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Forcer à exercer son droit

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Cette année, les contrôles d'assiduité sont très stricts dans les universités. 

Certains disent que c'est « pour améliorer la qualité de l'apprentissage », d'autres « pour empêcher les étudiants de travailler », et d'autres encore « pour limiter la participation aux manifestations ». Nous ne connaissons pas la raison réelle. 

Mais une chose est sûre : la question de l'absentéisme est une véritable absurdité. Les étudiants posent constamment la même question : « Combien d'heures d'absence avons-nous le droit d'avoir ? » Ainsi, le droit et le devoir se confondent. Pourtant, accéder à l'université est un droit ; assister aux cours est une extension de ce droit. 

L'existence même d'un « droit à l'absentéisme » revient en réalité à inverser le droit. Car personne ne peut être contraint d'exercer un droit dont il dispose. Mais aujourd'hui, les étudiants sont contraints d'exercer leur droit à l'assiduité. Si le cours est pertinent et utile, l'étudiant voudra naturellement y assister. S'il ne vient pas, la conséquence naturelle est qu'il se prive de connaissances et d'expérience. C'est une perte en soi. « Faire redoubler » un étudiant pour absentéisme est une punition inutile et injuste. Le rôle de l'université n'est pas de forcer l'étudiant à exercer son droit, mais de rendre ce droit digne d'être exercé.

Le droit d'accéder à l'université fait partie du droit à l'éducation. Si l'étudiant assiste au cours, il exerce ce droit ; s'il n'y assiste pas, cela entraîne une conséquence directe pour lui-même : ne pas apprendre, prendre du retard. Cependant, faire redoubler un étudiant en raison de son absentéisme, comme une « sanction administrative », constitue une seconde punition sur le plan juridique. Cette approche est contraire à la fois au droit à l'éducation garanti par la Constitution et aux principes de proportionnalité et d'intérêt public du droit administratif.

C'est un principe connu en droit administratif : chaque acte accompli par l'administration doit poursuivre un objectif d'« intérêt public ». L'existence d'une règle administrative doit viser à faciliter l'accès de l'étudiant au savoir, et non à l'entraver. Si le système de contrôle d'assiduité se transforme en un mécanisme forçant l'étudiant à exercer ses droits, il ne s'agit plus d'intérêt public, mais de la facilité de l'administration.

On pourrait contester mes propos : l'université n'est pas seulement une institution qui dispense du savoir ; c'est aussi une autorité publique qui délivre des diplômes et des certificats de qualification. Par conséquent, l'État, tout en reconnaissant le droit à l'éducation, a également le pouvoir d'en déterminer les modalités et les conditions.

Un deuxième point est le suivant : la limite d'absentéisme n'est pas une sanction, mais une norme de participation minimale. L'objectif de l'université n'est pas seulement l'« accès au savoir », mais aussi de garantir les compétences acquises par l'étudiant au cours du processus, sa participation aux débats et ses interactions en classe. Par conséquent, ce que nous appelons « droit à l'absentéisme » n'est pas une restriction des droits de l'étudiant, mais un outil pour préserver l'intégrité de l'éducation.

Troisièmement, on peut avancer ceci : l'obligation d'assiduité est généralement liée à un certain taux (par exemple, 70 % d'obligation d'assiduité). Cela est conforme au principe de proportionnalité car l'étudiant dispose d'une certaine liberté, tout en exigeant une participation suffisante pour préserver la qualité de l'éducation. En d'autres termes, l'administration n'agit pas de manière totalement arbitraire ; elle prend en compte à la fois la liberté de l'étudiant et l'intérêt public.

Cependant, ces contre-arguments ne sont pas très solides. Si un étudiant est capable de réussir les examens théoriques ou pratiques, le considérer comme insuffisant ou ne pas lui permettre d'obtenir son diplôme sous prétexte qu'il n'a pas assisté aux cours ne relève pas de l'intérêt public. Si les cours sont réellement efficaces, il est très difficile pour les étudiants de réussir sans y assister. Punir l'étudiant qui réussit cet exploit est absurde. 

On n'assiste pas aux cours pour participer aux débats en classe, ni pour se concentrer sur les interactions. On y passe du temps uniquement pour ne pas être absent. Par conséquent, l'obligation d'assiduité ne garantit pas l'interaction ou les débats en classe. Si la participation à ces interactions et débats devient un critère de notation, alors le pouvoir discrétionnaire de l'enseignant devient trop large. 

On pourrait prétendre qu'il existe une mesure dans la limitation de l'absentéisme. Mais le fait qu'il y ait une mesure dans la limitation d'un droit ne signifie pas que cette limitation est conforme au droit, à la raison ou à la logique. L'existence d'une mesure dans la limitation ne concerne que l'attitude arbitraire de l'administration. Pourtant, les fondements juridiques des mesures prises par l'administration pour forcer l'étudiant à assister aux cours devraient être débattus. Jusqu'à présent, nous n'avons rencontré aucun argument démontrant que l'obligation d'assiduité repose sur la raison, le droit et la loi. 

Il est nécessaire d'aborder cette absurdité devant les tribunaux qui rendent des décisions au nom du peuple turc. J'espère que quelqu'un portera cette affaire devant la justice afin que nous puissions obtenir une explication juridique.