Lorsque la foi en la justice disparaît, un état d'« inertie » s'installe. La société se dégrade, les « lois de la rue » s'appliquent et l'illégalité progresse.
Le droit, qui puise sa source dans les valeurs humaines et la morale, cède la place à un ordre où les jugements de valeur moraux sont ignorés.
Dans un tel pays, le nombre de gangs, d'organisations criminelles à but lucratif et d'entités agissant comme un État dans l'État augmente.
Les jeunes aspirent à gagner de l'argent facilement, à réussir par des raccourcis et à s'enrichir sans effort.
Étudier, faire des efforts et travailler sont considérés comme de la « naïveté ». Tout commence avec cette première étincelle qui se transforme en un incendie incontrôlable.
Dans un pays où le juriste n'applique pas les règles de droit, où le politicien ignore les dispositions de la Constitution et où l'on dit à la Cour suprême « je ne reconnais pas ta décision, fermons-la », que peut-on attendre du citoyen ordinaire ?
Où devons-nous situer, dans un État de droit, la déclaration de l'ancien ministre de l'Intérieur aux chefs de quartier : « démolissez, la décision de justice viendra après » ?
Ce que nous avons vécu au cours du dernier mois n'est-il pas le reflet du fait que le système judiciaire s'est transformé en un « système d'inertie » ?
Dans l'enquête sur le meurtre de Narin, le fait que l'auteur n'ait pas encore été identifié, que toutes les preuves soient éparpillées et que les scénarios produits par l'opinion publique se retrouvent dans les procès-verbaux d'audition, est-ce cela « rendre la justice » aujourd'hui ?
Et que dire d'un suspect ayant « fait du crime une habitude » qui continue de commettre des délits en toute liberté, allant jusqu'à tuer une jeune policière avec l'arme d'un autre policier ?
Dans notre pays, où le ministre de l'Intérieur annonce presque quotidiennement des opérations contre des organisations criminelles, est-il juste de vivre sans s'interroger sur la manière dont ces structures illégales ont pu « prendre racine » chez nous ?
Alors que l'on échange un « Brunson » contre une « vie » ; que l'on arrête « Dilruba » tout en libérant « Deniz », et que l'on parle de l'ingérence des États-Unis d'un côté et de l'Allemagne de l'autre dans ces processus, doit-on parler de justice ou d'un état d'inertie ?
Peut-on convaincre nos concitoyens que le système judiciaire rend la justice, alors qu'il verse des larmes sur Gaza et qualifie la situation de génocide, tout en abandonnant l'affaire du Mavi Marmara en vertu d'un « accord bilatéral » signé avec l'État d'Israël ?
Ou devons-nous citer l'affaire du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné au consulat général d'Arabie saoudite à Istanbul, dont le tribunal a transféré le dossier aux tribunaux saoudiens, comme exemple du bon fonctionnement de notre système judiciaire ?
Le remplacement des juges ayant rendu un verdict d'acquittement dans l'affaire du parc Gezi par des juges ayant prononcé des condamnations, le non-respect de la décision de libération d'Osman Kavala, et le fait que les décisions de la Cour constitutionnelle et de la CEDH soient « ignorées », ne sont-ils pas le triste état de notre système judiciaire ?
Et que dire des interdictions politiques imposées par les tribunaux, des décisions prises par le YSK (Conseil électoral suprême) considérées comme « nulles et non avenues » pour un maire élu, et de l'ouverture de la voie à la conception de la politique par ces décisions ; est-ce cela rendre la justice ?
Dans quelle mesure un ordre où la Cour de cassation « ignore » la décision de la Cour constitutionnelle, et où la Cour constitutionnelle fait de même avec celle de la Cour de cassation, inspire-t-il confiance à ses citoyens ?
Où devons-nous placer les récits de l'épouse endeuillée dans l'affaire du meurtre de Sinan Ateş, le désespoir des familles dans l'affaire du déraillement de train de Çorlu, et les débats sur les rapports d'expertise dans les procès des entrepreneurs des bâtiments effondrés lors du séisme de Hatay ?
Et que dire des déclarations dans les enquêtes sur les journalistes du type « mettons-les 3 ou 5 mois en prison, ça leur remettra les idées en place » ? Ceux qui qualifient le système des juges de paix, qui cible les micro-trottoirs et les publications sur les réseaux sociaux jusqu'à aboutir à des arrestations, de « bâton du pouvoir » ont-ils tort ?
Dans un pays où le chef du principal parti d'opposition a mené une marche pour la « justice », je ne pense pas qu'il soit erroné de remettre en question le fonctionnement du système judiciaire et d'affirmer qu'il n'y a plus de « sécurité juridique ».
Les scandales de fausses preuves dans les procès complots, les enquêtes sur les journalistes d'opposition, les allégations selon lesquelles des barons de la drogue seraient libérés à la demande de politiciens, l'affaire de la « Bourse FETÖ »... tout cela ne se dresse-t-il pas devant nous comme des abîmes profonds au sein du système judiciaire ?
L'époque que nous vivons pèse sur la société, et particulièrement sur les juristes, comme un cauchemar...
« Dans les pays où la justice rétrécit, ce sont les criminels qui deviennent grands » : combien de personnes dans ce pays peuvent contester cette affirmation ?
Les plus lus
Enquête sur une « agence de casting » lors d'un événement du CHP
Réponse du YENİ Parti à Uçum
Le « brouillon » de Lausanne de la présidence... Le nouveau parti d'Özgür Özel...
Si vous n'aviez pas d'argent, vous ne pouviez pas vous faire soigner ; désormais, vous ne pouvez même plus devenir médecin
Qu'ont-ils exigé d'İsmet Pacha à Lausanne ?
Les « Sultanes du Filet » sont championnes de la Ligue des Nations FIVB 2026 !
Allégation de « démission de 10 députés » au sein du YENİ Parti
Le problème des missiles de la marine américaine à l'ombre de la guerre contre l'Iran
Le suspect ayant tué trois personnes à Adana a été incarcéré
Révélation fracassante sur la polémique des figurants au CHP !