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Le siège

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Le Premier ministre britannique de 44 ans, Rishi Sunak, a démissionné de la présidence du Parti conservateur, dont il était le chef, après avoir perdu les élections. Il ne s'est pas contenté de démissionner, il a également présenté ses excuses en ces termes :

« J'ai entendu votre colère et votre déception, et j'en assume la responsabilité. »

La Première ministre néo-zélandaise de 43 ans, Jacinda Ardern, qui avait mené le Parti travailliste à une victoire écrasante aux élections, a démissionné en 2023. En quittant ses fonctions, elle a déclaré : « Je ne suis plus assez armée pour être à la hauteur de cette tâche », ajoutant que sa démission ouvrirait la voie à son parti.

Le Premier ministre néerlandais de 57 ans, Mark Rutte, après avoir transmis ses fonctions à son successeur, a quitté la résidence du Premier ministre à vélo.

Il est possible de multiplier ces exemples.

Jetons maintenant un coup d'œil à la liste de ceux qui occupent leurs fonctions depuis longtemps :

Le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasago, est au pouvoir depuis 44 ans et a 82 ans.

Le guide suprême de la République islamique d'Iran, Ali Khamenei, est au pouvoir depuis 42 ans et a 85 ans.

Le président du Cameroun, Paul Biya, est au pouvoir depuis 41 ans et a 91 ans.

Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, est au pouvoir depuis 39 ans et a 80 ans.

Le président de l'Ouganda, Yoweri Museveni, est au pouvoir depuis 37 ans et a 79 ans...

Il est également possible d'allonger cette liste.

Les sièges de pouvoir sont comme du papier tournesol. Ils décrivent le bilan démocratique tant du pays que de celui qui occupe le siège.

Certains vénèrent le pouvoir qu'il confère et prolongent son occupation autant que possible.

D'autres l'acceptent comme un outil au service de la société et, conscients du poids de la responsabilité qu'ils assument, le laissent à leurs successeurs sans nuire à la démocratie.

Lorsque la passion du siège dépasse la loyauté envers la démocratie et que la soif de pouvoir écrase le souci du service, c'est la nation qui en paie le prix et la politique se retrouve dans une impasse.

La Turquie a vécu ce triste tableau lors des dernières élections présidentielles.

Le pays est resté coincé entre un candidat au pouvoir qui imputait l'échec à tout le monde sauf à lui-même, et un candidat de la coalition d'opposition qui considérait ses défaites électorales successives comme un « succès » et persistait dans ses erreurs. La défaite de l'opposition était prévisible.

Après ce tableau dramatique, beaucoup de choses ont changé au sein du principal parti d'opposition. Le changement le plus important a été le remplacement du président du parti. Ce changement a été suivi par le succès aux élections locales.

Alors, quelqu'un a-t-il tiré une leçon des résultats des élections présidentielles ?

Il semble que non.

Être président d'un parti est une chose, mais savoir se retirer au moment opportun et respecter les nouvelles aspirations est une vertu. İsmet İnönü en a été l'un des plus beaux exemples.

Le grand commandant de la guerre d'indépendance, figure de proue de la période de fondation et des révolutions, deuxième président de la République de Turquie, l'İsmet Pacha de la nation turque, a démissionné de la présidence du CHP lorsque la liste du Conseil du parti qu'il a présentée au congrès a obtenu moins de voix que celle d'Ecevit (8 mai 1972). Il a su laisser son siège à Bülent Ecevit avec une grande maturité.

İsmet İnönü a laissé un héritage très important au CHP grâce à son respect pour la démocratie. C'est aussi ce qu'exigent les connaissances et l'expérience acquises au fil des années.

Cependant, comme nous l'avons mentionné précédemment, le siège est un papier tournesol. C'est aussi un moyen de révéler les valeurs auxquelles croient les titulaires de fonctions. Il ne se révèle pas lorsqu'il est possédé, mais lorsqu'il est perdu.

Il est normal que la vie s'écoule entre vérités et erreurs. Cette règle s'applique également aux dirigeants politiques.

On attend de ceux qui assument des responsabilités politiques qu'ils assument leurs propres erreurs, qu'ils puissent faire leur examen de conscience et qu'ils soient capables d'affronter leurs échecs autant qu'ils sont fiers de leurs succès.

Ceux qui y parviennent sont ceux qui ont su vaincre leur ego et se libérer de leurs ambitions et de leurs passions.

Il est vertueux de pouvoir ressentir des regrets et de la honte pour ses erreurs en tant que devoir lié à la responsabilité que l'on porte. Ceux qui se considèrent comme indispensables et se sacralisent ne peuvent pas faire cet examen de conscience.

Il est clair que créer l'impression d'un règlement de comptes pour un siège, empreint de colère et de haine, au lieu de soutenir le succès du CHP aux élections locales et de contribuer au chemin vers le pouvoir, n'apporte aucune contribution à la démocratie turque, à l'amour de la nation et à la mission historique du CHP.

Les sièges de pouvoir sont temporaires. Ils sont confiés aux membres du CHP par leur président.

Le droit de reprendre ce qui a été confié est une exigence de la démocratie.