À Malte, le vice-Premier ministre Fearne démissionne après avoir été cité dans un scandale de corruption
Le vice-Premier ministre de Malte et ministre des Fonds européens, de l'Égalité, des Réformes et du Dialogue social, Chris Fearne, a démissionné de ses fonctions au sein du cabinet à la suite des accusations portées contre lui dans le cadre d'une enquête sur la corruption liée au processus controversé de privatisation de certains hôpitaux publics.
Le cabinet du Parti travailliste, dirigé par Robert Abela, a enregistré sa première défection en raison du scandale de corruption entourant le processus de privatisation de trois hôpitaux en 2015, qui fait l'objet de débats dans l'opinion publique maltaise depuis un certain temps.
Le vice-Premier ministre Fearne a envoyé hier sa lettre de démission au Premier ministre Robert Abela, après avoir été accusé d'implication dans la corruption lors du processus de privatisation des trois hôpitaux publics, alors qu'il occupait le poste de vice-ministre de la Santé sous le gouvernement du Parti travailliste en 2015.
Partageant sa lettre sur ses comptes de réseaux sociaux, Fearne a affirmé qu'il était "accusé injustement" et qu'il était "innocent", précisant qu'il démissionnait dans l'intérêt national.
Fearne a également demandé au Premier ministre Abela de renoncer à son projet de le proposer comme prochain membre maltais de la Commission européenne.
Fearne a en outre noté qu'il ne savait pas sur quoi reposaient les accusations portées contre lui.
Le Premier ministre Abela, qui a répondu à la lettre de démission du vice-Premier ministre Fearne par une autre lettre, a demandé à Fearne de reconsidérer sa décision.
Fearne, quant à lui, a remercié Abela pour son soutien et a fait savoir qu'il resterait fidèle à sa décision de démissionner.
"LA DÉMISSION ÉTAIT INÉVITABLE"
Selon les informations parues dans la presse maltaise, le bureau du procureur général a accusé Fearne, ainsi que d'autres hauts responsables du gouvernement, d'avoir détourné des fonds et escroqué l'État lors du processus de privatisation controversé des hôpitaux en question, au début de la semaine.
Dans la même enquête, il a été indiqué que l'ancien Premier ministre Joseph Muscat, sous le gouvernement duquel Fearne siégeait, son chef de cabinet Keith Schembri et l'ancien ministre de la Santé Konrad Mizzi sont également confrontés à des accusations graves telles que le blanchiment d'argent, la corruption et la création d'une organisation criminelle.
Le chef du Parti nationaliste (PN), dans l'opposition, Bernard Grech, a soutenu dans une publication sur Facebook que la démission de Fearne était "inévitable" et a montré à quel point le Premier ministre Abela, qui insistait sur le fait que personne n'était obligé de démissionner, était déconnecté de la situation.
Grech a suggéré que les autres personnes citées dans les accusations devraient suivre une voie similaire, déclarant : "Aucun fonctionnaire confronté à de telles accusations ne peut rester en poste."
Source de l'actualité: AA
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