UN KÉMALISTE est, avant tout, une personne attachée à sa nation. Cela est indissociable de l'amour de la patrie. Il trouve son bonheur dans la nation à laquelle il appartient. Comme le disait Atatürk, cela s'exprime par la phrase : « Heureux celui qui se dit Turc ». L'amour de la nation contenu dans cette maxime ne signifie pas se placer au-dessus des autres, ni se considérer comme supérieur, contrairement à la vision fasciste de la suprématie nationale. Cela signifie simplement ne pas mépriser sa propre nation et en être fier. Ce principe fondamental distingue le nationalisme d'Atatürk de toute idéologie prônant la supériorité d'une nation sur les autres. Il ne méprise personne.
Le kémalisme (ataturkisme), en tant que système de pensée, repose sur une vision du monde contemporaine. Parce qu'il s'oppose à la fois à la droite et à la gauche, les partisans de ces deux courants cherchent à le rendre incompréhensible. Pourtant, le kémaliste représente une troisième voie, une vision qui n'accepte ni l'une ni l'autre de ces deux idéologies. C'est le talisman de survie des nations opprimées. Il souhaite que les nations vivent libres et fraternelles, dans le respect mutuel. Il se tient aux côtés des peuples opprimés. Il est opposé à toute forme d'impérialisme. Le point de départ de la guerre d'indépendance doit être recherché dans cette opposition à l'impérialisme.
LE KÉMALISTE est laïque. Il n'accepte pas que la religion s'immisce dans les affaires du monde et laisse chacun libre dans sa pratique religieuse. Il ne considère pas la nation comme une communauté religieuse. Il voit les mollahs, les derviches et les hodjas uniquement sous l'angle de leur fonction religieuse ; il n'accepte jamais qu'ils s'impliquent dans la politique.
LE KÉMALISTE est républicain. Il s'agit d'un républicanisme au sens démocratique. Dès le début de la guerre d'indépendance, Atatürk était déterminé à ouvrir la « Grande Assemblée nationale ». Les congrès de Sivas et d'Erzurum en furent les préparatifs. Le respect d'Atatürk envers les députés lors de la première Assemblée nationale reste inoubliable. Atatürk a sué sang et eau à la tribune de l'Assemblée pendant des jours pour expliquer un sujet aux parlementaires. Le fait qu'il frappait son stylo sur le pupitre pour demander la parole à chaque fois en est la preuve.
LE KÉMALISTE est populiste (halkçı). C'est un système tourné vers le peuple et aux côtés du peuple. La preuve la plus éclatante en est qu'en entrant à Izmir, sur le champ de bataille, Atatürk a déclaré : « Je vais fonder un parti populiste, fondé sur toutes les classes du peuple ». Cette pensée montre qu'il place le peuple turc pauvre au-dessus de tout.
LE KÉMALISTE est étatiste. Cet étatisme ne vise pas, comme certains le croient, à soutenir les riches, mais à aider les pauvres. En agissant ainsi, il considère comme principe fondamental d'être aux côtés du peuple et de ne pas laisser les riches l'écraser.
Dans la structure de l'étatisme d'Atatürk, « développer la Turquie » est l'objectif suprême. À cet égard, Atatürk n'est en aucun cas un défenseur du capitalisme.
LE KÉMALISTE est révolutionnaire. Il est toujours ouvert à l'évolution du monde et aux innovations. En réalité, un fil conducteur relie les cinq autres « principes fondamentaux ». C'est pourquoi il est nécessaire de bien comprendre le caractère révolutionnaire de l'ataturkisme.
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