Trouvez les actualités publiées dans la plage de dates ci-dessous
et et
et et
et et
Effacer
Euro
Arrow
53,9958
Dollar
Arrow
47,3674
Livre sterling
Arrow
62,8837
Or
Arrow
6169,1131
BIST 100
Arrow
10.729

République et féodalisme

Ne laisse pas l'algorithme choisir tes actualités, décide toi-même ce que tu lis. Ajoute 12punto à tes sources préférées !

La République de Turquie a été fondée à l'issue d'une guerre d'indépendance anti-impérialiste. C'est pourquoi, par son processus de fondation, ses cadres fondateurs et les valeurs qui lui donnent son essence, elle est anti-impérialiste.

Elle s'oppose également à l'oligarchie, qui signifie le pouvoir d'un groupe détenant la puissance économique, politique, sociale et culturelle.

Le féodalisme est le collaborateur et le satellite de l'impérialisme. Il défend les valeurs, les concepts et les relations du Moyen Âge. Il est l'allié de l'oligarchie et de l'impérialisme. C'est ainsi, en théorie comme en pratique.

Par exemple, les partis pro-américains et pro-européens de notre pays sont ceux qui s'appuient soit sur la réaction religieuse, soit sur le séparatisme ethnique. Ces partis, qui cherchent des solutions non pas à Ankara mais à Washington ou à Bruxelles, non seulement dans la politique intérieure mais aussi dans la politique étrangère, ont apporté le plus grand soutien à l'invasion de l'Irak par les États-Unis et ont assumé des rôles dans le Grand Moyen-Orient. Ils ont tenté de masquer cela par des discours « libertaires, démocrates et civils ».

La République transforme la société en nation. Le féodalisme, quant à lui, définit la nation par des sous-identités, des appartenances ethniques ou confessionnelles. C'est l'une des raisons de l'hostilité des marchands de religion et des séparatistes envers la République. C'est pourquoi ils ne peuvent tolérer l'étatisme de la République, non seulement au sens économique, mais aussi au sens politique. Car la République sait que si l'État s'affaiblit, la nation s'affaiblit aussi, et que si l'État ne survit pas, la nation ne peut pas survivre non plus.

Pour un républicain, sans développement planifié, il n'y a ni industrialisation, ni croissance, ni alimentation, ni santé, ni éducation, ni justice. Car il sait que lorsque l'État rétrécit, les tribunaux grandissent.

La démocratie n'est pas neutre. Elle est partisane en faveur de la République. La démocratie ne peut naître des institutions médiévales ; de là, ce sont des cheikhs, des chefs de tribus, des confréries, des communautés et des relations ethno-féodales qui sortent des urnes. Cela ne rend pas la nation souveraine.

La République est révolutionnaire, populiste, étatiste, égalitaire, publique, sociale, nationale et éclairée. Pour cette raison, elle est radicalement opposée au féodalisme. Elle ne pense pas comme les libéraux ou les conservateurs d'aujourd'hui qui font des compromis avec le féodalisme.

Elle s'oppose à ce que le citoyen soit abandonné à son sort. C'est pourquoi elle ne fait pas de compromis avec ceux qui prônent le darwinisme social, ni avec ceux qui considèrent le concept d'État social comme une entrave à l'ordre divin. Elle ne fait pas de compromis avec ceux qui réduisent la vie sociale à la règle de l'efficacité économique. Elle ne fait pas de compromis avec ceux qui soutiennent que les pauvres, les vaincus, les opprimés, les exclus et les perdants méritent leur sort.

Le féodalisme ne s'oppose pas au fatalisme. Il n'y a pas de contradiction entre le capitalisme et le néolibéralisme, le néoconservatisme ou le postmodernisme. Mais il existe une contradiction entre la République et le féodalisme, entre le libéralisme et le conservatisme.

La République ne regarde pas la religion, la confession, le sexe, la sous-identité ou l'origine ethnique de son citoyen. Selon la République, le citoyen, qui est la partie prenante du contrat social, possède des libertés, des droits, des devoirs et des responsabilités qui découlent uniquement et exclusivement de sa qualité de citoyen.

La République est sociale et populiste. Elle n'est pas individualiste. Elle ne sacralise pas l'économie de marché à tout prix.

Elle comprend qu'on ne peut être libertaire sans fonder la contradiction entre oppresseurs et opprimés sur une base de classe. Plus important encore, la République sait que là où l'État social est absent, l'égalité, la liberté et l'État de droit ne peuvent survivre.