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Est-ce là votre justice ?

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La balance de la justice n'est plus une question de poids…

Même si vous la connectiez à une balance numérique de précision, un côté pencherait toujours. Car en Turquie, la justice se mesure au nom de famille, au parti politique que l'on salue, à l'identité du père, à l'épaisseur du portefeuille et aux « accointances ». Vous parlez de conscience ? C'est un mot qui ne résonne plus dans les couloirs des tribunaux.

Nous en avons vécu l'exemple le plus récent ces derniers jours. Nous avons été témoins d'un procès et d'une sentence, si l'on peut appeler cela ainsi, qui nous ont laissés perplexes et incapables d'apaiser nos cœurs.

Le 9 juillet 2024, Fatma Zehra Kınık Demir, fille de l'ancien président du Croissant-Rouge turc Kerem Kınık, a percuté une moto en circulation. Batın Barlasçeki, âgé de 17 ans, a perdu la vie. Les rêves, les proches, l'avenir et le droit à la vie de cet enfant sont restés sur l'asphalte. Malheureusement, en Turquie, ce n'est parfois pas seulement une vie qui est abandonnée sur les lieux de l'accident, mais aussi la conscience.

Selon les rapports d'expertise, Fatma Zehra, responsable à 100 %, a été jugée en liberté. Lors de la dernière audience, elle a été condamnée à 4 ans et 2 mois de prison. Mais ne vous inquiétez pas, l'exécution de cette peine a été suspendue. N'est-ce pas merveilleux ? On croit apaiser les consciences en déclarant que « le prononcé de la peine est suspendu ».

En résumé : pas de peine. Pas de prison. Seul le permis de conduire a été suspendu pour deux ans. Exactement comme la sanction infligée à un citoyen ayant conduit en état d'ivresse ! Mais ici, il s'agit d'un enfant décédé ! Alors, dans ce cas, la vie humaine est-elle moins chère en Turquie, ou le fait d'appartenir à une certaine famille est-il si précieux ? Tant que la question se posera de savoir si la décision aurait été la même si le nom de famille de la conductrice, responsable de la mort d'un jeune de 17 ans, avait été différent ou si elle n'avait pas été la fille d'une personnalité proche du gouvernement, les consciences ne seront pas apaisées.

Nous savons que certains en Turquie jouissent d'une liberté de commettre des crimes. On leur accorde des peines réduites, voire une impunité totale, grâce au « quota familial ». Des procès qui ressemblent à des récompenses, des décisions qui ressemblent à des faveurs... Une vie a été perdue, mais vous pouvez sortir du tribunal en toute tranquillité. Vous avez même l'audace de dire « je n'ai pas commis d'erreur » en partant.

Mais si vous faites du journalisme ? Si vous dites la vérité, par exemple ? Ou si vous posez des questions ? Alors vous serez jugé en détention. Comme si ce n'était pas une information, mais un crime. Ou si vous critiquez un phénomène des réseaux sociaux, surtout si vous osez critiquer un chef de secte enrobé de sauce religieuse parce qu'il est venu dans votre école... Direction le poste de police !

Maintenant, un nouveau « paquet judiciaire » est en préparation. 35 000 détenus seraient libérés. Ce n'est pas assez ! Libérez-les tous, mon frère. De toute façon, on ne sait même pas sur quelle base les détenus actuels sont incarcérés. Dans ce pays, la couleur du crime change selon la direction du vent. Il y a trois jours, le crime le plus grave était le terrorisme, et maintenant, on calcule comment applaudir ceux qui ont été arrêtés pour ce même crime.

Ces choses-là ne se règlent pas avec des paquets ou des sacs. La justice n'est pas une promotion de supermarché. Le système judiciaire doit être entièrement réformé. Vous savez, cette statue de la justice aux yeux bandés ? Il faudrait lui bander les yeux et les oreilles. Et si possible, l'enfermer dans une pièce sombre pour qu'elle ne sache jamais de qui est la fille ou le fils qu'elle juge. Qu'elle ne parle qu'avec le dossier.

Car la justice ne se distribue pas seulement ; elle doit être ressentie. Que ressentez-vous en ce moment ?