Trouvez les actualités publiées dans la plage de dates ci-dessous
et et
et et
et et
Effacer
Euro
Arrow
54,2734
Dollar
Arrow
47,6384
Livre sterling
Arrow
63,1664
Or
Arrow
6166,5733
BIST 100
Arrow
10.729

L'étau de la dette, de la carte bancaire au logement : en Turquie, la vie quotidienne se finance désormais à crédit

Ne laisse pas l'algorithme choisir tes actualités, décide toi-même ce que tu lis. Ajoute 12punto à tes sources préférées !

En Turquie, l'endettement des particuliers n'est plus un choix ni un indicateur de prospérité ; il est devenu une composante incontournable de la lutte des ménages pour leur survie face à la hausse du coût de la vie. Le bulletin mensuel de novembre 2025 du Centre des risques de l'Association des banques de Turquie montre clairement que la dette s'est détachée des objectifs à long terme, tels que le logement ou l'investissement, pour se transformer en un moyen de financer la vie quotidienne via les cartes de crédit, les découverts bancaires et les prêts à la consommation. 

À une époque où les salaires sont rapidement érodés par l'inflation, la dette a cessé d'être un outil d'expansion de la consommation pour devenir le pilier fondamental du maintien du niveau de vie. Si les données montrent que la hausse des crédits aux particuliers ne relève pas d'une croissance technique, mais plutôt d'une poussée à l'endettement des ménages sous la pression de la perte de revenus et de la précarité, la stagnation des prêts immobiliers et automobiles révèle un affaiblissement sérieux de la capacité à investir sur le long terme.

LA DETTE PARTOUT : La socialisation du crédit aux particuliers

Les données du Centre des risques indiquent que l'endettement des particuliers n'est plus le choix d'une minorité, mais est devenu une partie intégrante de la vie quotidienne pour une large part de la société. Le solde des crédits aux particuliers, qui était de 3 805 milliards de TL en novembre 2024, a atteint 5 671 milliards de TL en novembre 2025. Cette augmentation annuelle de 49 % montre que l'expansion de l'endettement n'est pas seulement quantitative, mais qu'elle a également acquis une dimension sociale.

Le fait que le nombre de personnes utilisant des crédits aux particuliers soit passé de 41,7 millions à 43,6 millions en un an montre que la dette a cessé d'être un instrument de financement exceptionnel pour devenir presque une norme. Bien que le taux de croissance puisse sembler relativement limité, le niveau atteint souligne que l'endettement est devenu une réalité inévitable pour les ménages.

Le montant moyen de la dette par personne est passé de 91 246 TL à 130 016 TL au cours de la même période. Cette hausse d'environ 42,5 % témoigne de l'aggravation du fardeau de la dette ; comparé au salaire minimum actuel, ce montant dépasse 4,5 fois le salaire minimum, illustrant le fossé grandissant entre les revenus des ménages et leurs dettes. La progression limitée de la dette moyenne suggère que les ménages tentent de survivre non pas par des emprunts importants, mais par des dettes petites mais constantes. La dette se généralise et s'installe dans la durée.

Dans la répartition par province, Istanbul arrive largement en tête, suivie d'Ankara et d'Izmir. La présence en haut de liste de provinces où les secteurs de l'industrie, du tourisme et des services sont denses, comme Bursa, Antalya, Kocaeli, Adana, Mersin, Konya et Gaziantep, montre que la pression de l'endettement est plus visible dans les régions où se concentre le travail salarié. Bien que le solde total reste relativement faible dans les provinces d'Anatolie orientale et du Sud-Est, le fait que l'augmentation du nombre de personnes utilisant le crédit se rapproche de la moyenne turque révèle que l'endettement s'étend géographiquement à l'ensemble de la base sociale. Quel que soit le niveau de revenu, nous sommes confrontés à un tableau où l'endettement est devenu presque obligatoire.

 

CARTES DE CRÉDIT : La dette transformée en outil de subsistance

Les cartes de crédit constituent le domaine de l'endettement des particuliers qui connaît la croissance la plus rapide et qui est le plus fragile. Les données du Centre des risques de l'Association des banques de Turquie montrent que les cartes de crédit ne sont plus un outil facilitant la consommation à tempérament, mais sont devenues un moyen direct de subsistance pour les ménages. La dette liée aux cartes de crédit des particuliers, qui était de 1 805 milliards de TL en novembre 2024, a atteint 2 828 milliards de TL en novembre 2025. Cette hausse annuelle de 56,6 % indique que la croissance de ce poste est bien supérieure à l'inflation.

Le nombre de personnes utilisant des cartes de crédit est passé de 38,5 millions à 40,7 millions au cours de la même période. Bien que le taux de croissance semble limité, le niveau atteint révèle que les cartes de crédit sont devenues une forme d'endettement couvrant la quasi-totalité de la société. Ce qui est le plus frappant, c'est le bond du montant moyen de la dette par personne. La dette moyenne par carte de crédit est passée de 46 835 TL à 69 555 TL en un an. Cette augmentation suggère que les cartes de crédit sont principalement utilisées pour des dépenses obligatoires et quotidiennes.

La hausse des taux d'utilisation des plafonds est l'un des indicateurs les plus clairs du fait que les ménages ne parviennent pas à équilibrer leurs dépenses avec leurs revenus actuels. Les cartes de crédit ne représentent plus un choix de consommation tourné vers l'avenir, mais une forme d'endettement visant à sauver le présent. Pour les ménages coincés dans le cycle du paiement minimum, la dette devient progressivement un fardeau qui s'accumule plutôt qu'une dette qui peut être remboursée.

Dans la répartition par province, Istanbul occupe la première place, suivie d'Ankara, d'Izmir et de Bursa. L'utilisation rapide des cartes de crédit dans des provinces où les structures de revenus irréguliers sont plus répandues, comme Antalya, Adana, Kocaeli, Konya, Mersin et Gaziantep, montre clairement que ce type de dette a cessé d'être un choix pour devenir un outil de subsistance obligatoire.

DÉCOUVERT BANCAIRE (KMH) : Le piège du découvert ; une dette silencieuse, un lourd fardeau

Les découverts bancaires (KMH) constituent l'un des domaines de l'endettement des particuliers les moins visibles mais les plus coûteux. Les données du Centre des risques révèlent que ce type de dette a cessé d'être une facilité de trésorerie temporaire pour devenir l'instrument de financement chronique des ménages. Le solde des découverts, qui était de 415 milliards de TL en novembre 2024, a augmenté de 76,8 % pour atteindre 734 milliards de TL en novembre 2025. Cette expansion rapide montre clairement vers quels canaux de dette coûteux les ménages se tournent.

Le nombre de personnes utilisant des découverts est passé de 30,2 millions à 31,8 millions au cours de la même période. Bien que le taux de croissance soit relativement limité, le niveau atteint révèle que ce type de dette est devenu une méthode de financement courante et non plus exceptionnelle. Ce qui est le plus frappant, c'est l'augmentation du montant moyen de la dette par personne. Le solde moyen des découverts est passé de 13 744 TL à 23 076 TL en un an. Cette hausse de 67,8 % indique que l'utilisation des découverts est devenue une forme d'endettement permanente et continue, et non temporaire.

La structure de taux d'intérêt élevés des découverts fait de ce type de dette l'une des options les plus coûteuses pour les ménages. Le fait que même les travailleurs ayant un revenu régulier se tournent vers ce canal de dette coûteux pour finir le mois met en lumière l'ampleur de la pression sur le coût de la vie. Le découvert se présente souvent comme un fardeau de la dette qui s'accumule sans que l'on s'en aperçoive et qui érode silencieusement le budget des ménages.

Dans le classement par province, Istanbul occupe la première place, suivie d'Ankara, d'Izmir et de Bursa. La généralisation de l'utilisation des découverts dans des provinces où les secteurs de l'industrie et des services sont concentrés, comme Antalya, Kocaeli, Adana, Mersin, Tekirdağ et Gaziantep, montre que le travail salarié tente d'être équilibré par la dette.

PRÊTS À LA CONSOMMATION : Pas un besoin mais une nécessité, des crédits de survie

Les prêts à la consommation se distinguent comme l'un des domaines où l'endettement des particuliers est le plus clairement axé sur la « subsistance ». Les données du Centre des risques montrent que si le volume de ce type de crédit augmente, l'accès se restreint ; l'endettement est réalisé par un nombre moins important de personnes, mais pour des montants plus élevés. Le solde des prêts à la consommation, qui était de 994 milliards de TL en novembre 2024, a atteint 1 376 milliards de TL en novembre 2025, soit une hausse de 38,4 %.

En revanche, le nombre de personnes utilisant des prêts à la consommation a diminué, passant de 11,9 millions à 10,1 millions au cours de la même période. Cette baisse, qui dépasse 15 %, montre que l'accès au crédit est devenu plus difficile et que les possibilités de financement se sont réduites. Cependant, pour ceux qui y ont accès, le tableau est plus sombre. Le montant moyen des prêts à la consommation par personne est passé de 83 743 TL à 135 869 TL en un an. Cette hausse de 62,2 % suggère que les prêts à la consommation ne sont plus utilisés pour des dépenses accessoires, mais pour couvrir les dépenses de base de la vie quotidienne.

Ce tableau montre que les ménages ne parviennent plus à vivre de leurs revenus et que l'endettement devient une nécessité de plus en plus profonde. Les prêts à la consommation ont cessé d'être un soutien temporaire, comme leur nom le suggère, pour devenir l'instrument de financement obligatoire pour maintenir la vie.

Dans la répartition par province, Istanbul, Ankara et Izmir occupent les premières places en termes de volume total. La mise en avant de provinces où la population salariée est dense, comme Bursa, Antalya, Kocaeli, Adana, Mersin, Tekirdağ et Muğla, indique que la perte de revenu réel est ressentie plus durement dans ces régions. À cet égard, les prêts à la consommation apparaissent comme l'un des indicateurs les plus concrets de l'érosion des revenus.

PRÊTS IMMOBILIERS : Un logement inaccessible

Les prêts immobiliers sont devenus l'un des domaines les plus stagnants et les plus limités du tableau de l'endettement des particuliers. Les données du Centre des risques révèlent que, malgré les augmentations nominales, les prêts immobiliers sont pratiquement inaccessibles pour les ménages. Le solde des prêts immobiliers, qui était de 502 milliards de TL en novembre 2024, a augmenté de 32,6 % pour atteindre 666 milliards de TL en novembre 2025. Cependant, compte tenu de l'inflation élevée, cette augmentation ne signale pas une expansion réelle, mais une stagnation évidente.

Le nombre de personnes utilisant des prêts immobiliers a diminué, passant de 1,8 million à 1,7 million au cours de la même période. Cette baisse de 5,5 % montre que de larges pans de la population ont perdu la possibilité d'accéder au financement du logement. En revanche, le montant moyen des prêts immobiliers par personne est passé de 272 509 TL à 402 342 TL en un an. Si l'augmentation des montants des prêts reflète la hausse des prix de l'immobilier, elle révèle également que ces montants sont loin d'être abordables par rapport aux revenus des ménages.

Les données montrent que le problème du logement a atteint un point où il ne peut plus être résolu par les mécanismes de crédit. Les taux d'intérêt élevés, l'augmentation des exigences d'apport personnel et l'insuffisance des revenus font du logement, pour une grande partie de la population, non plus un droit, mais un objectif inaccessible. Dans ce tableau, les prêts immobiliers ne sont pas une solution, mais un indicateur qui montre les limites de la crise.

Dans la répartition par province, Istanbul, Ankara et Izmir occupent les premières places, tandis que Bursa, Antalya, Kocaeli, Tekirdağ, Manisa, Adana et Mersin figurent parmi les provinces les plus en vue. Ces provinces se distinguent comme les régions où, malgré une forte demande de logements, l'accès au financement est le plus difficile.

PRÊTS AUTOMOBILES : L'automobile est devenue un rêve - La demande de véhicules est reportée

Les prêts automobiles sont l'un des domaines qui illustrent le plus clairement le changement radical dans les priorités de dépenses des ménages. Les données du Centre des risques montrent que l'automobile a cessé d'être un besoin accessible pour de nombreux ménages et que la demande est largement reportée. Le solde des prêts automobiles, qui était de 89 milliards de TL en novembre 2024, a diminué de 25,8 % pour atteindre 66 milliards de TL en novembre 2025.

Le nombre de personnes utilisant des prêts automobiles a chuté de 574 000 à 393 000 au cours de la même période. Ce recul, qui dépasse 31,5 %, montre clairement que les ménages reportent l'achat d'un véhicule face aux taux d'intérêt élevés et à la hausse du coût de la vie. Alors que l'accès au crédit se restreint, l'idée de devenir propriétaire d'une voiture devient un objectif de plus en plus lointain.

Le montant moyen des prêts automobiles par personne est passé de 154 771 TL à 167 110 TL. Cette augmentation limitée suggère que, dans un environnement où la demande se contracte, seuls les groupes à revenus plus élevés ou une fraction limitée de la population capable de renouveler son véhicule actuel peuvent accéder au crédit.

Dans la répartition par province, Istanbul, Ankara et Izmir occupent les premières places, tandis que Bursa, Antalya, Kocaeli, Adana, Mersin, Aydın et Gaziantep figurent parmi les provinces les plus en vue. Cependant, même dans ces provinces, le recul des prêts automobiles montre clairement que l'automobile est devenue une dépense secondaire, voire une dépense reportée, dans le budget des ménages.

CONCLUSION : Une économie qui croît par la dette devient fragile - La dette augmente, la prospérité non

En Turquie, l'endettement des particuliers augmente mais la prospérité ne s'étend pas ; la dette devient un outil pour sauver le présent, et non pour investir dans l'avenir. La vie quotidienne, financée par les cartes de crédit et les découverts bancaires, montre clairement que les revenus ne suffisent pas à couvrir les coûts de la vie. Les données de novembre 2025 du Centre des risques de l'Association des banques de Turquie montrent que le solde total des crédits aux particuliers approche la barre des 5,7 billions de TL, tout en révélant que cette croissance n'est pas alimentée par l'acquisition d'actifs à long terme comme le logement ou les véhicules, mais par des instruments d'endettement à court terme et à coût élevé.

Les ménages ne s'enrichissent pas en s'endettant ; ils essaient de survivre en s'endettant. La hausse de près de 60 % des soldes des cartes de crédit, la généralisation de l'utilisation des découverts et le fait que les prêts à la consommation dépassent 1,3 billion de TL mettent en lumière l'ampleur de la pression sur le coût de la vie. En revanche, la hausse limitée de 32,6 % des prêts immobiliers montre que, dans les conditions de taux d'intérêt élevés et d'inflation, le problème du logement ne peut être résolu par le mécanisme du crédit.

Le tableau qui se dessine ne signale pas seulement un déséquilibre financier, mais un problème structurel. L'érosion des salaires face à l'inflation, la détérioration de la répartition des revenus et l'insuffisance des aides sociales transforment les crédits aux particuliers en outils temporaires remplaçant la politique sociale. La dette, plutôt que d'être le moteur de la croissance économique, fonctionne davantage comme un tampon masquant la crise de la subsistance.

Une économie financée par la dette n'est pas durable. Tant que la tendance actuelle se poursuivra, la fragilité financière s'aggravera ; les problèmes de recouvrement et les tensions sociales deviendront plus visibles. À cet égard, les données du Centre des risques ne sont pas seulement un ensemble de statistiques, mais un avertissement puissant : en Turquie, la dette augmente, mais cette croissance ne produit pas de prospérité ; elle rend la fragilité permanente.