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Je ne pardonne pas à la Diyanet !

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Vous le savez ; l'objectif de recettes fiscales du budget 2024 est de 8,3 billions de lires… 

L'un des plus gros postes de dépenses financés par ces revenus concerne la Présidence des affaires religieuses (Diyanet), dont nous dénonçons le « gaspillage » depuis des jours... Cette année, pas moins de 79,7 milliards de lires seront dépensés pour les services religieux et l'éducation religieuse populaire.

Parmi les revenus de la Diyanet, on trouve également la taxe spéciale sur la consommation (ÖTV) prélevée sur l'alcool, le tabac et les jeux de hasard, que l'institution considère pourtant comme « haram » (illicites).

Car sur les impôts que l'État percevra cette année auprès de nous, 413 milliards 481 millions de lires proviendront des produits du tabac, des boissons alcoolisées et des cigarettes.

***

Alors, où la Présidence des affaires religieuses dépense-t-elle cet argent ?

Dans le faste !

Le bâtiment de la Présidence des affaires religieuses, qui n'a rien à envier aux palais, ressemble à un « second palais » à Ankara, tant par son architecture que par ses dépenses…

Le président vit dans une résidence très luxueuse, est protégé par des dizaines d'agents de sécurité et utilise six véhicules de fonction, tous plus luxueux les uns que les autres. 

L'institution est tellement habituée au faste et au luxe qu'un nouveau scandale éclate chaque jour… 

La dernière bombe vient du Centre de spécialisation religieuse de Harput à Elazığ : 

La Présidence des affaires religieuses a organisé un appel d'offres pour la restauration des « candidats aux fonctions religieuses » le 26 mars…

L'appel d'offres pour 210 jours de service de restauration a été remporté par la société Aşsa Grup Yemekçilik, qui a proposé environ 13 millions de lires.

Selon ce contrat, les candidats imams se verront servir, quatre jours par semaine, des plats principaux tels que du steak, du filet de bœuf, du bœuf bouilli, du bœuf rôti, du poulet, du foie, divers types de kebabs, du rôti, des boulettes de viande sèches, des boulettes de style Izmir, des boulettes « kadınbudu », des boulettes « dalyan » ou encore de l'iskender kebab….

Trois jours par semaine, des légumes frais de saison, des plats de légumes secs, des conserves de viande en morceaux ou des plats de légumes frais, des petits pois, de la moussaka d'aubergines, ainsi que des légumes farcis et des feuilles de vigne farcies seront servis.

La viande de bœuf devra provenir de bêtes âgées de 1,5 à 2 ans…

La liste est encore longue…

Alors que le peuple a faim et que les gens ne peuvent même pas acheter 100 grammes de viande pour leurs enfants, ceux qui se gavent de ces plats ne peuvent en aucun cas être des hommes de religion.

***

Lorsque l'AKP est arrivé au pouvoir, il y avait 70 000 mosquées ; aujourd'hui, ce chiffre dépasse les 90 000…

Le nombre d'imams et de muezzins, qui était de 90 000, approche désormais les 150 000.

L'État, qui juge 10 000 lires suffisantes pour les retraités, verse à ces messieurs un salaire net mensuel de 38 500 lires.

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Aucun État laïc ne verse directement les salaires des membres du clergé.

Il ne fait pas construire d'églises et ne s'immisce pas dans les dépenses religieuses.

Dans de nombreux pays, ce sont les « fondations ecclésiastiques » qui gèrent ces affaires. 

Par exemple, en Allemagne, les revenus de la « taxe d'église » collectée auprès des membres des églises catholique et protestante ont atteint 12,6 milliards d'euros l'an dernier. Les membres de l'Église catholique paient en moyenne 291 euros d'impôt par an, et les membres de l'Église protestante 278 euros.

Dans ce pays, pas moins de 45 millions de personnes sont membres des églises !

En 2004, ce chiffre avoisinait les 52 millions. En 20 ans, le nombre de personnes ayant démissionné de l'église a diminué de 7 millions.

En Allemagne, l'État ne participe à aucune dépense liée à la religion.

Ceux qui fréquentent l'église paient l'impôt, ceux qui ne la fréquentent pas ne paient rien.

Chez nous, une part importante des impôts payés par chaque citoyen turc à l'État, sans distinction de religion ou de confession, va à la Diyanet.

Et ceux qui la dirigent vivent dans le gaspillage, en contradiction avec la religion.

Alors que le citoyen souffre de la faim, ils inscrivent dans le cahier des charges des appels d'offres le fait de nourrir leur personnel avec des kilos de viande chaque semaine.

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Que certains me traitent d'athée ou d'infidèle, je l'écrirai désormais :

* Un État laïc peut-il financer la religion ? 

* Une quelconque coopération économique ou politique entre l'État et les institutions religieuses est-elle acceptable ? 

* L'heure n'est-elle pas venue pour l'État, qui privatise tout, de laisser la Présidence des affaires religieuses aux communautés des mosquées ? 

* Pourquoi, dans notre pays, l'argent prélevé auprès de ceux qui ne croient pas, ou qui appartiennent à d'autres religions ou confessions, est-il utilisé pour le « financement des croyants » ?

* Les lois régissant les relations religion-politique-commerce ne doivent-elles pas être entièrement révisées ?

***

Je pourrais énumérer des centaines d'autres questions à ce sujet. Mais ce sont là les plus fondamentales…

Comme les citoyens en Allemagne, je devrais pouvoir décider moi-même si je paie ou non des impôts aux institutions religieuses et si je les finance.

Car je suis fatigué de voir le système actuel, construit avec de bonnes intentions, être exploité par des profiteurs de la religion.

Alors que nous avons faim, il m'est insupportable de voir des gens qui tirent profit de nos sentiments religieux manger quatre jours par semaine du steak, du filet de bœuf, du bœuf bouilli, du bœuf rôti, du poulet, du foie, des kebabs, des boulettes et de l'iskender…

***

Oui, je me révolte.

Et je ne pardonne absolument pas à ceux qui nous exploitent au nom de la religion !