Imaginez un pays où le sentiment de confiance a totalement disparu… Où la fraude, l'escroquerie, le mensonge, l'instrumentalisation des valeurs religieuses pour tromper le peuple et le fait de paraître autre que ce que l'on est sont devenus la norme, tandis que dénoncer ou critiquer ces pratiques est devenu un crime…
Par exemple, une femme portant le voile serré va, sur ce marché de la dépravation qu'est TikTok, dévoiler sa poitrine pour gagner de l'argent… Et ce, devant des milliers de personnes… Mais vous, vous n'aurez pas le droit de remettre en question le voile que porte cette femme qui expose sa poitrine pour de l'argent. Si vous le faites, vous serez traîné dans la boue par la meute réactionnaire !
Alors, nous ne pourrions pas écrire sur cette contradiction de cette femme, c'est bien ça ? Nous devrions faire confiance à sa foi…
Mais comment ?
*
Une autre femme, directrice de banque… Elle va collecter et détourner l'argent de footballeurs et d'entraîneurs dont les yeux sont obscurcis par l'appât du gain. Sa banque sera, d'une manière ou d'une autre, impliquée… Mais nous ne pourrons pas dire le moindre mot sur le système bancaire. Car l'article pertinent de la loi bancaire est là ! Si vous portez atteinte à la réputation commerciale d'une banque, et surtout si vous provoquez une perte de clientèle, personne ne pourra vous sauver.
Alors, nous ne pourrions pas remettre en question la fiabilité de cette directrice de banque et de son établissement, qui n'a pas remarqué ce qu'elle faisait, pour le dire avec euphémisme, c'est bien ça ?
Nous devrions faire confiance…
Mais comment ?
*
Une autre femme, dans une autre province, va monter une arnaque au Bitcoin. Elle va signer une fraude se chiffrant en millions de lires. Elle sera jugée. Le tribunal la déclarera coupable et la condamnera à quatre-vingts et quelques années de prison… La femme ne passera que trois mois en prison. Un autre tribunal décidera de sa remise en liberté.
Nous devrions continuer à faire confiance à cette femme pour lui donner de l'argent, et continuer à croire que le tribunal rend la justice ; c'est bien ça ?
Nous devrions faire confiance…
Mais comment ?
*
Certains bouffons d'Internet, que l'on appelle des influenceurs, vont utiliser de belles femmes pour blanchir de l'argent sale sous couvert de centres de beauté ou de sites de paris… Alors que 90 % de la population ne peut même pas mettre de la viande sur sa table, eux s'enroulent les cheveux avec des dollars et boivent du café à l'or… Si nous critiquons cela, nous serons accusés de faire preuve de « haine envers la richesse ».
Nous devrions regarder ces vauriens menacer ouvertement le journaliste Murat Ağırel, qui a révélé le scandale ; c'est bien ça ?
Nous devrions faire confiance à la police.
Mais comment ?
*
Le principal parti d'opposition de ce pays va se débarrasser de son chef qui a subi une défaite électorale. Il va élire un nouveau président. Alors que l'on commençait à avoir un peu d'espoir, le nouveau président va embrasser la main d'une femme qui qualifie l'est et le sud-est de la Turquie de « Kurdistan » et qui traite le soldat turc d'occupant, simplement parce qu'elle est artiste… Il va donner au pouvoir, qui cherche l'occasion d'exploiter le nationalisme, un atout plus grand qu'il ne l'espérait… Comme si le fait d'avoir laissé nos votes des élections générales être pillés par des partis de droite ne suffisait pas, il va maintenant dire pour les élections locales : « Nous invitons tous les partis politiques à la coopération, à l'union des forces »… Et nous, naïvement, nous allons fermer les yeux sur le fait que cet homme répète le passé en nous disant « C'est de l'espoir, c'est un nouveau départ » ; c'est bien ça ?
Nous devrions faire confiance…
Mais comment ?
*
Chers amis, je vous ai fait une sélection de l'actualité du pays…
J'ai voulu mettre en lumière la façon dont nous sommes ballottés, et comment nous avons été transformés en une société sans identité et sans personnalité.
Ce ne sont que les produits de ces quelques derniers jours… Si nous essayions de remonter le temps, les exemples se compteraient par dizaines de milliers.
Dans un pays dirigé par un homme qui ne peut même pas présenter son diplôme…
Qui a modifié la Constitution à maintes reprises simplement pour garantir son propre siège…
Et qui, malgré tout, obtient sans cesse un vote de confiance de son peuple d'une manière ou d'une autre…
On ne peut faire confiance ni au diplôme, ni à la justice, ni à la politique, ni à la science, ni aux médias, ni au commerce…
Tout part en fumée !
Le plus fort dépouille le plus faible…
Celui qui attrape, escroque ce qu'il a saisi…
Le peuple est trompé partout : au marché, au bazar, à la banque, à l'école, au tribunal…
Celui qui fait le gros coup s'enfuit, celui qui n'y arrive pas meurt de faim !
*
Savez-vous ce que je me demande maintenant, avec angoisse ?
Comment terminer un tel article ?
Allez, envoyez mille lires chacun ; que j'écrive la « fin » que vous attendez le plus !
Comme on dit, à chaque tête son peigne…
À chaque article, sa conclusion !
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