Le Barreau d'Istanbul a publié une déclaration écrite concernant la guerre israélo-palestinienne qui dure depuis 12 jours.
Dans la déclaration, il est indiqué que « le ciblage des civils et des hôpitaux dans les affrontements constitue un crime de génocide, et il est évident que les politiques des États restent insensibles à cette question et que le droit international n'est pas appliqué ».
TEXTE INTÉGRAL DE LA DÉCLARATION DU BARREAU D'ISTANBUL :
« Dans les conflits armés qui ont éclaté sur les terres palestiniennes et israéliennes, les conventions internationales sont ignorées et des civils sont cruellement massacrés sans distinction d'âge ou de sexe, commettant ainsi un crime contre l'humanité sous les yeux du monde entier. Le dernier exemple en date est le bombardement de l'hôpital baptiste Al-Ahli à Gaza le 17 octobre 2023. Des centaines de civils ont été massacrés lors de cette attaque.
Sous les yeux du monde, des zones résidentielles densément peuplées et des hôpitaux sont pris pour cibles, et les populations sont expulsées de leurs domiciles ou contraintes de les quitter. On assiste à une augmentation constante du nombre de civils vivant dans ces conditions, à la destruction des zones habitées, et l'on se dirige vers une phase où, en raison des embargos et des blocus, même les besoins humains fondamentaux ne sont plus satisfaits.
Il est manifeste qu'il existe une menace grave, contraire au droit humanitaire, pesant sur les droits fondamentaux des civils de la région à accéder à un abri, à l'eau potable, à la nourriture, aux médicaments et aux soins de santé.
À ce stade, le ciblage des civils et des hôpitaux dans les affrontements, ainsi que l'exposition des civils à des conditions de vie extrêmes, constituent un crime de génocide ; il est évident que les politiques des États restent insensibles à cette question et que le droit international n'est pas appliqué.
Pourtant, l'humanité ne peut banaliser de telles situations.
Il est impératif, pour des raisons humanitaires, de mettre fin aux interventions meurtrières contre les civils et d'assurer l'évacuation de la région des malades et des blessés, en priorité les enfants et les femmes.
Nous appelons les organisations internationales, au premier rang desquelles les Nations Unies, à assumer leurs responsabilités pour mettre fin à ce crime contre l'humanité et pour instaurer la paix.
L'application du droit sera le premier pas vers la paix. Dans ce contexte, il convient de rappeler que la résolution du conflit palestinien ne sera possible que par l'application des résolutions des Nations Unies, qui constituent le droit en vigueur, et par l'établissement d'un nouveau processus de paix durable incluant la levée du siège imposé à la population civile.
Tout comme le droit est universel, les juristes doivent également partager une vision universelle, avec pour objectifs de prendre position face au crime et de réclamer la paix par le droit. C'est pourquoi, aujourd'hui (18.10.2023), notre lettre appelant à être la voix de la paix et du droit a été envoyée aux institutions juridiques du monde entier, y compris la Fédération des Barreaux d'Europe, dont le Barreau d'Istanbul est membre fondateur.
Le Barreau d'Istanbul, qui a fait sien le principe de notre grand leader Mustafa Kemal Atatürk, « Paix dans le pays, paix dans le monde », continuera d'être la voix de la paix, du droit et de ceux qui ne peuvent se faire entendre. »
Source de l'actualité: 12punto