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Sur le conflit israélo-palestinien...

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La question qui perdure depuis plus de 70 ans entre la Palestine et Israël se poursuit, à travers différentes époques et avec des intensités variables, dans un climat de guerre et de conflit. On dit que l'histoire se vit vers l'avant mais se comprend vers l'arrière… La guerre israélo-palestinienne n'est pas un problème apparu soudainement, du jour au lendemain.
Il serait erroné de réagir de manière instantanée à ce climat de guerre, porté à une nouvelle dimension par l'attaque que le Hamas a baptisée « Déluge d'Al-Aqsa », comme s'il s'agissait d'un événement inédit et indépendant du processus historique.
La lutte du peuple palestinien pour l'indépendance et la liberté avait trouvé sa place à l'ordre du jour dans les années 1960 et 1970, portée par la vague révolutionnaire qui montait dans le monde et en Turquie.
L'OLP (Organisation de libération de la Palestine), organisation de résistance dirigée par Yasser Arafat, et sa composante principale le Fatah, ainsi que des mouvements progressistes et laïcs tels que le FPLP dirigé par George Habache et le FDLP dirigé par Nayef Hawatmeh, étaient le moteur de la lutte palestinienne, unissant musulmans et chrétiens sans distinction.
Il existait un large soutien social à la résistance menée contre l'impérialisme américain et son satellite dans la région, l'Israël occupant. On soutenait la Palestine et sa lutte pour l'indépendance et la liberté parce qu'elle représentait un peuple opprimé.
La résistance était extrêmement légitime et populaire. À tel point que de nombreux révolutionnaires venus de Turquie sont partis combattre aux côtés des Palestiniens et y ont perdu la vie. Sans aucune appartenance ethnique, religieuse, confessionnelle ou autre sous-identité, ils sont partis uniquement pour soutenir la résistance du peuple palestinien et de toutes les nations opprimées contre l'impérialisme et son satellite.
À cette époque, la droite turque et la mouvance islamiste politique ne s'intéressaient pas à la cause palestinienne aussi étroitement qu'aujourd'hui, faute de pouvoir établir un lien politique et intellectuel avec elle.
Dans les années 1980, avec le nouvel ordre mondial des États-Unis et les projets de « ceinture verte », des mouvements radicaux fondés sur la foi et la confession ont été soutenus dans le monde, et particulièrement dans la géographie du Moyen-Orient, en opposition aux mouvements nationaux, laïcs et anti-impérialistes.
Ces organisations ont commencé à croître à partir de la fin des années 1980 et à devenir plus actives dans les années 1990. Elles ont mené des actions ciblant également les civils. La guerre d'indépendance de la Palestine, pour laquelle le dirigeant de l'OLP, Arafat, s'était battu pendant des années et qu'il avait maintenue sur la table des négociations grâce à la diplomatie internationale, était entravée par des groupes radicaux mus par la vengeance et la haine.
Du côté israélien, les mouvements radicaux et de droite se développaient également sur la base de l'opposition. Les éléments progressistes et laïcs d'Israël, favorables à la paix et au compromis, s'affaiblissaient progressivement. Les attentats à la bombe des groupes radicaux, ciblant aussi les civils, réduisaient la légitimité de la résistance palestinienne, lui faisaient perdre le soutien de l'opinion publique mondiale, et le peuple palestinien se retrouvait confronté à un blocus, des pertes humaines et des destructions plus importants...
En Israël, les gouvernements radicaux de droite devenaient de plus en plus impitoyables… Il est possible de résumer ainsi, très brièvement, la situation actuelle.
La lutte palestinienne est aujourd'hui divisée en deux. Il existe une administration palestinienne dirigée par le Fatah en Cisjordanie, et une administration dirigée par le Hamas, branche des Frères musulmans, à Gaza.
Le Hamas a déclenché le climat de conflit actuel. Tout en critiquant les événements et les images inhumains que les consciences ne peuvent accepter, il est difficile d'accepter de voir Israël comme une figure innocente, le côté « opprimé » de cette guerre…
S'il y a des êtres humains, il doit y avoir de la conscience et de la justice !
Il ne faut pas l'oublier !
Avec le soutien de l'impérialisme, le peuple palestinien est massacré depuis de longues années, sans distinction d'âge, chassé de chez lui, jeté dans les geôles, et sa vie est empoisonnée. Encerclés par le blocus et l'embargo, les Palestiniens tentent de survivre dans des conditions difficiles, dans le dénuement des camps.
De plus, au cœur du Moyen-Orient, au milieu de toute la géographie arabe, un peuple mène une lutte pour son existence.
Après les phrases commençant par « Mais ils ont aussi… », « Cependant, ici… », aussi bien intentionnées soient-elles, elles ne constituent pas une solution au danger que davantage de sang et de larmes puissent s'abattre sur la Palestine.
L'ONU, ainsi que les pays de la région, au premier rang desquels la Turquie, doivent réunir d'urgence les parties palestinienne et israélienne autour d'une table. Les pourparlers de paix doivent commencer, un État palestinien indépendant doit être reconnu et l'embargo ainsi que le blocus imposés au peuple palestinien doivent prendre fin.
En plus de tout cela, Israël doit se retirer des territoires qu'il occupe ! Pour une paix durable, les politiques pro-violence d'Israël doivent cesser. L'oppression qu'Israël fait subir au peuple palestinien depuis des années doit enfin prendre fin !
Şenol Çarık