La réunion annuelle des doyens des facultés de communication s'est tenue la semaine dernière à Çanakkale. Organisée par la Faculté de communication de l'Université Çanakkale Onsekiz Mart, cette rencontre a rassemblé les doyens des facultés de communication de Turquie et de la République turque de Chypre du Nord. Comme chaque année, la présidente de l'Association de recherche en communication (İLAD), la Prof. Dr. Aysel Aziz, et la secrétaire générale de l'association, Füsun Özbilgen, étaient présentes. Par ailleurs, l'Union professionnelle des radiodiffuseurs et télévisions (RATEM) a également pris une part active à la réunion en organisant une session dédiée.
L'un des aspects les plus marquants de cette réunion a été la participation de Çiğdem Savaşçıoğlu, conseillère presse et relations publiques du Conseil de l'enseignement supérieur (YÖK), qui a prononcé un discours informatif sur les travaux de communication scientifique lancés par le YÖK cette année. Les universités ne sont pas seulement des lieux d'enseignement, ce sont aussi des institutions productrices de savoir. Cependant, il est crucial que les résultats scientifiques ne restent pas confinés aux campus universitaires, mais soient partagés avec les différentes strates de la société pour se transformer en contribution sociale. Il est essentiel pour le développement des sociétés et le progrès de l'humanité que la science imprègne les pratiques de la vie quotidienne, et que le jargon scientifique soit intégré au langage et au discours du public pour le façonner. Çiğdem Savaşçıoğlu a souligné que les « Cafés des sciences », dont la création est prévue dans toutes les universités, joueront un rôle clé à cet égard. Le projet de Café des sciences semble prometteur pour favoriser la diffusion de la science auprès du public, encourager une interaction plus étroite entre les universités et la société, permettre une résolution conjointe des problèmes et construire l'avenir à la lumière de la science. Je pense que l'engagement des doyens des facultés de communication sur ce sujet et leur sensibilité ont apporté une valeur ajoutée supplémentaire à la réunion du Conseil des doyens des facultés de communication (İLDEK) de cette année.
L'un des points importants abordés lors de la réunion de l'İLDEK a été l'intégration de cours liés à l'intelligence artificielle dans les programmes des facultés de communication. Que nous le voulions ou non, la technologie de l'intelligence artificielle s'immisce rapidement dans nos vies. Tous les secteurs professionnels et domaines d'activité ont commencé à examiner leur avenir sous l'angle de l'intelligence artificielle. Le domaine de la communication est celui qui sera le plus rapidement et le plus intensément touché par cette tendance. On estime que l'intelligence artificielle jouera un rôle dans tous les processus de production de l'information, de la collecte des données à la rédaction et à la présentation des nouvelles. D'ailleurs, de nombreux médias ont déjà commencé à exploiter les possibilités offertes par l'IA. Il est certain que dans un avenir proche, l'intelligence artificielle sera intégrée à tous les processus de production de tous les médias. Cela apportera certainement des avantages : une accélération des flux de travail, une utilisation plus efficace du temps et un accès plus rapide aux données constituant l'infrastructure informationnelle des nouvelles. La question de savoir ce qu'il adviendra des journalistes occupe beaucoup les esprits. C'est précisément à ce stade qu'il devient crucial de mettre à jour la formation en communication en se concentrant sur l'intelligence artificielle. Une planification nécessaire doit être effectuée sans tarder pour ne pas être pris au dépourvu.
La technologie évolue très rapidement. Nous ne devons pas attendre qu'elle s'adapte à nous, mais nous devons nous adapter à elle. Pour cela, nous devons former des générations capables d'agir rapidement. Face à une technologie qui se développe à une vitesse défiant les limites de la raison, il est peut-être nécessaire de former des générations capables de penser vite, de comprendre rapidement, d'analyser avec célérité et précision, de planifier et d'agir promptement. Essayer de dispenser une formation pour chaque nouvelle technologie n'est pas la solution au problème. Cela pourrait ne pas être réalisable, tant en termes de temps que de ressources humaines disponibles pour enseigner. En revanche, il est possible de former des individus dotés des qualités et des compétences nécessaires pour s'adapter au changement et s'intégrer rapidement aux évolutions. Pour le dire plus concrètement, introduire des cours qui sensibilisent à l'intelligence artificielle et fournissent une compréhension fondamentale serait une bonne manière d'orienter la boussole.
L'entrée en jeu de la technologie de l'intelligence artificielle entraînera des changements profonds dans le domaine de la communication, comme dans de nombreux autres secteurs professionnels. Les journalistes de demain délégueront peut-être la majeure partie du travail à l'intelligence artificielle. Pour les professionnels de la télévision de demain, l'IA sera un domaine de soutien important. Les cinéastes de demain réaliseront peut-être, grâce aux possibilités de l'IA, des films que nous ne pouvons même pas imaginer aujourd'hui. Les gestionnaires de la perception de demain développeront peut-être des techniques de propagande bien plus sophistiquées grâce aux capacités de l'IA.
Cependant, quel que soit le degré de progression de la technologie, le contrôle restera, comme par le passé, entre les mains de l'humain. La technologie est très importante, mais le rôle de celui qui l'utilise et l'exploite sera bien plus déterminant. N'oublions pas que la technologie n'est qu'un appareil. Un outil produit et développé par l'homme. L'utilisateur et le gestionnaire sont des humains. Par conséquent, c'est toujours l'humain qui est déterminant. Ainsi, pour que l'outil soit utile et utilisé dans la bonne direction, il est nécessaire de former correctement le facteur déterminant, c'est-à-dire l'humain. Et pour cela, il faut une éducation adéquate.
Quel que soit le domaine professionnel, pour former des professionnels qualifiés, il faut avant tout former des individus analytiques, dotés de connaissances, capables de questionner, de critiquer, et possédant une compréhension et une perception développées. Une personne possédant ces caractéristiques sera déjà capable de répondre aux exigences de sa profession. Si l'on forme une main-d'œuvre qualifiée et des professionnels compétents, quelle que soit la rapidité des avancées technologiques, ils sauront s'y adapter. Le point essentiel dans la formation en communication est de former des professionnels analytiques, critiques, dotés d'une grande conscience, entreprenants et capables d'agir rapidement.
La priorité est la qualité humaine, le reste n'est que détail.
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