Le secteur de l'ingénierie est tombé dans un sérieux gouffre financier. Tant dans le secteur public que privé, les ingénieurs tentent de survivre avec des revenus proches du seuil de pauvreté.
Une telle charge de travail, de longues heures supplémentaires et de lourdes responsabilités pour un tel salaire créent une erreur dans l'algorithme. Ils doivent user de mille stratagèmes pour boucler la fin du mois avec des salaires qui atteignent à peine le niveau de ceux d'un agent de police municipale titulaire du baccalauréat.
Alors que l'on espérait que les investissements dans la construction lancés dans la région après le séisme de Maraş amélioreraient la situation des ingénieurs, c'est tout le contraire qui s'est produit. Tandis qu'un énorme déficit est apparu dans les domaines des matériaux, de l'équipement et de la main-d'œuvre qualifiée (maîtres, contremaîtres, techniciens), l'excédent d'ingénieurs a provoqué une situation inverse concernant les salaires.
Alors que les salaires des maîtres et des ouvriers ont atteint 60 000 à 70 000 lires par mois, ceux des ingénieurs n'ont même pas atteint la moitié de ce montant.
Parce qu'il n'y a pas assez de maîtres, mais trop d'ingénieurs.
Si le fait que les maîtres et les ouvriers perçoivent des salaires aux normes européennes nous réjouit tous, les rémunérations des ingénieurs, qui ne représentent même pas deux fois le salaire minimum, ont engendré lassitude et désespoir dans le secteur.
La courte histoire ci-dessous explique la situation plus clairement.
Quiconque a vécu dans les villages forestiers d'Anatolie ou a des connaissances parmi les villageois forestiers sait que l'aura d'un « agent forestier » dépasse même celle d'un sous-préfet. La population ne craint ni le sous-préfet ni le préfet, mais ne jure que par le forestier. Lorsqu'ils voient le forestier, ils rajustent leurs vêtements, retirent leur casquette, se mettent au garde-à-vous et saluent. Il est même arrivé qu'un sous-préfet, voyant que personne ne s'intéressait à lui lors d'une visite au village, lance : « Si seulement tu avais fait un peu plus d'études pour devenir forestier ».
Car pour construire sa maison ou son toit, le villageois n'a d'autre matériau que le bois de la forêt. Il doit donc, par mille ruses, couper du bois illégalement — même s'il s'agit de sa propre forêt — et, sans se faire prendre par le forestier, le transformer en bois d'œuvre pour l'utiliser dans la construction de sa maison.
S'il se fait prendre, en vertu du « code forestier », il ne pourra s'en sortir sans vendre tout ce qu'il possède, comme un mouton sacrifié pour sauver sa peau. Et encore, s'il a de la chance.
Des années d'études, l'argent dépensé, les sacrifices des familles — ce dévouement rare dans le monde où les parents se disent « peu importe si je reste affamé, pourvu que mon enfant mange » —, les nuits blanches durant les périodes d'examens, et le niveau de cortisol et d'ocytocine qui augmente à l'approche des dates de rendu de projets : tout cela explique clairement, au vu des résultats des concours universitaires, le désintérêt croissant des jeunes pour l'ingénierie.
À notre époque, nos universités les plus prestigieuses, qui recrutaient parmi les mille premiers étudiants, peinent désormais à attirer des élèves classés dans les 50 000 premiers.
Les plus lus
Enquête sur une « agence de casting » lors d'un événement du CHP
Réponse du YENİ Parti à Uçum
Le « brouillon » de Lausanne de la présidence... Le nouveau parti d'Özgür Özel...
Si vous n'aviez pas d'argent, vous ne pouviez pas vous faire soigner ; désormais, vous ne pouvez même plus devenir médecin
Qu'ont-ils exigé d'İsmet Pacha à Lausanne ?
Les « Sultanes du Filet » sont championnes de la Ligue des Nations FIVB 2026 !
Allégation de « démission de 10 députés » au sein du YENİ Parti
Le problème des missiles de la marine américaine à l'ombre de la guerre contre l'Iran
Le suspect ayant tué trois personnes à Adana a été incarcéré
Révélation fracassante sur la polémique des figurants au CHP !