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Je te gratte le dos, tu me grattes le mien !

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Dans sa ville natale de Rize, il s'en est pris violemment à Israël.

Il a déclaré :

« Tout comme nous sommes entrés au Karabakh, tout comme nous sommes entrés en Libye, nous pouvons faire exactement la même chose avec eux. Il n'y a aucune raison de ne pas le faire. Il suffit que nous soyons forts pour franchir ces étapes. »

La réponse à ces propos menaçants ne s'est pas fait attendre.

Le ministre des Affaires étrangères, Israel Katz, a publié une déclaration sur son compte de réseau social, brandissant une menace à peine voilée :

« Erdogan suit les traces de Saddam Hussein et menace d'attaquer Israël. Qu'il se souvienne de ce qui s'est passé là-bas et de la façon dont cela s'est terminé. »

De plus, sachant que mes compatriotes ont la mémoire courte, il n'a pas manqué de faire un petit rappel en plaçant côte à côte une photo de Saddam et celle de Sa Majesté.

C'était un message clair : « L'Amérique est derrière moi, fais attention. »

Notre ministère des Affaires étrangères n'est pas resté en reste.

Tout comme son homologue israélien, il est entré dans l'arène via les réseaux sociaux.

« Tout comme le génocidaire Hitler a fini, le génocidaire Netanyahou finira de la même manière. Tout comme les nazis génocidaires ont dû rendre des comptes, ceux qui tentent d'anéantir les Palestiniens devront également rendre des comptes. L'humanité se tiendra aux côtés des Palestiniens. Vous ne pourrez pas détruire les Palestiniens », a-t-il écrit dans un message au vitriol.

Lorsque Bahçeli, la béquille du pouvoir, a pris sa salière et s'est précipité, la question a été propulsée au premier rang de l'actualité.

On ne sait pas si quelqu'un demandera quel est le rapport entre le soutien de la Turquie aux opérations au Karabakh et en Libye avec Israël, ou si c'est à nous de sauver la Palestine alors que les pays arabes ne bougent pas.

De toute façon, mélanger les torchons et les serviettes n'a pas beaucoup d'importance. Ceux qui veulent y croire y croient. Comme mes compatriotes s'intéressent davantage à la manière dont les choses sont dites qu'au fond du discours, chaque déclaration faite avec un ton de prédicateur reçoit des applaudissements, quoi qu'il arrive.

Sa Majesté avait déjà tenu des propos similaires l'année dernière lors du Grand Meeting pour la Palestine, organisé la veille du 29 octobre pour faire de l'ombre aux célébrations du centenaire de la République.

« Surtout ces dix dernières années, tout ce que nous avons fait dans la lutte contre le terrorisme, nous l'avons réalisé malgré eux. J'espère qu'à l'avenir, nous continuerons à avancer sur la voie que nous avons tracée, avec la devise : nous pouvons arriver à l'improviste une nuit. Nous sommes prêts à marcher sur ce chemin avec notre nation à tout moment. Cette nation est prête, avec la permission de Dieu, à écrire de nouvelles épopées », avait-il déclaré. Mais à l'époque, ces mots étaient tombés comme un boulet de canon défectueux, tiré d'un canon rouillé, dont la mèche s'était éteinte à mi-chemin. Il n'y a pas eu de suite, c'est-à-dire... pschitt !

Dans l'ancienne Turquie, qu'ils critiquent tant et qu'ils essaient de faire oublier, ces choses-là avaient une certaine gravité.

La diplomatie ne se gérait pas sur les réseaux sociaux.

Ceux qui avaient une bouche ne parlaient pas à tort et à travers, la politique étrangère n'était pas instrumentalisée pour consolider l'électorat interne, et elle n'était pas utilisée pour polariser mes compatriotes.

Les affaires nobles du pays n'étaient pas transformées en matériau pour la démagogie.

Quel que soit le pouvoir en place, un consensus national était toujours recherché avant toute décision critique.

Il semble qu'aujourd'hui, pour compenser la défaite subie le 31 mars, il espère à nouveau s'appuyer sur son ancienne stratégie.

Alors que mes compatriotes, qui ont montré un carton rouge au pouvoir lors des élections locales, sont en train de s'entre-déchirer au sujet des chiens errants, il a créé sa propre opportunité pour rallier derrière lui un électorat qui commence à se désagréger à cause de la crise économique.

Il a tout cassé, fort de l'aisance que lui confère le fait d'être dans son pays.

Netanyahou, qui commet un génocide à Gaza, était déjà une cible légitime ! Il a pris les choses en main avec l'insupportable légèreté de celui qui se pose en protecteur des Palestiniens tout en menaçant Israël du doigt.

Il a habilement appuyé sur la corde sensible de cet électorat soi-disant « nationaliste », conservateur et attaché aux valeurs, qui s'offusque même de l'utilisation fortuite du mot « Israël » dans une phrase, et dont l'allergie se déclenche au moindre prétexte.

Alors que Özgür Özel, le président du CHP, à peine plus mature qu'un adolescent, se montre tiède envers le pouvoir, Sa Majesté a rapidement changé l'ordre du jour dès qu'il s'est senti acculé.

Les chaînes d'information à la solde du palais et les trolls du pouvoir sur les réseaux sociaux, suivant à la lettre les instructions reçues, ont commencé à faire mousser l'affaire.

Et qu'en est-il de mes compatriotes...

Ceux qui vivent presque au seuil de pauvreté, dont l'argent a perdu toute valeur à cause de l'inflation que le pouvoir alimente pour transférer des capitaux à ses propres partisans, ceux qui ne peuvent même plus acheter cent grammes de viande hachée pour leur foyer, ceux qui se demandent avec leurs trois sous de salaire comment ils vont finir le mois, ceux qui ont perdu tout espoir pour l'avenir de leurs enfants... diront-ils « nous sommes rassasiés de paroles creuses » ! C'est une autre histoire.

Cette sortie de Sa Majesté fait aussi les affaires de Netanyahou.

Ne vous fiez pas à leurs échanges de coups de gueule. À mesure qu'ils s'attaquent mutuellement, ils consolident leurs bases respectives sur fond de bruit inutile et de démagogie nationaliste religieuse et creuse.

Le tir de barrage de Sa Majesté, loin d'effrayer Netanyahou, prépare le terrain pour protéger son propre gouvernement religieux, raciste et fanatique.

Le tir de barrage venant de là-bas donne, de la même manière, des munitions à celui d'ici.

C'est, en quelque sorte, une situation de « Je te gratte le dos, tu me grattes le mien ».

Le pays se débat désormais dans un tel bourbier que le concept de « normalité » a disparu de nos vies sous tous les angles. La dispute de chiffonniers avec Israël n'a pas fait autant de bruit que le fait que Sa Majesté ait giflé un tout petit enfant parce qu'il n'avait pas embrassé sa main.

Demandons-nous si le secret de son comportement si effronté, malgré la débâcle subie aux élections locales, doit être recherché dans le talisman de sa veste à carreaux bleus, et laissons la réponse à la perspicacité du lecteur pour conclure notre article.