Nous allons aborder la dernière offensive de la stratégie visant à couper l'alévisme turc/turkmène de ses racines pour l'aliéner à sa nation et à son pays, en nous appuyant sur notre réalité sociologique et notre millénaire entrelacement de cultures religieuses. Nous allons disséquer un charlatan, Baba Mondi, instrument théopolitique de l'impérialisme. Mais examinons d'abord comment les monopoles de l'information internationale et le marketing autour de Baba Mondi sont reflétés dans notre presse, qui ne parvient pas à voir l'ensemble du tableau :
Poursuivons avec un extrait de l'article publié le 23 septembre sur le site internet de Sözcü, intitulé : « Un modèle de "Vatican islamique" pour les Bektachis : alcool autorisé, pas d'ingérence dans le mode de vie » : « Les détails du micro-État islamique souverain que l'Albanie prévoit de créer pour les Bektachis ont été révélés. Dans ce micro-État où l'alcool sera autorisé et où les femmes seront libres de s'habiller comme elles le souhaitent, il n'y aura aucune règle concernant le mode de vie. L'Albanie prévoit de créer son propre "État de la Cité du Vatican". Cependant, cette ville sera une ville islamique.
Selon les informations du New York Times relayées par Euronews, le Premier ministre albanais Edi Rama s'apprête à annoncer, dans la capitale Tirana, des plans pour un micro-État souverain qui serait dirigé selon la compréhension religieuse de l'ordre bektachi, une confrérie soufie chiite fondée au XIIIe siècle en Turquie. Si tout se passe comme prévu, l'"État souverain de l'ordre bektachi" deviendrait le plus petit État du monde, représentant seulement un quart de la taille de la Cité du Vatican. Ce territoire de dix hectares disposera de son propre gouvernement, de ses propres passeports et de ses propres frontières. »
Arrêtons ici la citation pour revenir sur cette machination présentée comme un Vatican albanais. En Albanie, pays de moins de 3 millions d'habitants dont la superficie dépasse à peine celle de la Thrace, une étude récente a montré que 115 644 personnes, soit 4 % de la population, se définissent comme Bektachis. Examinons de plus près ce curieux projet d'État mis en avant pour une communauté religieuse qui ne représente même pas 5 % de la population. Tournons-nous vers l'arrière-plan de ce projet d'État caricatural porté par Baba Mondi, qui joue le rôle principal dans ce théâtre théopolitique en Albanie, pays où vivent 115 000 Bektachis.
Comme le dit le proverbe, « je te le dis à toi, ma fille, pour que ma belle-fille comprenne » : il ne faut pas perdre de vue que, derrière l'Albanie, Tirana, Baba Mondi et cet État de 10 hectares, la véritable cible est la Turquie. Il faut savoir que pour les charlatans religieux financés par les centres impérialistes, Berlin en tête, et leurs marionnettes théopolitiques, l'objectif réel est la liquidation de l'État-nation et de la structure unitaire de la Turquie. Il ne fait aucun doute que cette machination théopolitique en Albanie est mise en avant comme un modèle incitatif et déclencheur d'une fragmentation ethnique et confessionnelle en Turquie, similaire à ce qui s'est passé en Yougoslavie.
Nous avons déjà évoqué dans nos précédents articles la stratégie allemande visant à déplacer le centre spirituel de l'alévisme turc/turkmène de Hacıbektaş (Sulucakarahöyük) vers Berlin, et à transférer le leadership spirituel et la source originelle (Serçeşme) de Hacı Bektaş Veli vers un « Hacı Hans Veli ». Il convient de noter le soutien insidieux apporté via Tirana à cet « alévisme synthétique », fabriqué par des individus dévoyés et financés, en conflit avec la turcité, la République de Turquie et Atatürk, et totalement aliéné à son pays, sa nation et ses racines religieuses.
Le fait que le charlatan religieux Mondi ait exprimé, dans son entretien avec le New York Times, l'espoir que les États-Unis et d'autres puissances occidentales reconnaissent la souveraineté de l'État qu'il compte créer, doit être interprété comme le démasquage des forces qui se cachent derrière cette machination théopolitique séparatiste et divisionniste.
Le moyen de déjouer ce piège postmoderniste de Hızır Pacha est de ne pas oublier les expériences douloureuses mais instructives du passé. En somme, dans le choix entre l'existence et l'anéantissement, la bonne décision dépend de la réponse apportée à cette question : suivons-nous la voie unificatrice et intégratrice de l'alévisme turc/turkmène, notre entrelacement culturel religieux millénaire, ou l'impasse de la machination montée autour de Baba Mondi ?
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