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Risques de corruption, transparence fiscale et blanchiment d'argent

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Il est possible d'observer une relation de cause à effet imbriquée entre l'économie informelle, la corruption et l'État informel, ces éléments étant à la fois causes et conséquences les uns des autres. Il existe certains facteurs qui assurent le lien entre l'économie informelle, la corruption et l'État informel.

Les fonds figurent en tête de ces facteurs. Comme indiqué précédemment, l'utilisation de ces fonds par des acteurs politiques et bureaucratiques pour maximiser leurs propres intérêts, combinée aux demandes d'individus poursuivant également leurs propres intérêts, donne naissance à un État informel qui fusionne avec l'économie informelle et la corruption. Comme on le sait, les organisations criminelles qui blanchissent de l'argent doivent, pour assurer leur pérennité, tirer profit des mécanismes de décision publics et des fonctionnaires prêts à coopérer avec elles.

Aucune organisation criminelle ne peut poursuivre ses activités sans tirer profit de fonctionnaires. En conséquence, il apparaît que dans le secteur public, les fonctionnaires qui collaborent avec des organisations criminelles agissent dans l'intérêt de ces dernières, provoquant ainsi la corruption. Les organisations criminelles cherchent à obtenir le soutien de la puissance publique en établissant des contacts avec des fonctionnaires au sein de l'État susceptibles de coopérer avec elles.

En s'emparant de fonctionnaires par le biais de pots-de-vin, d'avantages, de favoritisme, de profits ou de prostitution, les organisations criminelles finissent par utiliser ces personnes comme n'importe quel autre élément de leur structure hiérarchique. Les organisations criminelles souhaitent non seulement poursuivre l'obtention d'avantages illégitimes, mais cherchent également à exploiter ces fonctionnaires par le chantage en documentant les pots-de-vin ou les avantages qu'ils leur ont versés.

La corruption et le blanchiment d'argent sont deux éléments importants qui se nourrissent mutuellement. Les organisations criminelles cherchent à exercer une influence dans le secteur public, notamment au sein des mécanismes de décision considérés comme des points clés, avec une part importante de l'argent sale qu'elles obtiennent. Grâce à un système où les institutions publiques sont corrompues et où les intérêts des fonctionnaires impliqués dans la corruption et des organisations criminelles priment sur l'intérêt public, les organisations criminelles continueront de croître en blanchissant facilement leur argent sale.

Dans ce cas, l'autorité publique sera perdue aux yeux des citoyens et les organisations criminelles deviendront une force efficace. Pour lutter efficacement contre la corruption, il est nécessaire de punir sévèrement les fonctionnaires impliqués dans des actes de corruption afin de créer un effet dissuasif pour les autres agents publics.

Chaque année, le montant de l'argent volé dans les pays en développement se situe entre 50 milliards et 1 000 milliards de dollars. Cet argent afflue vers une poignée de villes nourries par les paradis fiscaux et les juridictions offshore. Certaines de ces villes sont Miami, New York, Los Angeles, Londres, Monaco et Genève. Il est évidemment impossible de maintenir des démocraties saines ou de créer des systèmes politiques honnêtes dans des pays dont les économies sont à ce point déformées.

La Turquie se classe comme le deuxième pays le plus bas après le Mexique dans les indices de perception de la corruption et de contrôle de la corruption. De plus, alors que la moyenne de l'OCDE concernant le contrôle de la corruption suit une tendance stable au fil des ans, le contrôle de la corruption en Turquie montre de grandes variations. Dans ce contexte, alors que la plus forte baisse a eu lieu en 2002, on observe une tendance à la baisse très sérieuse du contrôle de la corruption depuis 2016. Les analyses basées sur des comparaisons internationales montrent également que l'augmentation des cas de corruption dans notre pays ces dernières années n'est pas une coïncidence.

Par ailleurs, la Turquie occupe la dernière place parmi les pays de l'OCDE en matière de transparence fiscale, et notre pays est souvent perçu comme un État où les informations fiscales ne peuvent être obtenues sur demande. Enfin, lorsque les méthodes de lutte contre le blanchiment d'argent sont comparées à celles des pays de l'OCDE, la Turquie affiche généralement une performance inférieure à la moyenne de l'OCDE dans l'internalisation et l'application des mesures de lutte contre le blanchiment d'argent.

Dans l'indice de perception de la corruption 2023, la Turquie occupait la 115e place avec 34 points, tandis que selon les résultats de l'indice de perception de la corruption 2024, la Turquie a obtenu 34 points et s'est classée 107e.

Alors que le score de la Turquie est resté inchangé par rapport à l'année précédente, sa progression dans le classement est due aux changements survenus dans d'autres pays. Il est d'une importance capitale que la Turquie augmente son score en menant des réformes efficaces dans la lutte contre la corruption. La Turquie doit créer de toute urgence une « Agence de lutte contre la corruption ».