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Vous avez décrédibilisé l'État !

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Vous avez sans doute entendu la bonne nouvelle :

Le gouvernement a fait marche arrière concernant la prime de 5 000 livres turques accordée à l'occasion du centenaire de la République, mais dont les retraités actifs avaient été exclus…

Le président Erdoğan a annoncé cette « bonne nouvelle » (!) lors du programme de la Journée des enseignants l'autre soir, déclarant : « Le fait qu'une partie de nos retraités ait été exclue de cette prime était une situation que nous ne trouvions pas équitable non plus. J'ai donné des instructions à nos ministres lors de notre conseil des ministres. Nos ministres ont terminé leurs préparatifs. Nous présenterons la proposition de loi nécessaire au Parlement la semaine prochaine. » 

Il a ainsi annoncé que 4 millions 689 mille retraités supplémentaires bénéficieraient de ces paiements…

*

Très bien, mais…

Pourquoi n'avez-vous pas pris cette décision plus tôt ?

Puisque vous ne trouviez pas équitable de ne pas accorder de prime aux retraités actifs, pourquoi l'avoir permis ?

Vous avez des ministres…

Vous avez des vice-ministres…

Vos directeurs généraux, vos chefs de département…

Et ce n'est pas tout ; dans votre palais, vous avez des conseillers par trois ou cinq sur chaque sujet !

Aucun d'entre eux n'est venu vous dire : « Nous faisons fausse route. Nous spolions les droits de 4 millions 689 mille retraités » ?

D'ailleurs, quel esprit brillant a suggéré de ne pas accorder de prime aux retraités contraints de travailler parce qu'ils n'arrivent pas à joindre les deux bouts ?

*

Gérer un État est une affaire sérieuse.

Ce n'est pas un jeu d'enfant.

Ce n'est certainement pas du « bricolage ».

Il faut faire preuve de plus de prudence lors de la prise de décisions qui concernent de larges pans de la société.

Un zélé va arriver et dire : « Monsieur, vous avez promis une prime, mais l'économie du pays est en difficulté… Les retraités actifs gagnent déjà de l'argent. On peut très bien ne pas leur donner » ; les autres zélés vont hocher la tête, et vous allez répondre : « Très bien, faisons comme ça »… 

Puis, sous la pression des réactions, vous ne pourrez plus tenir et vous ferez marche arrière en disant : « C'était une situation que nous ne trouvions pas équitable non plus »

Vous avez décrédibilisé l'État, Monsieur Erdoğan !

Vous avez même brisé les mécanismes qui fonctionnaient parfaitement. Vous les avez rendus indignes de confiance.

Avec vos députés zélés…

Avec vos ministres godillots…

Avec vos bureaucrates flagorneurs…

Avec vos conseillers serviles…

Avec vos journalistes partisans… Vous avez transformé ce pays en une république bananière !

Vous n'êtes plus capables de faire quoi que ce soit sans erreur ni omission !

Vous en êtes même venus à signer des choses que vous « ne trouviez pas équitables », pour une raison ou pour une autre…

Vous avez jeté une ombre sur la gravité, la justice et la noblesse de l'État centenaire.

Par pur entêtement, vous avez invoqué le « Nas » (précepte religieux) et fait souffrir le peuple…

Puis, en faisant marche arrière, vous avez rendu les bas revenus encore plus amers.

*

Nous sommes lassés de vos pas de danse, Monsieur Erdoğan…

De vos doubles jeux…

De vos actions qui n'inspirent pas confiance…

De votre théâtre du bon et du mauvais flic…

Je sais ; vous n'êtes pas le seul responsable de cet amateurisme et de cette incompétence.

Mais pourquoi ne demandez-vous pas de comptes à ceux qui vous ont trompé et entraîné dans ces erreurs ?

Pourquoi ne les prenez-vous pas avec vous devant les caméras pour dire : « Nous avions agi ainsi, mais nous avons compris que c'était une erreur. Nous nous excusons et nous rectifions le tir. Nous nous séparons également de tels et tels collègues qui nous ont poussés à cette erreur » ?

Au lieu de faire cela, vous vous comportez comme si vous nous « faisiez une faveur » ou « annonciez une bonne nouvelle »

En nous rendant notre argent, qui nous est dû autant que le lait maternel, vous nous placez dans la position d'un mendiant devant la mosquée Yeni Cami !

*

Je sais que vous ne m'écouterez pas, mais…

Nous en avons par-dessus la tête, Monsieur le Président !

Nous sommes très contrariés…

À l'exception de quelques millions de fanatiques et de vos mercenaires, nous tous

nous vous critiquons partout !

Et pas seulement dans votre dos, regardez, nous le disons ouvertement :

Vous n'êtes pas un sultan et nous ne sommes absolument pas vos sujets…

Dites à vos acrobates au palais de faire leur travail correctement !