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Le politicien balatro

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On appelle « bouffons » les personnes qui cherchent à amuser le public en faisant principalement de la « comédie de situation » ; c'est-à-dire en tombant, en se relevant, en faisant des culbutes ou en tirant la langue.

Il existe aussi des bouffons de cour :

La mission de ces individus n'est pas de divertir le peuple, mais les invités ou le souverain dans les cours royales !

Ce sont des « membres de la cour ».

Ils gagnent de l'argent à la cour, y mangent et y boivent, et accourent pour satisfaire le roi dès qu'il le demande !

En latin, on les appelle « balatro ». Leur seule différence avec les bouffons est qu'ils exercent ce métier de manière professionnelle, c'est-à-dire en étant rémunérés.

Le roi Henri VIII d'Angleterre avait engagé un bouffon nommé Will Sommers. Sa fille Marie, quant à elle, avait un balatro nommé Jane Foole.

***

À l'époque post-classique, les bouffons et les balatros portaient généralement des vêtements aux couleurs vives, ainsi que des chapeaux aux motifs et aux formes étranges.

Ils possédaient des talents très variés.

Ils chantaient, dansaient, racontaient des histoires et réalisaient des numéros d'acrobatie.

Certains sortaient même des lapins de leur chapeau, tout comme certains de nos politiciens.

Aujourd'hui, ils s'habillent de manière très sérieuse, et portent même la cravate !

Alors que les bouffons vivaient des quelques pièces données par le peuple, les balatros divertissaient leur public contre des salaires élevés et gagnaient des bourses d'or lors de riches réceptions auxquelles ils participaient avec l'autorisation de la cour…

***

Chez nous, c'est-à-dire dans l'Empire ottoman, la bouffonnerie de cour ne s'est jamais institutionnalisée.

À la place, c'est la « flagornerie » (dalkavukluk) qui s'est développée.

La flagornerie était un titre officiel dans l'Empire ottoman

Chaque responsable de la cour, y compris le sultan, avait nécessairement son flagorneur.

Leur seule mission était de louer la personne qu'ils servaient, même si elle commettait une erreur, et de la porter aux nues !

***

Vous aurez deviné la raison pour laquelle j'énumère ces informations encyclopédiques :

Le président du MHP, Devlet Bahçeli, lors de la réunion de groupe de son parti hier, en faisant référence aux présentateurs de Halk TV, Şule Aydın, Timur Soykan, Barış Pehlivan et Murat Ağırel, qui continuent de poser des questions sur le meurtre de Sinan Ateş, a déclaré exactement ceci :

« Nous ne laisserons pas de hibou hululer à notre porte, et nous arracherons les ailes des vautours qui battent des ailes. Je m'adresse d'ici à Halk TV et au Parti républicain du peuple (CHP) : faites attention à vous. Vous ne pouvez pas interroger le MHP avec quatre journalistes bouffons, nous ne le permettrons pas. »

***

Ces jeunes sont tous des journalistes au cœur de lion, précieux comme des diamants et dotés d'une éthique professionnelle…

Les bouffons font rire le peuple, tandis que les bouffons de cour, c'est-à-dire les balatros, font rire ceux qui sont à la cour !

Ces jeunes, eux, ne font pas rire le peuple ; au contraire, avec les dossiers qu'ils publient chaque mardi soir, ils nous fendent le cœur.

De plus, ils n'ont aucun lien ni aucune relation avec le Palais !

Ils ne font pas de culbutes, ils ne font pas d'acrobaties.

À mon avis, ce mot sied le mieux à Devlet Bey.

Car dans les moments les plus difficiles, il accourt au Palais comme un Hızır pour porter secours à Erdoğan, le faisant bondir de joie.

Si l'on parle d'acrobaties, il surpasse tout le monde…

Depuis huit ans, il fait de telles culbutes que les jeunes de notre équipe nationale de gymnastique passeraient pour des stagiaires à côté de lui…

***

C'est pourquoi je pense que le terme « bouffon » utilisé par Bahçeli ne correspond pas vraiment à nos jeunes journalistes.

Par ailleurs, ne sous-estimons pas la bouffonnerie ou le métier de balatro ; c'est un travail très difficile et exigeant.

C'est d'ailleurs Bahçeli qui le sait le mieux !