leur était impossible de ne pas le savoir. »
CONDITIONS DE DÉTENTION
M. Deprem a précisé que le centre où il était détenu accueillait des personnes de nombreuses nationalités différentes.
« Des Turkmènes, des Centrafricains, des Arabes d'Afrique du Nord... Les codétenus m'ont d'abord approché avec méfiance, en disant : "Tu es journaliste, tu es connu, tu ne devrais pas être ici". Quelques jours plus tard, la confiance s'est installée et ils ont commencé à se confier. »
Décrivant des conditions de détention précaires, M. Deprem a indiqué que de nombreuses personnes étaient entassées dans des espaces restreints, que la nourriture était insuffisante et que des problèmes d'hygiène étaient omniprésents.
« Un Turkmène était là depuis un an. Il n'avait pas vu d'avocat depuis un an... J'ai entendu beaucoup d'histoires, peut-être assez pour un autre travail. »
LIBÉRÉ APRÈS DIX JOURS
Le journaliste a été libéré au bout de dix jours. On lui a brièvement rendu son téléphone portable pour qu'il achète lui-même son billet d'avion.
« Je suis sorti avec les chaussons du centre de détention aux pieds. Je n'avais pas pu prendre de douche ni changer de vêtements depuis 10 jours. Ils voulaient que j'aille directement à l'aéroport. J'ai insisté pour passer chez moi récupérer mes affaires. J'ai rempli ma valise avec les mains menottées, puis nous sommes allés à l'aéroport. »
Malgré sa libération, aucune déclaration officielle n'a été faite par les autorités biélorusses. Avant de quitter le pays, M. Deprem a dû payer une amende pour la durée de son séjour en détention.
« L'officier qui m'accompagnait m'a dit avant mon départ : "Monsieur Okay, nous sommes un petit pays pauvre, s'il vous plaît, ne faites pas de mal à notre pays". »
Le journaliste a indiqué qu'après son retour en Turquie, il a informé les institutions officielles et les organes de presse de ce qu'il a vécu.
« Des messages indirects exprimant des regrets me parviennent par divers canaux, mais personne ne m'a contacté directement. Quant au motif, j'entends aussi des choses étranges par des voies détournées, suggérant que ce n'était pas l'État biélorusse, mais d'autres centres d'influence qui auraient agi de leur propre chef. Au final, cela n'a pas d'importance. »
M. Deprem a ajouté qu'après son retour en Turquie, il a passé du temps avec sa famille et préparé des demandes écrites documentant son expérience.
« Après ce qui m'est arrivé, les réactions de nombreux journalistes et organes de presse en Russie m'ont un peu refroidi vis-à-vis des endroits où je vis depuis des années, pour être honnête. J'ai besoin de faire le point. »
Source de l'actualité: 12punto
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