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Ce n'est que par la sororité que nous pourrons briser les chaînes de l'inégalité !

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À l'occasion de la semaine de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, lors de nos rencontres avec des femmes allant des quartiers les plus pauvres d'İzmit aux gratte-ciels les plus prestigieux d'Istanbul, j'ai réalisé qu'en faisant preuve d'empathie envers nos vies respectives, le lien qui nous unit se renforcerait. Et c'est par la sororité que nous briserons les chaînes de l'inégalité.   

Durant la semaine de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, j'ai passé une journée avec des femmes vivant dans la région la plus pauvre d'İzmit, et une autre avec les employées d'un chantier naval à Yalova, qui font leurs preuves dans un secteur réputé masculin. Le lendemain, j'ai rencontré des femmes cadres travaillant dans les tours d'affaires d'Istanbul. 

À première vue, ce sont des femmes menant des vies totalement différentes, issues de milieux variés, qualifiées tantôt de cols blancs, tantôt de cols bleus, mais qui, contrairement aux idées reçues, partagent tant de points communs ! 

Il n'est pas nécessaire de chercher l'espoir au loin. Je l'ai vu briller dans leurs yeux étincelants. 

Elles nous ont montré que nous ne sommes pas seules, et elles ont réchauffé mon cœur par leurs questions et leur sincérité.

Alors que je dédicaçais mon livre YAPABİLİRSİN (Tu peux le faire), elles ont partagé leurs soucis au détour d'une conversation. Certaines me demandaient une dédicace pour donner du courage à leur fille nouvellement nommée enseignante, d'autres pour leur mère, afin que ses souffrances cessent…  

L'une d'entre elles a choisi une héroïne de mon livre pour s'identifier. « Je suis comme Nuran, qui peint les murs de son village avec des fleurs multicolores », a-t-elle dit. Et par coïncidence, elle s'appelait Çiçek (Fleur)…

J'ai vu la tristesse dans les yeux de Çiçek. Il était évident qu'elle cachait ses peines derrière un sourire mélancolique. « Quel âge as-tu ? » lui ai-je demandé.

40 ans, a-t-elle répondu ! 

- J'ai appris à dire « non » à 40 ans, ai-je dit.

- « Je suis allée encore plus loin », a-t-elle répondu.

« C'est à cet âge que j'ai découvert ce qui me rend heureuse ! »

« Le bonheur commence par la découverte de soi ! »

Alors que nous nous épuisons pour le bonheur de nos proches, nous mettons notre propre bonheur de côté. 

Certaines d'entre nous s'en rendent compte, d'autres passent une vie entière sans jamais le réaliser. C'est un tournant, un seuil. Pour une femme, ce seuil correspond temporellement à l'âge de 40 ans !

C'est une transformation dont l'effet ne se ressent pas à l'extérieur, mais à l'intérieur, au plus profond de soi. Un bilan personnel commence. Un bilan intérieur que personne ne connaît. La femme qui atteint la quarantaine commence par saper son propre moral, de ses propres mains… Puis, elle commence à renaître de ses cendres, à se reconstruire… 

Alors que j'expliquais cela à ma lectrice Çiçek, âgée de 40 ans, tout en dédicaçant mon livre, j'ai vu des larmes s'accumuler dans ses yeux. Il était clair que les soucis qu'elle ne pouvait exprimer pesaient sur ses épaules. 

Je me suis levée de la table de dédicace et j'ai pris Çiçek dans mes bras. « Les fleurs sont fragiles, mais elles sont aussi pleines de vie », lui ai-je dit. 

Grimpe sur tes propres épaules. Comment pourrais-tu t'élever autrement…

Les femmes de ce pays, nous sommes toutes comme Çiçek. Nous ne pouvons chasser les soucis qui s'accumulent sur nos épaules qu'en devenant plus fortes. 

« Il y a une guérison dans la révélation », disait ma grand-mère.

Toutes les fleurs doivent se serrer les unes contre les autres. Elles doivent partager leurs peines pour guérir. L'éveil des femmes ne sera possible que par la solidarité de la sororité.

Lors de nos rencontres avec des femmes aux vies si différentes durant cette semaine du 8 mars, j'ai réalisé qu'en faisant preuve d'empathie envers nos vies respectives, le lien qui nous unit se renforcerait. Et ce n'est que par la sororité que nous pourrons briser les chaînes de l'inégalité…