C'est une parole d'Uğur Mumcu, journaliste indomptable et inusable, martyr de la Révolution républicaine et membre du Kuvayı Milliye : « On ne peut pas avoir d'opinion sans avoir de connaissances ».
Cette parole d'Uğur Mumcu est valable non seulement dans le contexte du journalisme ou sur le plan des polémiques politiques, mais aussi en tant que méthode scientifique au sein de l'académie. Car, qu'il s'agisse d'idéologie, de choix d'économie politique, de la poursuite d'une curiosité scientifique ou de la recherche d'une réponse à une problématique, on attend de chaque jugement et de chaque conviction qu'ils soient étayés par une pensée solide, une structure logique et des fondements scientifiques.
Dans les universités turques, dont la qualité a considérablement faibli ces dernières années malgré une augmentation quantitative, il est fréquent, surtout dans les sciences sociales, de voir émerger des opinions qui ne reposent sur aucune connaissance.
La mise en avant de préjugés fermes et d'idées reçues, ainsi que l'énoncé de propos tranchés, ambitieux et grandiloquents sans aucun fondement, rendent le doute, la curiosité scientifique, l'effort scientifique, la preuve scientifique, le travail et l'application inutiles, superflus et inopérants, tout en ouvrant la voie aux théories du complot.
Il faut admettre que ce choix, cette attitude, offre un espace de confort. Il facilite également la popularité et l'attention.
Car cela offre un terrain fertile aux théories du complot. Les théories du complot ont beaucoup d'adeptes et de curieux, et ce, dans tous les camps. Qu'ils soient islamistes politiques ou nationalistes, libéraux ou de gauche, les théories du complot ont des adeptes répandus.
Car il n'est pas nécessaire de citer des sources, de présenter des preuves ou d'aligner des fondements logiques, politiques, historiques ou scientifiques solides. Il suffit de parler (on pourrait même dire de dire n'importe quoi).
Car c'est un domaine confortable et sans risque. Il ne revient pas à celui qui défend ces thèses de les prouver. C'est à ceux qui s'y opposent de prouver le contraire.
Car, comme tout l'acquis de l'humanité, l'histoire, les luttes de classes, les contradictions nationales, les développements scientifiques, les découvertes géographiques et les percées technologiques sont expliqués en trois ou deux mots, sans nécessiter de base logique ou de référence scientifique, toute l'histoire, tout le travail et tout le savoir peuvent être jetés à la poubelle en un instant. La tâche de ceux qui tentent de prouver le contraire est difficile, vraiment difficile. C'est plus dur que de diviser l'atome ou de faire passer un chameau par le chas d'une aiguille.
Car cette approche, qui considère la lutte idéologique, politique et de classe comme inutile, vaine et incapable d'aboutir à des résultats, condamne les gens à la défaite dès le départ.
Les curieux le savent, dans les universités, on pose immédiatement les questions suivantes à nos jeunes et à nos étudiants (j'appelle mes étudiants mes précieux) qui souhaitent entreprendre des études supérieures (master et doctorat) :
Quelles sont les questions de recherche et la problématique de la thèse proposée, écrite, défendue et exprimée ? Y a-t-il une question à laquelle elle cherche une réponse, un problème à la résolution duquel elle souhaite contribuer ?
Lors de la rédaction de la thèse, sur quel cadre théorique s'appuiera-t-on ?
Quelle est l'hypothèse de la thèse ? Selon quelle méthode la thèse sera-t-elle rédigée ?
Une fois ces questions répondues, vient le tour de répondre aux questions suivantes.
Le sujet de la thèse à rédiger est-il original ?
La bibliographie utilisée dans la thèse est-elle actuelle, nouvelle ?
Le point de vue, le fondement théorique, la méthode et la question sont-ils différents dans la thèse à rédiger ?
Après toutes ces étapes, la thèse est rédigée et les résultats obtenus à la fin de la thèse sont évalués à la lumière de ces mêmes questions.
En résumé, qu'il s'agisse de lutte idéologique ou d'activité scientifique, lorsque l'on s'écarte de la raison et de la science, la destination est connue. Le résultat est la déception, la débâcle.
C'est pourquoi le grand sauveur Gazi Mustafa Kemal Atatürk, en s'adressant aux jeunes et à ses partisans, a déclaré : « Mon héritage spirituel, c'est la science et la raison ».
Les plus lus
Vive réaction de l'Iran à l'attaque ukrainienne en mer Caspienne
Enquête sur une « agence de casting » lors d'un événement du CHP
Réponse du YENİ Parti à Uçum
Nos citoyens syriaques et arméniens disent « Que Dieu bénisse Erdoğan »
Le « brouillon » de Lausanne de la présidence... Le nouveau parti d'Özgür Özel...
Si vous n'aviez pas d'argent, vous ne pouviez pas vous faire soigner ; désormais, vous ne pouvez même plus devenir médecin
Une femme sort à moitié nue dans la rue puis se jette du 3e étage
Les « Sultanes du Filet » sont championnes de la Ligue des Nations FIVB 2026 !
Qu'ont-ils exigé d'İsmet Pacha à Lausanne ?
Allégation de « démission de 10 députés » au sein du YENİ Parti