Les résultats des élections sont connus. Ainsi, la « situation » qui plongeait le peuple dans le désespoir depuis des années et qui causait continuellement la défaite de l'opposition a été mise en lumière.
Il s'avère que le peuple cherchait un homme à qui donner sa voix, et une fois cet « homme » trouvé, il a voté.
L'élection peut être analysée sous de nombreux angles, mais à mon avis, le résultat le plus important est que le CHP soit devenu le premier parti à l'échelle de la Turquie. Le CHP est devenu le premier parti en Turquie après 47 ans. À mon sens, le premier facteur ayant conduit à cette situation est le changement survenu au sein du CHP. Avec ce changement, le CHP est devenu un espoir pour le peuple. Le peuple a cru, avec Özgür Özel, Ekrem İmamoğlu, Mansur Yavaş et tant d'autres militants dévoués au CHP, que la Turquie pouvait se normaliser en revenant aux valeurs fondatrices de la République.
Rappelons-nous, lorsque je formulais des critiques ici, j'expliquais qu'« il n'est pas possible pour la Turquie de se normaliser sans reconquérir le CHP ». Ce qui était présenté comme le « nouveau CHP » était en réalité un éloignement du CHP de ses propres valeurs fondatrices. Éloigner les kémalistes et les patriotes du CHP, et marcher depuis 2010 aux côtés des « seconds républicains », des islamistes politiques, des sympathisants du PKK, des membres de confréries, des défenseurs de thèses génocidaires et des partisans de Soros, a fait perdre 15 ans au CHP. Le CHP ne peut gagner que s'il se présente aux élections avec sa propre identité. Le CHP, qui disait lors des élections présidentielles que « notre candidat est l'islamiste politique Ekmeleddin İhsanoğlu », ne pouvait pas être le vrai CHP. J'espère qu'à ce jour, cette situation sociologique a été comprise et que cette approche politique sans identité a été abandonnée. Il ne faut jamais oublier que, sur ce chemin, 14 élections ont été perdues au vu et au su de tous.
Bien entendu, cette situation a également rendu le pouvoir arrogant. Une perception selon laquelle « quoi que je fasse, je ne perdrai pas les élections » s'est installée. Pour cette raison, le pouvoir a perdu son respect pour la Constitution et les lois, et la Turquie est devenue méconnaissable. Le pouvoir a pu devenir assez téméraire pour déclarer le CHP, parti fondateur de la Turquie, comme un parti lié au terrorisme. Cependant, le peuple a répondu en disant « cela va trop loin » et en faisant du CHP le premier parti de Turquie lors de cette élection.
Enfin, il est nécessaire de bien connaître le passé. Le crédit du peuple n'est pas infini. Le CHP doit consolider cet intérêt qui lui est porté en travaillant davantage et en réussissant brillamment dans les municipalités locales. Sinon, ce qui s'est passé en 1994 après 1989 est là pour nous le rappeler. Il doit rendre visible l'importance qu'il accorde aux concepts de droit, de justice et d'équité dans les municipalités locales, et démontrer qu'il est prêt à gouverner la Turquie. Le chemin est long. Il reste encore beaucoup à faire.
En espérant une période où tout sera bien meilleur...
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