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Nouvelle crise : séparation des pouvoirs et unité nationale

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Au départ, le sujet se résumait à la détention injustifiée du député de Hatay, Can Atalay. Dans notre pays, les personnes qui exercent une fonction de représentation au Parlement sont des députés, et non des « représentants du peuple » comme aux États-Unis. Ils sont des députés, ce qui signifie qu'ils ne sont pas seulement les représentants de ceux qui ont voté pour eux, mais les représentants de la nation. Dans notre droit, la nation est définie, selon les termes d'Atatürk, comme « le peuple turc, la nation turque qui a fondé la République de Turquie ». La nation est une communauté imaginaire, comme certains le critiquent. Elle dépasse le peuple vivant à l'instant présent. C'est une identité politique qui a existé par le passé, qui nous a créés et dont on souhaite la pérennité dans le futur. Le député est précisément le mandataire de cette entité porteuse de cette identité. Il exerce une activité législative en son nom, il cherche et doit chercher à faire valoir les droits de la nation.

La nation exerce sa souveraineté nationale par l'intermédiaire des organes de l'État. C'est-à-dire non seulement par le Parlement qui légifère ou par l'exécutif qu'elle tente de désigner en votant tous les quelques années. La volonté nationale se manifeste à travers la justice, le législatif, l'exécutif et les organes constitutionnels. Plus important encore, à notre époque, les médias conventionnels et sociaux participent également à cette volonté. Car un peuple qui n'entend pas, ne voit pas et ne reçoit pas d'informations ne peut pas prendre de décisions justes ni exercer sa volonté. Ces organes sont les yeux, les oreilles, les mains et les pieds de la nation.

Au-delà de cela, le peuple, qui est aujourd'hui le plus grand pilier porteur de la nation, n'est pas réellement uni. C'est précisément pour cette raison que les divisions et les différences au sein du peuple doivent être représentées et que, en particulier, les minorités doivent être protégées contre la majorité. Ce n'est qu'ainsi qu'une véritable unité nationale peut être assurée.

Si le représentant de la nation est prisonnier, alors la nation est prisonnière. Can Atalay est un député de la nation, un représentant. Par conséquent, la nation est prisonnière.

La justice est également un organe de la nation. Par l'intermédiaire de la 3e chambre pénale de la Cour de cassation, cet organe est lui aussi menacé. Les juges qui rendent des décisions au nom de la nation turque sont confrontés à la menace d'être poursuivis en raison de leurs décisions. De plus, les juges de la Cour constitutionnelle, qui constituent la dernière garantie juridique des citoyens, sont confrontés à cette menace.

L'article 153 de la Constitution dispose : « ...Les décisions de la Cour constitutionnelle sont immédiatement publiées au Journal officiel et lient les organes législatif, exécutif et judiciaire, les autorités administratives, ainsi que les personnes physiques et morales. » Il semble que ces décisions ne lient pas certains. Dans ce cas, l'autorité de l'État et la souveraineté nationale ne sont pas aussi fortes que ces individus.

En raison de l'attitude de la 3e chambre pénale de la Cour de cassation, l'unité nationale et la séparation des pouvoirs ont été endommagées. La sécurité juridique a disparu. Cette attitude ne provient pas uniquement de la 3e chambre pénale de la Cour de cassation. Bien que l'article 104 de la Constitution stipule que « le Président de la République, en sa qualité de chef de l'État, représente la République de Turquie et l'unité de la nation turque ; il assure l'application de la Constitution et le fonctionnement régulier et harmonieux des organes de l'État », le Président n'a pas assuré le fonctionnement régulier et harmonieux des organes de l'État ni l'application de la Constitution.

Le président de la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMM) n'a pas soutenu le député prisonnier Can Atalay.

La 13e cour d'assises, qui est une juridiction de première instance, a résisté à la Constitution.

En résumé, la Constitution n'est pas appliquée. La Constitution n'est pas une simple loi, c'est un contrat social. Ceux qui sont tenus de respecter ce contrat sont, en premier lieu, l'État et ses organes. Lorsque l'État ne respecte pas la Constitution et le droit, il est impossible de le distinguer d'un quelconque foyer de pouvoir.

Lorsque les organes de l'État ne respectent pas la Constitution, il ne reste ni unité nationale ni souveraineté nationale. Désormais, ce n'est plus seulement Can Atalay, mais la volonté nationale qui est prisonnière.

À l'heure actuelle, le devoir de protéger la Constitution incombe à tous les membres de la nation. Tous les citoyens, en particulier les juristes, doivent défendre la Constitution et le droit. Avant qu'il ne soit trop tard !