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Les tyrans n'atteindront pas leur but !

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La mère de Mahsa Amini, âgée de 22 ans, tuée en détention parce qu'une « partie de ses cheveux était visible », s'est exprimée pour la première fois un an après le meurtre, prononçant cette phrase qui nous a tous déchiré le cœur :

« Je suis certaine que notre souffrance silencieuse a le pouvoir de faire trembler le paradis. »

La souffrance silencieuse d'une mère a tellement ébranlé l'Iran que Mahsa Amini est devenue le symbole du mouvement d'émancipation lancé par les femmes iraniennes au péril de leur vie.

C'est une révolution dont l'impact s'est propagé jusqu'à l'autre bout du monde. Elle est devenue le nom d'un mouvement social qui brise les conventions, rassemblant toutes les origines, toutes les nationalités, toutes les classes sociales et tous les horizons, de la femme au foyer à la star d'Hollywood :

Jin, Jiyan, Azadi !

De nombreuses femmes qui s'interrogent sur l'oppression qu'elles subissent et sur la vie connaissent désormais par cœur le sens de ces trois mots :

Femme, Vie, Liberté !

L'impact mondial des manifestations pour Mahsa Amini, devenue la Jeanne d'Arc du XXIe siècle, a exercé une pression sérieuse sur le régime réactionnaire des mollahs.

La phrase de la mère, Mojgan Efekhari, qui a retiré son propre voile sur la tombe de sa fille, affirmant qu'« aucun pays où les femmes ne sont pas libres ne peut devenir libre », a attisé le courage des jeunes femmes iraniennes. Non seulement les femmes, mais de nombreuses personnes souhaitant se libérer du joug du régime oppressif sont descendues dans la rue pour réclamer la liberté, au péril de leur vie. Plus de 530 personnes ont perdu la vie en Iran et de nombreux jeunes ont été exécutés !

Le président conservateur Ebrahim Raïssi s'est adressé aux Iraniens en proférant cette menace : « Je vous le dis, il sera absolument mis fin à ce manque de voile. »

Après la menace de Raïssi, la police de Téhéran a intensifié les contrôles du port du voile grâce aux caméras de surveillance. Les voitures des conductrices ne respectant pas l'interdiction ont été saisies et plus de 4 000 femmes ont été déférées devant le parquet. Outre des amendes, de nombreuses femmes ont été condamnées à des peines de flagellation et de prison. En janvier 2024, l'activiste Roya Heshmati a été condamnée à 74 coups de fouet pour être apparue sans voile dans l'espace public, après avoir partagé sur Instagram une photo d'elle, tête nue, prise dans un parc. Heshmati a annoncé sur son compte de réseau social, photos de ses blessures à l'appui, qu'elle avait été fouettée sous la surveillance d'un juge dans une pièce qu'elle a décrite comme une « chambre de torture médiévale ». Déclarant : « Je ne les ai pas laissés penser que je souffrais », Heshmati raconte son calvaire :

« L'homme a commencé à frapper avec détermination mes épaules, mon dos, mes fesses et mes mollets. J'ai oublié le nombre de coups et j'ai murmuré : “Au nom de la femme, au nom de la vie, le vêtement de la captivité a été déchiré. La nuit noire de notre captivité deviendra l'aube, toutes les blessures fraîches guériront, toutes les chaînes se transformeront en hache.” »

Le parlement iranien a adopté une nouvelle loi durcie sur le port du voile lors du premier anniversaire de la mort de Mahsa Amini. Il a été annoncé que les contrevenantes seraient d'abord averties, puis condamnées à une peine allant jusqu'à 9 ans et 9 mois de prison en cas de récidive. Avec cette loi de 70 articles, le devoir et le pouvoir de dénoncer les personnes ne respectant pas le code vestimentaire ont également été instaurés.

La loi sur le « Voile et la Chasteté » du président iranien Raïssi, visant à accroître les sanctions de l'État contre les femmes et les jeunes filles défiant le port obligatoire du voile, prévoit même des peines plus lourdes que celles appliquées aux trafiquants de drogue.

Quatre mois avant l'accident d'hélicoptère, le président iranien Raïssi s'était rendu à Ankara, où un accord en 10 points avait été signé entre les deux pays en présence d'Erdoğan et de Raïssi.

Après l'accident, l'un des points de l'accord a attiré mon attention : « Mémorandum d'entente entre le gouvernement de la République de Turquie et le gouvernement de la République islamique d'Iran concernant l'affectation d'agents de sécurité armés à bord des vols » !

Un autre détail a marqué la rencontre des deux dirigeants au complexe présidentiel (Külliye). Raïssi tenait à la main une œuvre de Hâfız-ı Şirâzî, l'un des grands poètes de la littérature iranienne et pionnier de la poésie soufie. Il a ouvert une page au hasard pour le président Erdoğan. « Je n'avais pas l'intention particulière de faire une consultation (istikhara), mais dès que j'ai ouvert, ce poème a attiré mon attention », a-t-il dit avant de lire à haute voix :

« Aie l'esprit tranquille, le tyran n'atteindra pas son but ! »