La Turquie traverse des jours historiques. Le pouvoir, de toutes ses forces, a mis à mal le droit — et continue de le faire — afin d'éliminer l'opposition, de la neutraliser, de réduire la démocratie à un concept purement rhétorique et de gouverner indéfiniment, sans rendre de comptes et selon son bon vouloir.
Dans ce climat, tout le monde s'interroge sur le CHP, sur les luttes internes au sein du parti et sur ce qui va se passer. Le président de l'AKP, Erdoğan, et son équipe, quant à eux, dirigent les événements tout en les observant avec satisfaction.
Analysons donc ce processus, qui repose fondamentalement sur des plans très organisés et insidieux du pouvoir.
Quel scénario pourrait émerger en cas de décision de « nullité absolue » au sein du CHP ?
Selon les informations que nous avons recueillies, il se murmure que si le tribunal rendait une décision de « nullité absolue », l'ancien président du CHP, Kemal Kılıçdaroğlu, participerait à une action au siège du CHP aux côtés d'Özgür Özel et des anciens présidents Altan Öymen, Murat Karayalçın et Hikmet Çetin.
Après la décision finale du tribunal, il est attendu que Kılıçdaroğlu reprenne la tête du parti, la probabilité de sa réélection étant renforcée par le retour à l'ancienne formation des délégués. D'après des sources proches de Kılıçdaroğlu, l'ancien président est en contact étroit avec Özel depuis un certain temps. Les deux dirigeants communiquent par l'intermédiaire de leurs collaborateurs.
Alors qu'il est indiqué que les deux personnalités partagent des informations sur une éventuelle décision concernant le parti, il a été appris que Kılıçdaroğlu ne serait pas candidat lors du congrès et qu'il laisserait le parti à Özel, tout en discutant de certains noms susceptibles de siéger au Comité exécutif central (MYK).
À l'issue de ce scénario, il est prévu qu'Özel envoie des messages positifs à l'égard de Kılıçdaroğlu, qui a été la cible de conflits de clans au sein du CHP, et qu'il le qualifie de « grand frère » du parti.
ALLÉGATIONS D'INTERDICTION POLITIQUE
Cependant… Des allégations circulent également au sein de l'AKP selon lesquelles une interdiction politique serait imposée à Özgür Özel et Ekrem İmamoğlu à la suite de la décision de « nullité absolue ». Dans ce scénario, l'objectif est d'éliminer politiquement non seulement Özel et İmamoğlu, mais aussi leurs collaborateurs. C'est là que le véritable plan de l'AKP apparaît. Car dans ce cas, Kılıçdaroğlu se verrait contraint de redevenir, en quelque sorte, président du CHP.
Depuis quelque temps, le vice-président du CHP chargé des relations publiques et des médias, Burhanettin Bulut, est également dans le viseur… Des allégations concernant un « réseau de trolls » impliquant Eren Erdem, qui occupait le même poste avant Bulut, sont évoquées.
Toutefois, des allégations suggérant que le réseau de trolls au sein du CHP aurait été mis en place sous l'ancienne direction sont également avancées.
Alors que l'on se demande si les allégations concernant Bulut atteindront la direction du CHP, il est également rapporté que l'équipe de Kılıçdaroğlu aurait demandé à Özel de « nettoyer les noms qui salissent le parti ».
Il se murmure que si Kılıçdaroğlu et son équipe ne reconnaissent pas la décision de « nullité absolue », un administrateur judiciaire (kayyım) pourrait être nommé à la tête du parti. Les milieux proches du pouvoir attendent la concrétisation de ce scénario en exacerbant les fissures internes au parti.
Ainsi, il est indiqué que toute la correspondance des municipalités gérées historiquement par le CHP, et particulièrement depuis 2019, pourrait être saisie. Il est suggéré que cette situation pourrait aboutir à une préparation législative permettant au pouvoir d'invalider les élections municipales et de nommer les maires depuis le centre, à l'instar des préfets.
Avec cette loi, l'objectif est d'une part de masquer la controverse sur la mise sous tutelle liée aux négociations avec le DEM Parti, et d'autre part d'affaiblir l'influence du CHP dans les administrations locales.
Les plans du régime, qui dépasse chaque jour ses propres limites, ne reconnaît ni droit, ni règle, ni loi, et plus dangereusement encore, écrit sa propre loi, ont atteint un niveau de dangerosité tel qu'ils pourraient totalement anéantir le système démocratique turc...
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