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Le système de commerce électronique en Turquie est défaillant

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Le commerce électronique s'est développé dans le monde entier comme un système centré sur l'utilisateur. En Turquie, pour une raison quelconque, cette équation fonctionne à l'envers. L'utilisateur n'est pas au centre des achats ; au contraire, il est devenu le maillon le plus faible du système. La raison fondamentale en est l'injustice structurelle entre le paiement et la livraison. En Turquie, dans presque toutes les transactions de commerce électronique, le paiement est effectué d'abord, puis le produit est envoyé. Cela peut sembler banal, mais ce fonctionnement est dangereux précisément parce qu'il banalise le problème.

ACHAT OU TEST DE MORALITÉ ?

Dès que le consommateur paie, il perd le contrôle. Le fait que le produit commandé arrive ou non, qu'il soit intact, qu'il s'agisse du bon produit... tout dépend de l'initiative du vendeur. En d'autres termes, dès que l'argent change de main, le sort de l'achat est confié à la moralité du vendeur.

Il suffit de jeter un coup d'œil aux sites de réclamations pour comprendre pourquoi ce système est défectueux. Il existe des milliers de cas où le produit n'est jamais livré, où le produit arrive endommagé ou défectueux, où le consommateur est tourmenté lors des processus de retour, ou même où aucun interlocuteur ne peut être trouvé. Cela montre que le système est problématique non seulement à cause de quelques vendeurs mal intentionnés, mais par sa structure même.

COMMENT LES CHOSES SE PASSENT-ELLES DANS LE MONDE ?

Sur les marchés mondiaux, le commerce électronique est construit sur la confiance. Par exemple :

• Les grandes plateformes comme Amazon créent des mécanismes de confiance en faveur de l'utilisateur entre le paiement et la livraison. Le paiement peut être transféré au vendeur une fois que la marchandise est reçue et approuvée.

• Dans des pays comme l'Allemagne, des systèmes tels que le paiement à la livraison ou le virement bancaire après réception de la marchandise, correspondant au modèle « vérifiez avant d'accepter », sont toujours courants.

AliExpress ne transfère pas immédiatement les fonds de paiement au vendeur après l'achat. Le paiement est effectué une fois que l'acheteur a confirmé avoir reçu le produit et en être satisfait.

• En Russie, de nombreuses plateformes de commerce électronique ont adopté le modèle de paiement après livraison, qui permet au consommateur de voir le produit avant de payer.

• En Chine, les grandes plateformes comme JD.com utilisent leurs propres systèmes de livraison pour remettre les produits selon l'approbation de l'acheteur, et le paiement n'intervient qu'après cette approbation.

• En Iran, en raison de problèmes de confiance, le paiement à la livraison reste courant ; l'utilisateur peut payer en espèces ou par terminal de paiement après avoir reçu le produit.

• À Dubaï et aux Émirats arabes unis en général, le commerce électronique est structuré sur la base de la confiance, du segment de luxe au segment le plus bas ; dans de nombreux achats, le paiement est différé et les réglementations en faveur de l'acheteur sont prioritaires.

Le point commun de ces systèmes est qu'ils protègent l'acheteur. Car la confiance du consommateur est indispensable au commerce électronique. Dans un environnement sans confiance, il n'y a ni fidélisation de la clientèle, ni croissance durable.

POURQUOI LE SYSTÈME DOIT-IL CHANGER EN TURQUIE ?

La pratique actuelle en Turquie nuit à toutes les parties à long terme. Les vendeurs érodent la confiance dans le secteur pour des profits à court terme, les plateformes sont submergées par le poids des réclamations, et les utilisateurs sont déçus à chaque achat. Pourtant, la solution n'est pas complexe :

• Les systèmes de paiement doivent être restructurés.

• Le paiement doit être effectué après la réception du produit, et si possible, avec l'approbation de l'acheteur.

• Les plateformes intermédiaires doivent considérer les fonctions de paiement comme un « dépôt ».

• Avec des intégrations logistiques avancées, la confirmation de livraison du produit doit devenir le déclencheur du paiement.

En conclusion

La nature du commerce électronique repose sur la rapidité, la commodité et la confiance. En Turquie, seul le facteur « rapidité » est présent, mais il sert une mauvaise cause. La structure actuelle a créé un système qui ne repose pas sur le consommateur, mais sur la conscience du vendeur. Ce système devra soit changer, soit s'épuiser de lui-même. Le choix nous appartient, mais la voie est claire : D'abord le produit, ensuite le paiement. Car l'ordre de la confiance ne change pas.

Les législateurs en Turquie doivent désormais traiter ce problème structurel avec sérieux. L'infrastructure juridique nécessaire pour un système de paiement-livraison aux normes mondiales, protégeant le consommateur, doit être établie au plus vite. Sinon, le commerce électronique en Turquie continuera de produire de la méfiance au lieu de la confiance.