Trouvez les actualités publiées dans la plage de dates ci-dessous
et et
et et
et et
Effacer
Euro
Arrow
53,9958
Dollar
Arrow
47,3674
Livre sterling
Arrow
62,8837
Or
Arrow
6168,0932
BIST 100
Arrow
10.729

Le silence des pays arabes sur la Palestine

Ne laisse pas l'algorithme choisir tes actualités, décide toi-même ce que tu lis. Ajoute 12punto à tes sources préférées !

Depuis la création d'Israël en 1948, le plan de déplacement des Palestiniens se poursuit sans interruption. Les attaques menées par Israël contre Gaza depuis le 7 octobre ont coûté la vie à des centaines de personnes, et l'insuffisance de l'aide humanitaire a alourdi ce bilan. Les Palestiniens qualifient l'exil et les déplacements forcés qu'ils subissent depuis 1948 de « Nakba », c'est-à-dire de « catastrophe ». Aujourd'hui encore, il apparaît que l'objectif d'Israël est de forcer les Palestiniens à un nouvel exode afin d'empêcher la création d'un État palestinien indépendant.

Bien que les Palestiniens de Gaza cherchent à fuir les attaques israéliennes, la volonté des pays arabes de les accueillir face à ce drame reste sujette à controverse. Pris dans des jeux de pétrole et d'instabilité, les pays arabes considèrent Gaza comme un véritable « cercle de feu » et ne prennent aucune mesure concrète contre les initiatives qui renforcent les politiques israéliennes. Malgré la tragédie à Gaza, l'attitude de l'Égypte et de la Jordanie est restée bien loin d'atténuer ce drame.

Les préoccupations de l'Égypte et de la Jordanie

Les Palestiniens souhaitant fuir Gaza ont trouvé portes closes aux frontières égyptienne et jordanienne. Inquiète de l'instabilité, la Jordanie ne souhaite pas voir se répéter la situation où l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) deviendrait une force armée sur son territoire, comme ce fut le cas lors des événements de « Septembre noir en 1970 », restés dans les mémoires comme un point de rupture profond dans les relations entre le monde arabe et les organisations palestiniennes. Pour cette raison, invoquant la forte population palestinienne déjà présente dans le pays, elle a fermé ses portes à une nouvelle vague de réfugiés.

L'Égypte, quant à elle, a affirmé que forcer les civils à migrer vers son territoire constituait une tentative menaçant la paix régionale. Dans cette position de l'Égypte, la lutte menée contre les Frères musulmans, la crainte d'une confrontation directe avec le Hamas et les préoccupations sécuritaires ont joué un rôle déterminant. Le gouvernement égyptien, qui a fermé les tunnels menant à Gaza en 2007, craint que l'accord de paix signé avec Israël en 1979 ne soit compromis et qu'Israël ne s'attaque au territoire égyptien où seraient installés les réfugiés palestiniens.

Le silence du monde arabe ne se limite pas à ces deux pays. Les politiques des pays du Golfe reflètent un tableau similaire.

Les pays du Golfe et le processus de normalisation avec Israël

Bien que l'Arabie saoudite affirme qu'« il n'y aura pas de normalisation avec Israël sans la création d'un État palestinien », la crédibilité de ce discours a diminué après les accords d'Abraham. Les pays du Golfe, qui envisageaient d'investir dans le plan Riviera à Gaza sous l'impulsion du président américain Donald Trump, ne voient pas d'un bon œil les investissements dans des territoires contrôlés par le Hamas. Le fait que les Nations Unies ne prennent pas non plus de mesures concrètes pour résoudre le problème montre que les discours affirmant « nous sommes aux côtés de la Palestine » restent souvent symboliques.

Pour bien comprendre ce silence et cette réserve, il est nécessaire d'examiner le contexte historique qui a conduit le monde arabe à reléguer la question palestinienne au second plan.

La perte de priorité de la question palestinienne dans le monde arabe

Israël a émergé lors de son processus de fondation comme un modèle d'État-nation rassemblant les Juifs de la diaspora et est devenu, au fil du temps, une puissance régionale grâce à ses politiques d'expansion territoriale. Les pays arabes, quant à eux, ont connu de grands changements au cours de l'histoire. La perte d'influence du socialisme, la transformation idéologique des mouvements islamistes et le remplacement de dirigeants résistants comme Gamal Abdel Nasser par des administrations évitant les conflits avec l'Occident ont conduit à la perte de priorité de la question palestinienne dans le monde arabe.

Contrairement à ce qui se passe en Occident, les manifestations anti-israéliennes sont quasi inexistantes dans les pays arabes dirigés par des régimes autoritaires. La raison peut être interprétée par le fait que les mouvements populaires risquent, à terme, de remettre en question leurs propres gouvernements. Aujourd'hui, la préoccupation la plus critique du monde arabe est la pression sociale et économique qu'une nouvelle vague de réfugiés engendrerait.

Le désintérêt du monde arabe pour la question palestinienne n'est pas seulement actuel ; c'est un fait avéré que des exemples similaires ont été vécus tout au long de l'histoire. La naissance de la Conférence islamique en 1969 en est un indicateur important.

De la Conférence islamique à aujourd'hui : des discours, mais pas de sanctions

L'incendie de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem le 22 août 1969 a ouvert la voie à la naissance de l'Organisation de la Conférence islamique. L'organisation, officialisée en 1972, avait un cadre politique et non religieux. Ses objectifs fondamentaux étaient la protection des lieux saints, le soutien au peuple palestinien et une position contre le colonialisme.

Pendant des années, l'ordre du jour des réunions commençait et se terminait par la Palestine. Cependant, ces réunions n'ont apporté aucun gain concret au peuple palestinien. Aujourd'hui encore, il n'existe aucune décision de sanction contre Israël. Par le passé, les politiques des pays arabes, résumées par les « trois non » (non à la paix, non aux négociations, non à la reconnaissance), n'ont pas constitué une menace pour Israël ; au contraire, l'inefficacité de ces politiques a renforcé la position d'Israël.

En conclusion, bien que les pays arabes semblent puissants dans leurs discours, ils ne prennent pas de mesures concrètes face à la tragédie de Gaza. Par conséquent, le silence et l'impuissance diplomatique aggravent le désespoir du peuple palestinien.