Notre République a eu 101 ans… Chacun a entamé ce nouveau siècle avec ceux qu'il aime…
Hier, il y avait deux camps :
Ceux qui sont aveugles, sourds et muets… Et puis, les millions de citoyens fiers mais meurtris…
Le premier groupe était composé de ces « contre-révolutionnaires » qui, depuis la proclamation de la République, ont toujours mis des bâtons dans nos roues. Ils ont essayé de faire comme si de rien n'était. Comme si la République proclamée il y a 100 ans n'était pas la leur…
Comme si le sultanat n'avait jamais été aboli…
Comme si la laïcité n'avait jamais été proclamée…
Comme s'ils étaient restés des sujets, sans jamais devenir des citoyens…
Et quand ces gens-là ont été contraints de prendre la parole, ils n'ont pas célébré les 100 ans de la République de Turquie, mais ce « deuxième siècle de la République » qu'ils se sont approprié.
Leur gratitude n'allait pas à Atatürk, mais à Recep Tayyip Erdoğan…
Ils n'ont évidemment pas parlé de la manière dont ils ont bradé, comme des héritiers dilapidant leur fortune, les usines géantes et les entreprises fondées durant les 100 premières années de la République ; ils ont préféré vanter les drones et les porte-avions…
*
Et puis, il y avait ceux qui, drapeau en main et vêtus de leurs plus beaux atours, ont couru vers les rues et les places.
Ils étaient malheureux.
Ils étaient fatigués, blessés, amers…
Ils avaient soif de l'enthousiasme de ces 15 premières années de la République.
Mais ils étaient mûrs, vertueux, conscients…
Ils ont ravalé leur douleur, disant : « Nous avons bu le sirop de cornouiller » (pour cacher leur peine).
Ils n'ont pas donné cette satisfaction aux contre-révolutionnaires.
Et quel bonheur pour moi d'avoir vu hier ces « regards jeunes » et déterminés sur les places, sur les écrans, à la tribune…
Drapeau en main, ils étaient comme ces jeunes recrues, les « Mehmet », faisant leurs adieux à leur mère avant de partir à la caserne :
Ils étaient tous des « agneaux au henné » (prêts au sacrifice)…
Et que dire de leurs mères ?
Leur cœur était meurtri comme le pays, elles étaient pauvres, mais elles étaient fortes…
« Nous n'avons pas connu ces 15 premières années, mais cela ne signifie pas que nous ne les verrons pas », a crié l'un des jeunes à Anıtkabir…
Les jeunes filles ont transformé les révolutions des 15 premières années de la République en robes de mariée blanches qu'elles ont portées…
« Vive la liberté », a dit une jeune fille enfermée chez elle et condamnée à l'obscurantisme…
« Vive la laïcité », ont dit les femmes qui refusent d'être des citoyennes de seconde zone…
« Nous sommes égaux », ont dit les Alévis, les Sunnites, les Kurdes, les Turcs, les Circassiens…
Comme le smash de Melissa Vargas, devenue turque après avoir quitté Cuba, cette détermination a frappé le visage des traîtres à 128 kilomètres à l'heure…
C'était comme une gifle retentissante.
Les ouvriers ont prêté serment de « s'organiser à nouveau »…
Les fonctionnaires et les retraités ont parlé de « solidarité »…
Les profiteurs, les affairistes et les gangs ont baissé la tête de honte, s'interrogeant une fois de plus sur leur raison d'être…
*
Ce n'était pas la fête de l'État qui était célébrée hier…
La nation a célébré sa propre fête !
Au mépris de ceux qui tentaient de les faire taire, ils ont chanté d'une seule voix…
Ils ont entonné les plus beaux hymnes…
Ils n'ont évidemment pas oublié les enfants massacrés à Gaza, le traître Israël et son complice, les États-Unis !
Et hier, sur ces places…
Je l'ai vu dans les yeux de ces personnes âgées, de ces jeunes, de ces enfants, de ces hommes et de ces femmes, des Alévis, des Sunnites, des Chrétiens et des athées…
Des mariés, des célibataires…
Des intellectuels, des médecins, des ingénieurs chassés du pays.
Je l'ai vu brûler d'un feu ardent.
Un grand incendie attend l'obscurité aveugle…
Je les ai vus s'excuser auprès d'Atatürk de ne pas avoir assez bien protégé son héritage, tout en jurant qu'ils ne perdraient jamais ce dépôt sacré !
*
Contre-révolutionnaires ; ne vous faites pas d'illusions…
Ne comptez pas sur votre génération rancunière !
Hier, j'ai vu des millions de personnes prêtes à affronter les balles…
J'ai vu les enfants de la République déterminés à enterrer vos espoirs.
Profitez bien de votre temps au pouvoir…
Il est clair que ce sont vos dernières années…
Hier, dans chaque regard que j'ai croisé, j'ai vu Atatürk.
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