Comment faire confiance au droit dans un pays où presque toutes les institutions se sont effondrées ? Dans les sociétés où la corruption ronge les institutions de l'intérieur, il peut sembler impossible de se fier à la loi. La corruption affaiblit les fondements de la justice, rendant les citoyens cyniques et désespérés. Plus encore, l'illégalité et la corruption deviennent la norme. Le criminel se transforme en héros. On finit par attendre le bien comme le mal en dehors du cadre légal.
Chercher l'antidote à l'illégalité chez les ennemis du droit
N'est-ce pas là un thème récurrent, même dans la littérature et au cinéma ? Le personnage fictif de Zorro n'est-il pas né de l'effondrement de la morale et du droit dans l'ordre féodal ? Ou encore, Bruce Wayne, héritier de la famille la plus riche de Gotham, n'est-il pas devenu Batman face à une police corrompue et au crime organisé ? Alexandre Dumas n'a-t-il pas confié le destin de la royauté française à l'habileté de trois mousquetaires face aux ambitieux et aux corrompus qui entouraient le roi de France ? Et que dire de Robin des Bois ? Il fut le remède contre le régent qui dépouillait les paysans britanniques en l'absence de Richard « Cœur de Lion », ce roi parti en croisade à la tête d'une armée de voleurs pour piller Jérusalem.
Çakırcalı Efe face à un Empire ottoman qui écrasait le peuple sous les impôts... Des siècles auparavant, les beylicats anatoliens, avec à leur tête la principauté des Osmanoğulları, s'étaient dressés contre l'empereur byzantin qui, lui aussi, accablait le peuple d'impôts et refusait de partager son autorité... Celui qui se noie s'accroche à un serpent. Et plus on s'accroche au serpent, plus la mer s'étend.
Souvenez-vous du film inoubliable des sœurs Wachowski, V pour Vendetta.Le régime d'Adam Sutler, aux allures hitlériennes, a été renversé par un héros mutant caché derrière le masque de Guy Fawkes, figure historique britannique ayant eu recours à la terreur réactionnaire contre le Parlement. Même dans la Torah, c'est écrit : face au monstre Goliath (Jalut), ce n'est pas la personne la plus sage, la plus vertueuse ou la plus spirituelle qui a été choisie, mais la plus audacieuse, la plus téméraire et la plus indépendante, David. Des mesures fermes sont nécessaires face à un élément hors-la-loi. Mais répondre à l'illégalité par l'illégalité rend le rétablissement de l'État de droit d'autant plus difficile.
Le droit, envers et contre tout
Malgré la corruption généralisée, la déliquescence et le pouvoir hors-la-loi, insister sur le droit reste essentiel pour plusieurs raisons.
Premièrement, les lois fournissent un cadre pour l'ordre et la stabilité. Même dans des systèmes corrompus, elles constituent une base permettant de définir ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Ce cadre assure un ordre en empêchant la désintégration de la structure sociale. Faire confiance au droit ne signifie pas ignorer la corruption, mais reconnaître les principes qui conservent leur validité malgré le détournement des lois. Lorsque la foi en de tels principes est socialement abandonnée, le sol sur lequel la lutte fonde sa légitimité se fissure. Il est impératif d'insister sur ce sol. Le combat que nous tentons de mener ne se joue pas entre nous et eux. Le combat oppose le droit à l'arbitraire, le bien-être et la paix de la société à la richesse d'une poignée d'individus. Il ne s'agit pas d'un simple jeu de bascule. Lutter pour une balance truquée est vain. Il faut lutter pour l'équilibre et l'élévation. L'égalité, certes, mais au plus haut niveau !
Deuxièmement, des individus intègres existent toujours au sein des institutions corrompues. Les lanceurs d'alerte, les réformateurs et les fonctionnaires consciencieux travaillent à défendre la justice dans des systèmes corrompus. Ils tiennent des dossiers, protègent les archives ; ils sont la conscience d'un ordre sans scrupules, les piliers inébranlables de la citadelle de l'humanité. Il est crucial de les soutenir et de croire en la possibilité d'une réforme. Sans la participation des citoyens qui croient en la justice, la corruption se propage sans contrôle.
Mission : Insister sur les idéaux !
Enfin, le droit représente des idéaux qui dépassent les corruptions passagères. C'est une structure dans laquelle s'incarnent des valeurs sociales telles que la liberté, l'égalité et la justice. Les institutions peuvent faillir, mais les principes fondamentaux du droit méritent toujours notre confiance. Les citoyens doivent rester vigilants face à la corruption, participer aux processus civiques, exiger la reddition de comptes et soutenir les réformes juridiques pour restaurer l'intégrité des institutions. Faire confiance au droit face à la corruption, c'est défendre la réforme et croire que, même imparfaite, la justice mérite encore que l'on se batte pour elle.
Mais surtout, il faut comprendre que le droit, les principes et la justice ne peuvent être établis sans des cœurs et des armes pour les défendre. Sans des regards tournés vers le ciel, sans des épées tirées du fourreau, sans des cœurs qui ne se taisent pas malgré les menaces d'arrestation ou de mort, le droit et la justice ne sont que des mots en l'air !
Les plus lus
Vive réaction de l'Iran à l'attaque ukrainienne en mer Caspienne
Nos citoyens syriaques et arméniens disent « Que Dieu bénisse Erdoğan »
Le « brouillon » de Lausanne de la présidence... Le nouveau parti d'Özgür Özel...
Il fait un signe de la main à son interlocuteur au téléphone, puis tue le glacier
Si vous n'aviez pas d'argent, vous ne pouviez pas vous faire soigner ; désormais, vous ne pouvez même plus devenir médecin
Une femme sort à moitié nue dans la rue puis se jette du 3e étage
Les « Sultanes du Filet » sont championnes de la Ligue des Nations FIVB 2026 !
Qu'ont-ils exigé d'İsmet Pacha à Lausanne ?
Allégation de « démission de 10 députés » au sein du YENİ Parti
Des figurants engagés pour 950 lires lors d'une cérémonie d'adhésion du CHP