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Monsieur Özgür… Vous devez être à Taksim le 1er mai !

Ne laisse pas l'algorithme choisir tes actualités, décide toi-même ce que tu lis. Ajoute 12punto à tes sources préférées !

Hier, la vie s'est arrêtée à Istanbul, une ville de 17 millions d'habitants.

Car toutes les routes étaient fermées.

De Beşiktaş à Zincirlikuyu…

Des feux de Çatladıkapı à la place Sultanahmet…

De Üçler aux rues Tavukhane, Nakilbent et à la rue Aksakal…

De la rue Tersane à la rue Kemeraltı sur la place de Karaköy…

De la rue Dolmabahçe à Ortaköy…

De la rue Arnavutköy Kuruçeşme à Bebek…

De Baltalimanı à İstinye…

De la rue Katar à la rue Büyükdere…

De là, de nouveau vers Zincirlikuyu…

Du boulevard Barbaros à Beşiktaş…

De la rue Ragıpgümüşpala au pont de Galata…

De la rue Reşadiye à la rue Ankara à Sirkeci…

De la rue côtière Kennedy à Kumkapı…

Sur la rive anatolienne, à Üsküdar, de la rue Kısıklı via le pont Altunizade vers la bretelle d'accès sud de l'autoroute D-100…

Vers la rue Kuşbakışı, depuis le devant de Petrol-İş vers la bretelle d'accès sud de l'autoroute D-100…

De la rue Mahir İz à la rue Tophanelioğlu…

Du front de mer de Kadıköy au complexe sportif Fenerbahçe Şükrü Saraçoğlu…

Toutes les routes, y compris les rues Fener Kalamış, Ahmet Mithat Efendi, Operatör Cemil Topuzlu, Bağdat et le boulevard Çetin Emeç, ont été fermées à la circulation automobile…

Les services de métrobus ont été suspendus.

Le pont du Bosphore (je refuse de l'appeler pont des Martyrs du 15 juillet…) a été mis en vacances.

Ce n'était pas suffisant, même les services de tramway et de ferry ont été interrompus.

Les gens ont été confinés chez eux, les voitures sur la route ont attendu des heures la réouverture des axes…

Mais pourquoi ?

Parce qu'il y avait à la fois la dernière étape du Tour cycliste présidentiel de Turquie et le 19e Semi-marathon d'Istanbul

Nous sommes désormais habitués à ce « brigandage de blocage routier » que nous subissons plusieurs fois par an sous prétexte de promouvoir Istanbul à l'étranger ; nous ne disons rien, nous obéissons aux ordres…

Mais…

*

La préfecture d'Istanbul, qui « verrouille » une ville entière pour des organisations petites ou grandes…

Le ministère de l'Intérieur dont elle dépend…

Et le Président partisan dont il dépend lui-même, pourquoi ne ferment-ils pas à la circulation, une fois par an…

Seulement une zone limitée allant de Şişli

De Beşiktaş

Et de Şişhane jusqu'à Taksim ?

Pourquoi ne permettent-ils pas que la Journée du travail et de la solidarité, devenue fête officielle depuis 2008, mais appelée plus justement Fête du Travail du 1er mai, soit célébrée à Taksim, qui occupe une place très importante dans l'histoire de la classe ouvrière turque ?

Il n'est pas jugé problématique que les associations et fondations religieuses de Bilal Erdoğan organisent un meeting pour la charia à Karaköy, sur le pont de Galata et à Eminönü sous couvert de protester contre Israël

Alors pourquoi, chaque année, en mobilisant des centaines de milliers de policiers, empêche-t-on la célébration du 1er mai à Taksim ?

*

Voulez-vous que je vous dise pourquoi ?

Une démonstration de force…

Le pouvoir veut dire aux millions de personnes unies dans le « travail », le « droit », l'« action commune contre l'exploitation » et la « résistance contre le fascisme et la dictature » : « Regardez, je suis toujours plus fort que vous. Vous ne célébrerez votre fête que là où je le permets et autant que je le permets »…

Mais de quel pouvoir s'agit-il ?

Du pouvoir de l'AKP, désormais relégué au rang de « deuxième parti »…

*

Monsieur Özgür Özel…

Vous passerez votre premier examen sérieux après les dernières élections locales dont vous êtes sorti victorieux, le 1er mai

Si vous ne brisez pas l'interdiction imposée par un pouvoir qui n'en a plus, une interdiction née de la pure arrogance, et si vous ne venez pas à Istanbul avec tous vos députés, vos maires, vos organisations provinciales et de district pour mettre fin à cette imposition, vous provoquerez une immense déception…

S'il vous plaît, soyez à Taksim le 1er mai.

Mettez-vous à la tête de ces millions de personnes et brisez cette imposition totalement arbitraire du pouvoir…

Si vous faites cela, l'espoir perdurera…

Si vous avez peur, si vous reculez ou si vous n'en voyez pas l'utilité…

Vous perdrez très gravement !