La majeure partie de ma vie académique a été consacrée à la recherche et à la publication de ces travaux dans des revues universitaires.
En 30 ans, près de 300 publications, dont 30 dans des revues très importantes et de grande qualité.
Plus de 2 000 citations.
Un indice H supérieur à 20.
Bien que ces efforts aient été récompensés sur le plan académique, ces chiffres ne servent plus à rien aujourd'hui.
Ces dernières années, nous rencontrons des universitaires qui ajoutent un zéro supplémentaire à ces chiffres.
Nous sommes entrés dans une ère où, même si le nom des revues est inconnu et que l'on paie pour chaque publication, le score prime et la qualité n'est qu'un vain mot.
C'est alors que le diable est venu à mon secours.
Comme on dit, l'aide arrive quand on est dans le besoin : un étudiant qui venait de terminer son master et de publier un article basé sur ses travaux est venu me voir.
La thèse était terminée et, ayant rempli la condition de publication d'un article, il avait le droit de se présenter à sa soutenance.
Je l'ai d'abord félicité pour avoir publié dans une revue à comité de lecture.
Nous avons commencé à examiner la revue ensemble pour voir s'il s'agissait d'une revue prédatrice.
En consultant le site web, on constate qu'il est extrêmement professionnel.
Le comité de lecture et le comité éditorial sont impressionnants. La revue est même indexée et prise en compte par certaines institutions.
Le délai de publication est extrêmement court, environ 4 heures, alors que le délai moyen de publication de mes propres travaux est de 400 jours.
Ils publient les articles contre paiement, alors que jusqu'à présent, je n'ai jamais payé pour publier et j'ai même été rémunéré pour certaines de mes publications.
Cette revue demande 500 roupies.
25 dollars.
Moins cher que l'eau.
Lorsque j'ai fait part de mes doutes et de mes préoccupations à l'étudiant, il m'a montré des professeurs importants ayant publié dans cette revue, ce qui m'a rassuré.
Et j'ai commencé à me demander si j'avais passé mes années à perdre mon temps.
Nous nous sommes inutilement démoralisés après avoir reçu des refus ou des révisions majeures suite à des mois d'attente.
Nous avons attendu 400 jours pour rien pour l'acceptation d'une publication.
Regardez, c'est possible en 4 jours pour 500 roupies.
Désormais, personne ne pourra m'arrêter.
En analysant les données du site de l'Institut turc de normalisation avec ChatGPT, j'ai saisi l'opportunité de publier un article chaque semaine.
Désormais, je suis invincible.
À chaque réunion du sénat, mon nom sera cité, et je pourrai faire la loi face aux anciens professeurs qui tentent de se cacher sous la table parce qu'ils ont peu de publications. Mon nom sera même inscrit en lettres d'or à l'entrée de l'université.
Je ne suis pas si cruel, sachez apprécier ma valeur.
Je peux donner l'adresse de la revue à ceux qui le souhaitent.
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