LA PIERRE EST LOURDE À SA PLACE-133. N'OUBLIONS PAS, NE LAISSONS PAS OUBLIER.
L'Autel de Zeus de Pergame est l'une des œuvres les plus magnifiques issues de l'esprit et de la main de l'homme.
Une structure aussi détaillée et pourtant simple, tout en étant si élégante et séduisante, est extrêmement rare dans l'histoire de l'humanité et de l'art.
Bien qu'il ait été construit il y a 2200 ans, les reliefs sculpturaux et les frises qui recouvrent les murs extérieurs et intérieurs repoussent les limites de ce que le talent et l'effort humains peuvent atteindre.
Les images sur ces frises nous racontent également de nombreuses histoires.
Au-delà de sa grandeur dans les arts plastiques, l'Autel de Zeus de Pergame est une œuvre qui possède une narration et des messages.
Couvrant une superficie d'un hectare et haut comme un immeuble de quatre étages, cette structure a apporté un nouveau style à l'architecture avec sa forme en fer à cheval ou en faucille.
Ce design très fonctionnel est aujourd'hui utilisé dans de nombreux domaines.
La divinité représentée dans les images sculpturales des frises de la surface extérieure contient un dynamisme formidable.
Les expressions de douleur, de colère, d'ambition et de peur sur les visages des statues ont influencé de nombreux courants artistiques, du baroque au gothique, jusqu'à nos jours.
L'Autel de Zeus de Pergame se trouve en Anatolie : il a été construit il y a environ 2200 ans sur l'Acropole de Pergame/Bergama, par les habitants de Pergame, pour les habitants de Pergame, par des concepteurs, des artistes et des artisans anatoliens.
Pendant des centaines d'années, depuis l'Acropole/la colline de Pergame, il a contemplé la plaine verdoyante de Bakırçay à ses pieds et la mer Égée, non loin de là.
Il a répondu aux besoins de croyance des habitants de Pergame de l'époque.
Car il avait été construit au nom de Zeus, le plus grand dieu, le dieu des dieux, de la croyance des peuples de la région de la mer Égée à cette époque.
C'était le lieu où l'on offrait des sacrifices au dieu suprême.
Puis, avec l'usure du temps, par la main de fanatiques chrétiens et les attaques de pillards vandales, il a été détruit.
Une partie a été dispersée ici et là, une autre est restée sous le tumulus formé là où se trouvent ses fondations aujourd'hui, et certains fragments ont été utilisés comme fortification dans les murs d'enceinte.
Et l'Autel de Zeus de Pergame s'est endormi dans les bras du temps.
Ce sont les fonctionnaires de l'impérialisme prussien/allemand qui, à la fin du XIXe siècle, l'ont réveillé de son sommeil sur la magnifique Acropole de Pergame/Bergama, située sur les rives de la fertile plaine de Bakırçay/Caïque.
Avec le développement du capitalisme en Europe, la bourgeoisie, qui s'enrichissait rapidement, voyait en regardant en arrière un grand vide culturel et un retard, et cherchait une nouvelle culture sur laquelle s'élever.
Dans ce contexte, les Britanniques ont pillé les œuvres historiques de la Grèce et les Français celles de l'Égypte.
L'Anatolie est tombée dans le lot des Allemands.
De l'ingénieur avisé au scientifique, du consul au prince/roi, l'impérialisme allemand, armé d'argent et d'armes, a dépouillé et mis à nu Pergame à la fin du XIXe siècle, avec un appétit insatiable, par un vol manifeste entre 1864 et 1878, puis par des autorisations douteuses obtenues sous pression politique entre 1878 et 1886.
Il a fait passer en contrebande/emporté à Berlin, pièce par pièce, le magnifique Autel de Zeus, qui faisait partie intégrante de la ville, ainsi que d'innombrables statues et objets historiques.
Comme si la sauvagerie de l'impérialisme allait ainsi être dissimulée.
Pourtant, ils étaient le produit de ces terres, de l'histoire de l'Anatolie et de la culture de Pergame.
En Allemagne, à Berlin, nos œuvres sont conservées en nombre incroyable dans un grand musée/prison en pierre, construit sur une île marécageuse au milieu d'une rivière, et qui s'enfonce aujourd'hui de plus en plus dans ce marécage.
Parmi elles, le total des œuvres importées de l'extérieur de l'Allemagne, avec de nombreuses pièces anatoliennes originaires d'Izmir, d'Ayvalık, de Samsun et même d'Izmit, s'élève, selon les déclarations, à 9593 unités.
Qui sait ce qu'il y a d'autre ?
1496 de ces œuvres, avec les fragments de l'Autel de Zeus, ont été trouvées et obtenues uniquement à Pergame.
Wouah, wouah, wouah... !
Un véritable vol d'œuvres historiques.
Il est temps de dire stop à cela.
Nous sommes au XXIe siècle.
L'humanité essaie d'aller sur Mars. L'intelligence artificielle pénètre tous les domaines de la vie.
Les œuvres historiques volées/passées en contrebande/emportées d'Anatolie et de Pergame à la fin du XIXe siècle sont aujourd'hui à Berlin.
C'est incroyable !
Les Nations Unies, l'UNESCO et l'ICOMOS ont des décisions internationales claires stipulant que les œuvres historiques doivent être conservées là où elles ont été produites.
Une telle injustice ne peut perdurer !
L'AUTEL DE ZEUS ET LES STATUES DE PERGAME N'APPARTIENNENT PAS AU BERLIN FROID ET BRUMEUX, MAIS À LA BELLE PERGAME. ILS DOIVENT ABSOLUMENT REVENIR, RETOURNER CHEZ EUX !
(Source : http://www.smb-digital.de/eMuseumPlus /// Prof. Ali Sönmez (2020) : “Yitik Miras Zeus Sunağı” (L'Héritage Perdu : L'Autel de Zeus). Istanbul : İdeal Yayıncılık /// Yaşar Yılmaz (2015) : “Anadolu’nun Gözyaşları” (Les Larmes de l'Anatolie), Istanbul : Anadolu Kültürel Girişimcilik Yayınları)
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