La « Semaine de l'épargne, de l'investissement et des produits turcs », plus connue sous le nom de « Semaine des produits locaux »…
Devenue loi en 1929 et célébrée chaque année du 12 au 18 décembre depuis 1946, la « Semaine des produits locaux » revêtait une importance capitale pour la préservation de l'indépendance économique de notre pays et pour la mise en place d'une infrastructure économique durable.
Elle a été instaurée pour rappeler aux citoyens l'importance de consommer des produits locaux, d'être économes et d'investir. Cependant, à partir des années 1980, son sens s'est vidé, se réduisant dans les écoles à la simple consommation de fruits et de fruits secs, avant de tomber dans l'oubli. L'USİAD a rappelé et célébré cette Semaine des produits locaux pendant des années. Elle a mis l'accent sur l'existence de secteurs stratégiques pour la Turquie, sur la nécessité de politiques technologiques de production fondées sur la science, sur le soutien à la production nationale et sur l'utilisation des produits locaux. Ces dernières années, des tentatives ont été faites par les dirigeants et diverses institutions pour la remettre à l'ordre du jour, en insistant sur la production locale, mais cela reste insuffisant…
La vision occidentale consistant à « laisser les pays sous-développés comme de simples producteurs de matières premières, pour ensuite transformer ces matières premières que nous leur achetons en produits finis et les leur revendre »
(une approche acceptée lors du Congrès économique de Londres en 1932, selon Nazmi Kal) a été écartée par la jeune République sous la direction d'Atatürk, grâce à une politique d'économie mixte planifiée.
En 1938, la Turquie était devenue un pays capable de produire la plupart de ses besoins fondamentaux, fabriquant même ses propres avions et son acier.
Bien que l'industrialisation ait ralenti, le protectionnisme industriel a été maintenu grâce aux politiques économiques appliquées jusqu'aux années 1980. Avec les décisions du 24 janvier (1980) et les politiques d'intégration au système néolibéral qui ont suivi, ce protectionnisme a été abandonné. La Turquie s'est pratiquement transformée en un marché de produits importés, et la société de production a commencé à être remplacée par une société de consommation.
La citation de notre grand leader Gazi Mustafa Kemal Atatürk en 1923, « Quelles que soient l'ampleur des victoires politiques, elles ne peuvent être durables si elles ne sont pas soutenues par des victoires économiques », conserve toute sa pertinence.
Au lieu de politiques néolibérales créatrices de dépendance économique, nous avons besoin de politiques populaires fondées sur la production, capables d'éliminer la dépendance technologique vis-à-vis de l'extérieur.
LA SITUATION DANS LE MONDE ET EN TURQUIE
Actuellement, l'économie turque, 23e économie mondiale, produit 0,9 % du revenu mondial et affiche un déficit commercial. Les informations fournies par l'économiste du développement Bartu Soral, ancien directeur du programme du PNUD en Turquie, lors de sa présentation intitulée « Mondialisation et économie de la victoire », sont frappantes.
Je souhaite partager certaines des notes que j'ai prises :
- En 2024, parmi les 20 plus grands secteurs mondiaux selon la capitalisation boursière totale, les 5 premiers sont, dans l'ordre : les semi-conducteurs (6 815 milliards de dollars), le contenu et les informations sur Internet (5 996 milliards de dollars), l'infrastructure logicielle (4 950 milliards de dollars), l'électronique grand public (3 287 milliards de dollars) et les fabricants de produits pharmaceutiques (3 017 milliards de dollars).
- En 2023, la taille du marché mondial de l'intelligence artificielle était estimée à 454 milliards de dollars. Ce chiffre devrait atteindre 2 500 milliards de dollars en 2032. Les États-Unis, suivis par la Chine et le Royaume-Uni, sont les pays qui investissent le plus dans ce domaine.
- En termes de part du revenu mondial (en 2023), les États-Unis arrivent en tête avec 26,1 %, suivis par la Chine avec 16,9 %, l'Union européenne avec 17,5 %, les pays du G7 (hors États-Unis) avec 14,8 % et l'Allemagne avec 4,3 %. La part de la Turquie est de 0,89 %.
Soral énumère ses propositions de solutions comme suit :
- Au lieu des importations, des politiques macroéconomiques encourageant la production locale dans tous les domaines possibles doivent être mises en œuvre.
- Une économie compétitive, innovante et productive. Un modèle économique mixte, réglementé, contrôlé et planifié…
- Pour entrer dans la compétition mondiale, il faut des entreprises géantes issues de partenariats public-privé.
- Une politique de change compétitive qui ne se laisse pas asservir par les capitaux volatils…
- La Turquie produit 13 % de son électricité à partir de sources renouvelables ; ce taux peut être porté à 50 %.
- Si la Chine détient aujourd'hui 16,9 % du revenu mondial, ce n'est pas grâce au néolibéralisme, mais grâce à la planification.
- La Turquie doit revenir à sa tradition de planification. L'Organisation de planification de l'État (DPT) doit être rétablie.
- Des politiques impératives pour le secteur public et directrices pour le secteur privé doivent être appliquées.
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