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Atatürk, l'opinion publique et la liberté

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La philosophie fondatrice d'un État et la gestion d'un pays ne peuvent être abordées indépendamment de son histoire, de sa géographie, de son économie, de sa structure sociale, de sa culture et de ses relations de classe. En somme, selon la définition de notre grand leader Gazi Mustafa Kemal Atatürk, « l'essentiel est le front intérieur », et la culture, les traditions, les coutumes, les mœurs, la conception de l'art d'une société, bref, tout cela constitue les valeurs intérieures de cette société.

Lorsqu'il est question de civilisation, les qualités techniques, les découvertes scientifiques et les progrès l'emportent aux côtés des valeurs universelles. Ceux-ci sont également transmis d'une société à l'autre.

À partir de ces brèves définitions, une chose est certaine : la République fondée par Atatürk est, pour nous, synonyme de modernisation, de lumières et de construction nationale. C'est la patrie, c'est la citoyenneté. La République est, pour nous, également une définition de la culture et de la civilisation.

Pourquoi ? Expliquons brièvement…

Pour nous, être citoyen de la République apporte une grande confiance en soi, mais soulève également une grande ambition. De plus, elle nous impose à tous une grande responsabilité, et ce, à une échelle universelle. Car la République recherche ce qu'il y a de plus qualifié, de plus beau, de plus juste, de plus avancé et de meilleur. Car la République prend la raison et la science pour guides.

La République est, pour nous, également synonyme de paix. Car les enfants de la République ont grandi avec les souvenirs de guerre de leurs pères, avec les épopées guerrières de leurs grands-pères, en ont toujours été fiers et, forts de cette expérience, ont toujours défendu la paix. Car ceux qui ont fondé la République, Atatürk et ses compagnons d'armes, sont des héros qui connaissaient le mieux la guerre, qui ont combattu sur les fronts et qui ont mûri dans les conflits. En dehors de la défense de la patrie, ce sont eux qui ont le mieux appris que la guerre est un crime, et ce, sur les champs de bataille.

C'est pour cette raison qu'Atatürk a déclaré : « Paix dans le pays, paix dans le monde ». Il croyait que ce n'est pas la guerre, mais la paix qui sauverait notre pays et l'humanité.

Atatürk, dans une interview accordée au journal Minber le 16 décembre 1918, a déclaré : « J'admets que la meilleure politique consiste à être le plus fort dans tous les sens du terme. Ne croyez pas que par "être le plus fort", je fasse uniquement référence à la force des armes. Au contraire, bien que je sois un soldat, cette force est, à mon avis, le dernier des éléments qui composent cet ensemble. Ce que je veux dire, c'est être fort moralement, scientifiquement, sur le plan éthique et technique. Même si l'on supposait que tous les individus d'une nation dépourvue de ces qualités étaient équipés des armes les plus modernes, il ne serait pas juste d'admettre qu'elle est forte ».

Atatürk, le 25 mars 1922, a déclaré ce qui suit au Parlement concernant la liberté de la presse et l'importance de l'opinion publique : « Une communauté sociale possède des sentiments et des idées communs et généraux. Les valeurs, le niveau de civilisation, les désirs et les tendances des communautés sociales ne peuvent être compris qu'à travers le degré d'expression et de manifestation de ces sentiments et idées généraux. Pour ceux qui dirigent une communauté sociale, pour les amis ou les ennemis qui sont en position de juger le destin de cette communauté, la mesure est le talent et la valeur qui apparaissent dans l'opinion publique de cette communauté. C'est pourquoi les nations doivent faire connaître leur opinion publique au monde. Connaître l'opinion publique mondiale est nécessaire pour organiser la vie. Le premier et le plus important des outils existants à cet égard est la presse. La presse est la voix commune de la nation. Pour éclairer une nation, pour lui montrer le droit chemin, pour donner à une nation la nourriture intellectuelle dont elle a besoin, en somme, pour assurer la croissance d'une nation dans une direction commune vers le bonheur, la presse est en soi une force, une école, un guide ».

Atatürk, le 4 décembre 1923, c'est-à-dire peu après la proclamation de la République, a attiré l'attention sur ce point dans une interview accordée au journal Tercüman-ı Hakikat : « La République est en faveur de la liberté d'opinion. Nous respectons toute opinion, à condition qu'elle soit sincère et légale. Chaque conviction est pour nous respectable ».

Atatürk, le 14 octobre 1925, en répondant aux questions des élèves de l'École normale de filles d'Izmir, a déclaré : « La République est un gouvernement fondé sur la vertu morale ».

Atatürk, dans une déclaration faite au journal Vossische Zeitung le 24 avril 1930, a affirmé : « On ne fonde pas une souveraineté sur la peur. Une souveraineté basée sur les canons ne survit pas. Une telle souveraineté, voire une dictature, n'est nécessaire que pour une période temporaire, lors d'une révolution ».

En somme, Atatürk, qui définissait la République comme une vertu et la qualifiait notamment de « protectrice des sans-abri », a également souligné l'importance de la vertu, de la morale, du savoir, de la conscience, du bien commun, de l'intérêt public et de la liberté de pensée.