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L'hostilité de Bahçeli envers les femmes journalistes !

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Pelin Zengin, journaliste pour Lider Haber, a posé une question extrêmement claire au président du MHP, Devlet Bahçeli, en rappelant le meurtre de la petite Narin à Diyarbakır et le cas de la petite Sıla, âgée de 2 ans, victime de coups et d'abus sexuels :

« Avez-vous l'intention de mettre la peine de mort à l'ordre du jour des travaux sur la nouvelle Constitution afin de prévenir ce type de crimes ? »

***

Que vous soyez opposé ou favorable au rétablissement de la peine de mort, ce n'est pas le sujet ici. La question est claire…

Le travail d'un journaliste, contrairement à ce que font ces intervenants qui squattent les écrans en prétendant « tout savoir sur tout », n'est pas de donner des leçons, mais de poser des questions.

La réponse donnée par un Devlet Bahçeli visiblement irrité est la suivante :

« N'essayez pas de tromper avec des questions aussi perverses et déplacées. Le peuple turc n'a plus de quoi en être offensé, il a désormais de quoi en avoir honte. »

***

Qu'avez-vous compris de cette réponse ?

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je n'ai rien compris.

Je suis certain que, comme moi, vous avez dû relire la phrase ci-dessus plusieurs fois pour tenter de la saisir…

D'ailleurs, comment une question peut-elle être « perverse » ?

Et puis, qu'a donc dit notre consœur Pelin, une journaliste pourtant très courtoise ?

Elle a simplement demandé à un homme politique, qui clame à tout bout de champ vouloir rétablir la peine de mort, s'ils allaient prendre de nouvelles mesures à ce sujet après ces deux récents drames ; c'est tout !

***

En somme, elle n'a pas interrogé Devlet Bey sur sa vie privée…

Elle n'a pas évoqué les rumeurs de cassettes compromettantes concernant des politiciens…

Elle n'a pas rappelé le souvenir des membres du MHP dont les images avaient circulé par cassettes entières il y a des années…

Elle n'a pas cherché à savoir pourquoi il a opéré un virage à 180 degrés en neuf ans…

Elle a simplement demandé :

« Allez-vous mettre la peine de mort à l'ordre du jour ? »

***

Nous sommes journalistes ; on nous appelle aussi les « boucs émissaires » !

Autrefois, on appelait « abalı » (ceux qui portent une cape en laine) les pauvres qui se battaient avec les riches à cause de leurs vêtements… Ceux qui s'immisçaient dans les bagarres entre ces deux groupes frappaient les « abalı » plutôt que les « kaftanlı » (ceux qui portent des caftans), afin de ne pas avoir d'ennuis tout en recevant des bourses d'or de la part des puissants…

De nos jours, c'est Devlet Bahçeli qui pratique cela le plus. Dès qu'il voit un journaliste poser une « vraie question »…

Surtout si ce journaliste est une femme, il commence à gronder.

Vous vous souvenez sans doute que le 24 janvier 2023, il avait repoussé le micro de notre consœur Yıldız Yazıcıoğlu, qui tentait de l'interroger sur l'assassinat de Sinan Ateş, en lui lançant : « Allez, occupe-toi de tes affaires, allez, occupe-toi de tes affaires ».

Pourtant, Mme Yıldız ne faisait que son travail.

***

Est-ce la première fois que les journalistes subissent ce genre d'incidents ?

Non…

Mais par le passé, après un comportement aussi déplacé envers l'un de nos confrères, nos organisations professionnelles se seraient soulevées.

Des centaines de journalistes se seraient rassemblés pour remettre à sa place le politicien qui aurait dépassé les bornes…

Aujourd'hui, il ne reste plus ni organisation professionnelle, ni éthique, ni solidarité !

Celui qui est bousculé reste bousculé, celui qui est grondé reste grondé.

***

Devlet Bey…

Nous savons que vous n'aimez pas les journalistes, et encore moins nos consœurs que vous méprisez, bousculez et insultez…

Pour être honnête, on ne peut pas dire que je vous porte dans mon cœur non plus…

En fait, je vous considère même comme le principal responsable de tous les malheurs qui nous sont arrivés au cours de la dernière décennie.

Chaque fois que je vois votre visage empreint de haine sur l'écran ou que j'entends votre voix discordante, il m'arrive même de ne pas pouvoir me retenir !

Par ailleurs…

Nous, journalistes, et vous, politiciens, ne sommes pas obligés de nous aimer !

Mais votre position exige au moins que vous établissiez une relation « humaine » et « respectueuse ».

***

Je ne connais ni Yıldız, que vous avez bousculée par le passé, ni Pelin, que vous avez accusée hier de poser des « questions perverses ».

La seule chose que je sais, c'est que toutes deux ont été victimes de votre « harcèlement et de votre mobbing » alors qu'elles essayeient simplement de faire leur travail.

Voyez-vous, je ne vous menace pas comme vous le faites ; je vous mets simplement en garde, ouvertement :

Si un jour vous tombez sur un confrère ou une consœur au caractère bien trempé qui vous rend la pareille, vous serez bien surpris…

Peut-être qu'ainsi, vous apprendrez la leçon de votre vie et ne donnerez plus jamais de réponses impolies et déplacées à aucun de nos confrères, mais vous ferez aussi la une de toutes les télévisions du monde !

C'est mon conseil…

Je ne me mêle pas de vos affaires, mais…

Maîtrisez vos mains et votre langue, et sachez rester à votre place !