En lisant « Second Homme » dans le titre, vous avez pensé à İsmet İnönü, n'est-ce pas ?
L'un des fondateurs de la République de Turquie, notre deuxième président, compagnon d'armes et de cause d'Atatürk…
Je m'incline devant lui avec respect, mais… Bien sûr, il y a eu des situations où il a dit des absurdités ou a été contraint d'en dire.
Par exemple, sa décision de passer au système multipartite avant l'heure, sous la pression incroyable de Celal Bayar et Adnan Menderes…
Atatürk ne savait-il pas comment faire cela ?
N'aurait-il pas pu ajouter une septième flèche aux principes du CHP ?
N'a-t-il pas essayé ?
Il le savait, bien sûr ; et il a essayé…
Mais il a compris que pour que cela se réalise, il fallait d'abord que le peuple atteigne un certain niveau d'éducation et de culture, et qu'il se libère de l'influence des pèlerins, des hodjas et des fanatiques religieux.
İnönü, malheureusement, n'a pas pu résister aux pressions à ce sujet et, en faisant passer au système multipartite un pays dont la population n'avait pas encore suffisamment bénéficié d'une éducation moderne, il est peut-être devenu le premier responsable de ce que nous vivons aujourd'hui.
*
Cependant, le « Second Homme » auquel je fais référence n'est pas lui…
Le « Second Homme » dont je parle est une personne nommée Cevdet Yılmaz, qui ne lui arrive pas à la cheville en matière d'homme d'État…
C'est-à-dire l'actuel vice-président de la République…
Hier soir, lors des discussions sur le 12e Plan de développement à la Commission du plan et du budget de la Grande Assemblée nationale de Turquie, il a répondu à des questions sur le problème migratoire et a déclaré : « La Turquie a besoin d'une immigration régulière »…
Comme si les problèmes causés par les millions de migrants dans notre pays ne suffisaient pas, il en a demandé davantage…
Qu'est-ce que c'est ? Le désir de nos citoyens de travailler dans des environnements plus difficiles comme la construction, l'industrie ou l'exploitation minière serait en baisse…
Voilà ; il y aurait besoin de migrants étrangers pour travailler dans ces secteurs…
Il a même apporté sa propre preuve :
« L'autre jour, notre président de la Chambre d'industrie d'Ankara (Seyit Ardıç) est venu me voir et m'a dit : "Nous cherchons 100 ouvriers, nous en trouvons 70, nous n'en trouvons pas 30". Tout le monde sait que nous ne trouvons pas de bergers dans les zones rurales. Les dirigeants du Syndicat des employeurs des produits pétroliers sont venus, ils cherchent des pompistes pour remplir les réservoirs dans les stations-service. Ils ont dit : "Envoyez-nous 10 000 personnes demain, nous les ferons travailler, nous n'en trouvons pas". »
*
Monsieur Cevdet Yılmaz, vous moquez-vous de nous ?
Ne savez-vous pas que ce que cherchent ces messieurs qui viennent vous voir pour se plaindre de ne pas trouver d'ouvriers, ce ne sont pas des ouvriers, mais des esclaves ?
Ils cherchent des esclaves modernes qui travailleront pour la moitié du salaire minimum fixé par votre gouvernement, et sans assurance sociale.
Ils cherchent des malheureux non syndiqués, incapables de défendre leurs droits, sans aucun souci de sécurité au travail, et qui se contenteront de ce qu'on leur donne…
Et vous, sans faire de recherches ni d'enquêtes, vous transformez cette discussion de café en « politique nationale » et vous tentez de l'exposer au Parlement…
De plus, vous dépassez les bornes en faisant passer le peuple turc au chômage pour des « paresseux » !
Notre peuple est paresseux, notre peuple ne travaille pas alors qu'il y a du travail ; mais les Afghans, les Syriens, les Pakistanais, les Africains, eux, sont travailleurs… C'est ça ?
Allez, je vous en prie !
Puisque notre peuple ne travaille pas, que direz-vous alors des millions de retraités qui sont obligés de travailler et à qui vous avez même refusé la prime de 5 000 lires de la République…
Pourquoi travaillent-ils alors malgré leur âge avancé ?
*
Vous commettez un délit, Monsieur le Second Homme…
Avec ces propos qui font l'éloge de l'emploi de travailleurs clandestins, sans assurance, bien en dessous du salaire minimum et dans des lieux dépourvus de sécurité, vous posez une bombe dans le monde du travail !
Vous encouragez ouvertement le « trafic d'êtres humains » pour que nos enfants deviennent encore plus chômeurs, encore plus affamés et encore plus nécessiteux.
Je vous condamne avec tristesse et fermeté.
Quiconque fera quelques recherches verra et comprendra grâce à quelles compétences supérieures vous occupez ce siège…
Contentez-vous au moins de remplir votre « mission »…
N'insultez pas les travailleurs !
*
Ah ! Et donnez mon nom à ces hommes d'affaires malhonnêtes qui vous disent « Nous ne trouvons personne pour travailler »…
Qu'ils paient le salaire légal et qu'ils souscrivent aux assurances ; je leur trouverai et leur amènerai le nombre d'ouvriers qu'ils souhaitent !
Je les mets au défi !
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