Le principe du parallélisme des formes est un concept de droit administratif. Il signifie que la procédure appliquée pour la création d'un acte doit également être respectée pour son retrait. En d'autres termes, la méthode utilisée pour établir un nouveau statu quo doit être appliquée pour briser ce statu quo et revenir à la situation antérieure. On peut comparer cela à la fermeture et à l'ouverture d'une fermeture éclair.
Pour comprendre le piège qui se referme sur la Turquie, il est nécessaire de connaître l'histoire récente ainsi que le droit international et les relations internationales. Si vous possédez des connaissances suffisantes sur l'effondrement de l'Empire ottoman, l'occupation, la libération et les périodes de fondation, vous remarquerez instantanément, avant que l'effet de l'anesthésie injectée pour détruire la mémoire sociale et la sensibilité nationale ne s'estompe, la précipitation du retour du statut de Lausanne au statut de Sèvres et les étapes insidieuses du parallélisme des formes.
Lorsque Dostoïevski dit, à propos de la nouvelle Le Manteau de Gogol : « Nous sommes tous sortis du Manteau (de Gogol) » (Dostoïevski, Tchekhov, Gorki), il décrit l'influence extraordinaire de l'œuvre sur les écrivains qui lui ont succédé. Sans connaître le manteau dont sont sortis tous les groupes kurdistes de notre pays, c'est-à-dire la Société pour l'élévation du Kurdistan (Kürdistan Teali Cemiyeti), vous ne pouvez comprendre ni le KCK ni le PKK.
L'ancêtre racine de l'organisation terroriste séparatiste est la Société pour l'élévation du Kurdistan. Née dans la maternité britannique, dans les bras d'une sage-femme britannique, dans l'Istanbul de l'armistice, la Société pour l'élévation du Kurdistan entrera en activité le 19 novembre (fondation officielle le 30 décembre 1918), moins d'une semaine après le 13 novembre 1918, date à laquelle la flotte alliée a jeté l'ancre dans le détroit. Les deux autres organisations de trahison alliées de la Société pour l'élévation du Kurdistan dans l'Istanbul de l'armistice, la Société des amis de l'Angleterre et la Société pour l'élévation de l'Islam, sont également le produit de la même maternité !
Laissant pour un prochain article l'examen de la Société des amis de l'Angleterre, dont Vahdettin, Damat Ferit, Ali Kemal, Sait Molla, İskilip'li Atıf et le cheikh al-Islam Mustafa Sabri étaient membres, ainsi que le Parti de la liberté et de l'entente lié à ces trois organisations de trahison, revenons à l'ancêtre racine du PKK, la Société pour l'élévation du Kurdistan.
La Société pour l'élévation du Kurdistan, dont les fondateurs étaient des dirigeants féodaux vivant à Istanbul issus de tribus et de familles telles que Şemdinan, Bedirhan, Babanzade, Berzencizade, Yemlekizade, Hetzanizade, Cemilpaşazade, poursuivait l'objectif d'un Kurdistan indépendant sous protectorat britannique. Le Royaume-Uni, quant à lui, calculait comment garantir les pétroles de Mossoul en utilisant les tribus kurdes de la région. Pour que vous compreniez, la promesse d'un État kurde a été mise à l'ordre du jour comme un sucre d'orge tendu pour convaincre les seigneurs féodaux et les chefs de tribus de devenir les gardiens des puits de pétrole pour le compte de l'Angleterre !
Le projet de la Société pour l'élévation du Kurdistan, dont le PKK est l'héritier spirituel, visant à faire irruption au Congrès de Sivas, à éliminer Mustafa Kemal et à détruire avant sa naissance la Grande Assemblée nationale de Turquie qui allait être ouverte à Ankara le 23 avril 1920 (la tentative infructueuse de Bedirhanzade Halil, mutasarrıf de Malatya), ainsi que la révolte de Koçgiri dont elle fut l'instigatrice alors que l'armée grecque avançait vers Ankara, et d'autres soulèvements, ne pourront empêcher la victoire de la Guerre d'indépendance. Il convient de noter, comme document édifiant sur l'identité des véritables apatrides, l'annonce donnée par la Société le 31 mars 1920 dans le journal Peyam-ı Sabah, fleuron des médias de l'armistice dont Ali Kemal était l'éditorialiste en chef, qualifiant les Forces nationales (Kuvayı Milliye) de « vagabonds sans foyer aux idées bolcheviques ».
La première station de la disparition était l'armistice de Moudros, la dernière station (la station de la mort) était le traité de Sèvres. La première station de la libération, atteinte par une lutte à mort de trois ans allant du 19 mai 1919 au 9 septembre 1922, est l'armistice de Moudanya, et la dernière station est le traité de Lausanne.
Il faut voir que ce que l'on veut faire boire à la nation sous le prétexte de paix, de fraternité et de l'arrêt de l'effusion de sang est un poison mortel. Il faut prendre conscience que le complot insidieux mis en place n'est rien d'autre que de renvoyer les Turcs de la station de Lausanne à la station de Sèvres, de les embarquer pour un voyage en enfer en leur promettant le paradis !
S'il s'agit d'un Kurdistan marionnette de l'impérialisme, gâchette régionale et gardien des puits de pétrole, alors le reste n'est que détail, n'est-ce pas !
Tout comme on est arrivé de Moudanya à Lausanne, il s'agit de convaincre la nation du retour de Lausanne à Sèvres par la méthode du parallélisme des formes, n'est-ce pas !
Passer d'une République de Turquie laïque, contemporaine, fondée sur l'État-nation et une structure unitaire, à une confédération d'ethnies, de tribus et de communautés, n'est-ce pas !
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