La politique étrangère n'est pas un domaine ordinaire. Elle ne se fait pas pour la galerie, pour épater la galerie, ou pour satisfaire la base électorale en politique intérieure. Ce n'est pas un travail fait au hasard ou à la légère. Cela exige des connaissances, un bagage intellectuel et de l'expérience. Cela demande de l'intelligence, du talent et de la patience.
L'objectif de la politique étrangère est avant tout d'assurer l'intérêt national et la sécurité nationale. Pour y parvenir, la puissance politique, économique et militaire, en somme les éléments de puissance de l'État et sa capacité, sont mis en avant. La population, et surtout une population bien formée et qualifiée, une conscience nationale et une identité nationale fortes, une économie industrialisée et développée, ainsi qu'une infrastructure solide en science et technologie sont essentielles.
La politique étrangère est menée pour la paix, la prospérité, la sécurité, le bonheur et la stabilité de la nation. C'est pourquoi elle doit être rationnelle et réaliste. Une politique étrangère idéaliste, aventureuse, expansionniste, ambitieuse, rancunière ou agressive n'apporte pas de bénéfices, mais des dommages. Être rationnel et réaliste, connaître les limites de sa puissance, être équilibré, prudent et circonspect, et mener une politique étrangère pacifique ne signifie pas être lâche, timoré, craintif ou passif, comme certains le prétendent.
En politique étrangère, tout comme en politique intérieure, les intérêts sont prioritaires. En politique étrangère, outre le prestige, la cohérence, la fiabilité et la prévisibilité, le pouvoir de sanction et la dissuasion sont également indispensables. Sinon, on donne l'image d'un État qui parle beaucoup mais qui n'a aucun moyen de coercition.
Quant à la politique commerciale extérieure, elle est étroitement liée non seulement à la production, à l'investissement, à l'emploi et aux exportations sur le plan économique, mais aussi à la politique étrangère, à la géographie, aux évolutions conjoncturelles et à la performance des autres États et pays concurrents. Lorsque l'on parle de commerce extérieur, on aborde bien sûr les politiques douanières, la situation du marché intérieur, la protection des producteurs locaux, la protection des consommateurs, les coûts, les politiques fiscales et bien d'autres éléments. Car tout cela doit former un ensemble cohérent, harmonieux et équilibré.
La politique commerciale extérieure est directement liée aux besoins du pays. Elle ne se fait pas par complaisance. Elle ne se fait pas pour enrichir certains ou pour faire plaisir à d'autres. Elle se fait dans l'intérêt de la nation. Le commerce extérieur ne se fait pas pour renforcer nos relations avec un pays avec lequel nous entretenons déjà de bonnes relations, ni pour arranger les choses avec un pays avec lequel nos relations sont mauvaises. Augmenter le volume du commerce extérieur à tout prix n'est pas un objectif correct. Si un tel objectif erroné est fixé, il est inévitable de subir des pertes économiques et de se retrouver avec un déficit courant élevé et un déficit commercial important.
Lorsque l'on examine l'éventail et la diversité des produits importés par la Turquie, on constate que les biens de consommation comme les biens d'investissement sont importés massivement.
Il est également erroné de considérer les importations comme un levier en politique étrangère. Par exemple, acheter des avions de combat aux États-Unis lorsque nous avons des tensions avec ce pays, acheter des voitures à l'Allemagne lorsque nous avons des problèmes avec elle, ou augmenter nos importations de céréales et de gaz naturel en provenance de Russie lorsque nos relations se dégradent, ne constitue pas une politique économique réussie ni une politique commerciale extérieure efficace.
Sortir les importations de leurs propres priorités, objectifs et logique pour les utiliser afin d'améliorer les relations avec des pays avec lesquels nous sommes en froid finit par aggraver les problèmes économiques et crée une situation étrange où l'on se vante de battre des records d'importation.
Il faut également penser aux exportations avec une logique économique. L'objectif de l'exportation est de vendre des biens et des services à l'étranger et d'en tirer des revenus, qui plus est en devises. Les devises ainsi obtenues sont également utilisées lors des importations. Bien entendu, d'autres objectifs sont également visés lors de l'exportation. Il s'agit de conquérir de nouveaux marchés, de faire en sorte que les entreprises publiques comme le secteur privé soient efficaces en dehors du marché intérieur, sur les marchés étrangers, et d'augmenter et de diversifier les revenus du pays. Grâce à cela, les revenus accrus sont utilisés pour de nouveaux investissements dans le pays et se reflètent sur la production et l'emploi. De plus, lorsque le marché intérieur atteint la saturation, détenir une part de marché à l'étranger est directement lié au dynamisme et à la compétitivité du pays sur les plans économique, industriel et technologique.
En résumé, il est erroné de concevoir la politique étrangère pour l'utiliser en politique intérieure ou pour consolider sa base électorale. Il est erroné d'instrumentaliser les questions de politique étrangère dans les polémiques politiques intérieures. Il est erroné de mener le commerce extérieur au service de la politique étrangère.
Le commerce extérieur peut être un outil de politique étrangère, mais le commerce extérieur ne se fait pas uniquement à des fins de politique étrangère. On utilise le commerce extérieur dans la politique étrangère, mais la politique étrangère n'est pas une activité menée uniquement pour développer le commerce extérieur.
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