Je reprends là où je m'étais arrêté dans le titre :
Non seulement les juges et procureurs honorables, mais aussi les avocats publics honorables…
Les professeurs de droit, les maîtres de conférences, les chargés de cours…
Les doyens des facultés de droit…
Les vrais juges et les vrais procureurs de la haute magistrature…
Ne soyez pas complices des crimes « judiciaires » commis aujourd'hui !
Ne soyez pas les intermédiaires de l'illégalité commise sous le masque du droit…
De la violation de la justice…
De la condamnation des innocents et de la glorification des coupables…
De la souffrance infligée aux âmes…
De la destruction des foyers…
De la transformation du pays en une « Vallée des Loups » !
Si vous croyez vraiment à la primauté du droit…
Si vous avez ne serait-ce qu'un peu de respect pour la démocratie…
Si vous êtes attachés au principe de la séparation des pouvoirs…
Si l'indépendance des juges compte encore pour vous…
Démissionnez, par respect pour vos années d'études innocentes passées dans les facultés de droit !
Et en faisant cela, ne vous dites pas : « Que changera ma seule démission ? »…
Ne regardez pas non plus combien de juges, de procureurs et d'universitaires honorables vous suivent ou non.
Soyez seuls s'il le faut…
Mais dans ce système qui asservit la magistrature et en fait une force supplétive, refusez d'être les « juges de Sa Majesté » dans les « tribunaux de Sa Majesté ».
Car il est désormais temps de dire : « Le chantier est terminé, le travail s'arrête ».
*
Il y a quatre jours, c'est-à-dire le lundi 13 mai, le titre de mon article était « Élections à la Cour de cassation, tramway et avion »…
Dans cet article, j'indiquais que la haute magistrature était dans un état lamentable, que tous les organes de décision importants étaient remplis de noms « proches de Sa Majesté », que de grands juges et procureurs se préoccupaient de leurs propres intérêts, et j'avais poursuivi exactement en ces termes :
*
« Si vous ne me croyez pas, gardez les yeux et les oreilles rivés sur Ankara aujourd'hui… Vous verrez ; le président de la Cour de cassation, qui n'a pas pu être élu après 35 tours, sera élu aujourd'hui. Comment cela est-il arrivé ? Muhsin Şentürk, président de la 3e chambre pénale de la Cour de cassation, qui était candidat depuis 35 tours à l'élection à la présidence de la Cour de cassation, s'est soudainement retiré de la course. Parce que quelqu'un lui a dit de se porter candidat au poste de procureur général près la Cour de cassation. Il a fait ce qui lui a été demandé. Maintenant, il va chercher à figurer parmi les cinq premiers lors de l'élection au poste de procureur général et sera nommé procureur général près la Cour de cassation par le président Erdoğan. Et nous dirons : “La démocratie a gagné” ou quelque chose comme ça… »
*
J'aurais aimé me tromper.
J'aurais aimé devoir présenter des excuses.
Mais ce que j'ai écrit s'est avéré exact, mot pour mot.
Muhsin Şentürk, président de la 3e chambre pénale de la Cour de cassation, qui avait déposé une plainte contre les membres de la Cour constitutionnelle, s'est porté candidat au poste de procureur général près la Cour de cassation sous la pression du MHP… Bien qu'il soit arrivé deuxième lors des élections organisées par l'Assemblée générale de la Cour de cassation, il a été nommé sans délai au poste de procureur général près la Cour de cassation par le Président…
En somme, il a été récompensé !
Il a été promu !
*
Cette opération, à elle seule, est la preuve du degré de politisation de la magistrature.
Faire confiance à une magistrature politisée est une stupidité.
Exercer en tant que « juge ou procureur » dans une magistrature en laquelle le peuple n'a pas confiance est une trahison !
*
Les juges et les procureurs font partie de l'élite « intellectuelle » de la société.
Dans un système où le droit a disparu et où la justice est tombée dans la déchéance, le devoir des vrais juges et procureurs est de « tenir tête au patron » !
C'est dire : « Je ne participe pas à ton système corrompu. Je ne serai pas ton pion »…
Une personne, trois personnes, cinq personnes, peu importe…
Nous verrons maintenant qui sont les vrais juristes.
Nous verrons maintenant qui sont les vrais intellectuels.
Voyons si leur vocation juridique n'est que des mots ou si elle est ancrée dans leur cœur.
Allez messieurs, montrez votre véritable identité et votre personnalité…
Ne me faites surtout pas le coup du : « Si nous démissionnons, allons-nous mourir de faim ? Nous avons aussi des enfants » !
Aucun d'entre vous ne mourra de faim.
Vous quitterez la magistrature et le parquet pour devenir avocats.
Mais vous inscrirez votre nom dans l'histoire juridique de ce pays.
*
Le jour est venu de démissionner !
Videz les tribunaux…
Videz-les pour que nous puissions voir qui est un vrai juriste et qui est un juge de Sa Majesté !
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