Trouvez les actualités publiées dans la plage de dates ci-dessous
et et
et et
et et
Effacer
Euro
Arrow
53,9958
Dollar
Arrow
47,3674
Livre sterling
Arrow
62,8837
Or
Arrow
6168,6431
BIST 100
Arrow
10.729

Nous devons passer de la division socioculturelle aux objectifs politiques

Ne laisse pas l'algorithme choisir tes actualités, décide toi-même ce que tu lis. Ajoute 12punto à tes sources préférées !

LA "CLASSIFICATION DES ÉLECTEURS" COMME CÉCITÉ ANALYTIQUE

Dans la littérature actuelle en sciences politiques, le concept de "base électorale" est généralement interprété à travers des données démographiques et des appartenances culturelles ; cette situation conduit les acteurs politiques à développer des stratégies basées sur la "gestion de l'image" et le "discours quotidien" plutôt que sur une profondeur idéologique. Dans le cas de la Turquie, la scission structurelle apparue au sein du CHP après une décision d'appel est la preuve la plus concrète de cette superficialité. Au lieu de discuter des différences idéologiques/programmatiques (si elles existent) entre les deux structures, le fait d'évaluer la situation à travers l'image et les discours quotidiens des cadres dirigeants réduit l'analyse politique à une parodie de "conflit culturel".

LE PHÉNOMÈNE DE L'"ÉLECTEUR CHP" ET L'INCOHÉRENCE IDÉOLOGIQUE

La masse hétérogène définie comme "l'électeur CHP" ne repose pas sur une classe analytique, mais plutôt sur une consolidation négative (l'opposition à Erdoğan) et sur la possession d'un héritage culturel ambigu (le kémalisme). Cependant, la revendication de kémalisme de cette masse se heurte à l'absence d'un cadre dirigeant capable de la traduire en un programme politique.

À ce stade, la tension fondamentale qui définit cette masse est la suivante :

Orientation vers l'Occident : Favorable à l'occidentalisation en termes de mode de vie et de codes socioculturels.

Réflexe anti-impérialiste : Revendication d'une opposition à l'impérialisme sur l'axe du kémalisme.

Ce "curieux agrégat" contient une contradiction structurelle : il adopte le mode de vie occidental, espère de l'aide des pays occidentaux pour cette raison même, tout en s'opposant à l'Occident sur le plan politique. Cette contradiction n'est pas seulement un "choix", mais aussi une érosion de la conscience résultant de l'absence d'un programme politique.

LE PROJET TURQUIE COMME CONTINUITÉ HISTORIQUE

La Turquie, au-delà d'être une coïncidence géopolitique, est le nom d'un programme rationnel de "modernisation et d'indépendance" qui se poursuit depuis des siècles. Ce programme, qui a évolué des Jeunes-Turcs au Comité Union et Progrès, puis au kémalisme, représente historiquement une révolte contre les relations de dépendance développées après le traité de Balta Liman (1838).

Le problème politique d'aujourd'hui est l'incapacité à produire une réponse actuelle et cohérente à ce programme historique (modernisation et indépendance totale). Une ligne d'opposition enfermée dans des sensibilités culturelles ne peut porter ce programme historique.

NOUS DEVONS PASSER DE L'IMAGE AU PROGRAMME

Dans l'analyse politique, "considérer les masses électorales comme acquises" et définir cette masse uniquement par des données socioculturelles revient à nier le pouvoir transformateur de la politique. La politique progressiste a besoin d'une intelligence qui, au lieu de prendre cette masse telle quelle et de nourrir ses faiblesses culturelles, la transforme selon les exigences du programme historique, c'est-à-dire sur l'axe de la modernisation et de l'indépendance.

La politique de l'image ne peut combler le vide dans le programme historique de la Turquie. Au contraire, un état de "distraction culturelle" qui s'épuise mutuellement laisse les problèmes structurels de la Turquie sans solution. Le succès des partis politiques ne doit pas être mesuré par l'"image" de leurs cadres dirigeants, mais par leur capacité à reconstruire ce programme historique en fonction des conditions actuelles (dans un contexte technologique, économique et géopolitique).