Lorsque Ekrem İmamoğlu a fait part pour la première fois à Dilek İmamoğlu de sa décision de se lancer en politique, il a reçu cette réponse de son épouse : « Tu ne peux pas être candidat pour un autre parti que le CHP. Je ne te soutiendrai jamais ! »
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Il reste 10 jours avant les élections locales... Les Stambouliotes sont sur le point de souffrir d'une hémorragie oculaire à force d'être exposés aux affiches géantes des politiciens... Les places, les rues, les passerelles, les gratte-ciel, tout est recouvert des panneaux publicitaires des candidats à la mairie métropolitaine des partis politiques.
Les touristes occidentaux qui posent le pied à Istanbul pour la première fois sont également très surpris par ce festival de couleurs.
En traversant vers la rive anatolienne sur le ferry de Kadıköy, la conversation de deux femmes, que je suppose être anglaises, m'a captivée.
« J'ai l'impression de me retrouver au milieu d'un concours de beauté masculin », dit-elle à son amie. Son amie demande malicieusement : « Lequel est le plus beau ? »
« Je choisirais celui sans moustache. Il a de la confiance dans le regard », répond-elle. En les écoutant, je remonte en 2019. La première interview que j'ai réalisée avec Ekrem İmamoğlu me revient en mémoire. Nous nous étions rencontrés au Pera Palace. C'était le jour de l'anniversaire de la mort d'İsmet İnönü (25 décembre). Au Pera Palace, nous avions installé nos caméras dans la chambre réservée à İnönü. Lorsqu'il a été annoncé comme candidat à la mairie d'Istanbul, en dehors des habitants de Beylikdüzü, la Turquie ne le connaissait pas encore. C'était sa première interview télévisée, 7 jours après l'annonce de sa candidature le 18 décembre 2018.
Ce n'est pas sa cravate rouge, l'insigne du CHP épinglé à sa veste ou sa posture droite qui m'ont impressionnée, mais son calme. J'avais été surprise par son style très calme et rassembleur, face au langage rugissant et polarisant du pouvoir en place.
- Vous êtes différent du profil de politicien auquel nous sommes habitués. Vous avez face à vous un pouvoir qui va vous attaquer de toutes ses forces. Êtes-vous prêt pour le combat à venir ? lui avais-je demandé.
« Je ne me suis jamais battu de ma vie. Je n'ai jamais reçu de coups. Je ne me battrai pas après tout ce temps, mais je ne leur donnerai pas non plus l'occasion de m'en donner. Je suis quelqu'un d'intelligent. Lorsque vous agissez avec la conscience de la société, cette conscience étouffe celui qui veut se battre. Elle ne le laisse pas vivre ! Personne ne peut résister face à cette conscience. Il suffit d'y être préparé. C'est la philosophie la plus précieuse de ma vie : je pense qu'il n'y a personne dont je ne puisse obtenir le vote avec ma propre conviction. Je peux convaincre tout le monde. La personne qui pense que je ne l'ai pas convaincue, lorsqu'elle pose sa tête sur l'oreiller, réfléchit à quel point j'avais raison en conscience. Le vote ne s'obtient pas toujours par la main, il s'obtient par le cœur. »
LA POSTURE DROITE DE DİLEK İMAMOĞLU !
C'est ainsi qu'Ekrem İmamoğlu s'était exprimé avant le combat qui l'attendait lors des élections de 2019. L'élection qu'il a remportée le 31 mars 2019 a été annulée. Le 23 juin 2019, il a remporté l'élection d'Istanbul pour la deuxième fois, en faisant passer l'écart de voix avec son rival de 13 729, le 31 mars 2019, à 806 426.
Durant son mandat à la mairie métropolitaine d'Istanbul, de nombreux procès et enquêtes ont été ouverts contre lui. À chaque fois, İmamoğlu est sorti plus fort des combats.
La semaine dernière, lors du meeting à Çekmeköy, face à une femme qui est montée sur scène avec un Coran à la main en criant : « Le Coran va te frapper, tu es un menteur », İmamoğlu a apaisé la foule en disant « calme, calme ». Par son langage corporel, il a détourné l'attention du provocateur vers lui-même. Cette attitude de sang-froid et cette force tranquille ont prouvé à la Turquie qu'après cinq années aiguisées par les combats, il est devenu un leader encore plus fort. C'est pourquoi le rival d'İmamoğlu n'est pas Murat Kurum, c'est Erdoğan !
Rappelons une fois de plus la phrase d'Erdoğan : « Qui gagne Istanbul, gagne la Turquie ». Si İmamoğlu, qui a gagné Istanbul deux fois, gagne à nouveau Istanbul lors de ces élections, il fera gagner la Turquie au CHP !
J'ai lu récemment le livre « Mon cher Président » de notre collègue Mine Kılıç, qui a écrit la vie d'İmamoğlu, qui dit : « Je ne planifie jamais la défaite ».
Le passage qui m'a le plus marquée dans le livre est la phrase que Dilek İmamoğlu a dite à son mari.
İmamoğlu partage pour la première fois sa décision de se lancer en politique avec son épouse Dilek İmamoğlu. Il sait qu'il ne peut avancer sur ce chemin sans son soutien. Cependant, son épouse est dérangée par le fait qu'il ne puisse pas consacrer assez de temps à la maison en raison de son travail intense. Pourtant, elle est consciente qu'elle ne pourra pas le détourner de son chemin. Dilek İmamoğlu dit « oui » à une seule condition : « Tu ne peux pas être candidat pour un autre parti que le CHP. Je ne te soutiendrai jamais ! »
Voilà la force de la femme ! Terminons notre article en soulignant la posture droite de Dilek İmamoğlu, la plus grande partisane d'İmamoğlu.
À 10 jours des élections, İmamoğlu, grâce au lien authentique qu'il a tissé avec la société et à son profil de leader, a pris une avance considérable sur le candidat de l'Alliance populaire. Nous entrons dans des jours tendus où les provocations vont se multiplier. Face à toute forme de provocation, İmamoğlu doit prendre ses précautions...
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