L'Allemagne débat de l'interdiction du parti d'extrême droite AfD
En Allemagne, le débat sur l'interdiction du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) a été lancé après que l'Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), chargé du renseignement intérieur, a qualifié le parti de « formation d'extrême droite avérée ».
Le chancelier allemand Olaf Scholz, lors d'un événement auquel il participait à Hanovre, a commenté le classement de l'AfD en tant que « formation d'extrême droite avérée ».
M. Scholz a souligné que la classification figurant dans le rapport de l'Office de protection de la Constitution avait été préparée « avec beaucoup de soin » et que ce rapport devrait être lu par tout le monde.
Évaluant la possibilité d'engager une procédure d'interdiction contre l'AfD, M. Scholz a déclaré qu'il était opposé à une démarche précipitée.
La ministre allemande de l'Intérieur, Nancy Faeser, a pour sa part affirmé qu'il avait été établi que l'AfD était une « formation d'extrême droite avérée ».
Mme Faeser a toutefois attiré l'attention sur l'existence d'obstacles constitutionnels concernant le lancement éventuel d'une procédure d'interdiction contre l'AfD.
La vice-présidente du Parti social-démocrate (SPD), Serpil Midyatlı, a exprimé sa satisfaction quant au classement de l'AfD en tant que « formation d'extrême droite avérée ».
Mme Midyatlı a appelé à l'ouverture d'une procédure d'interdiction contre l'AfD, déclarant : « L'interdiction doit arriver, c'est clair pour moi ».
Le ministre-président du Schleswig-Holstein, Daniel Günther, membre de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), a appelé le gouvernement fédéral à agir, affirmant : « Pour protéger la démocratie, le gouvernement doit lancer rapidement la procédure d'interdiction (de l'AfD) ».
M. Günther a soutenu que l'AfD « constitue une menace pour l'ordre fondamental libéral et démocratique » de l'Allemagne et qu'elle « met en péril la paix sociale ».
Le député de l'Union chrétienne-sociale (CSU), Alexander Dobrindt, a quant à lui souligné que l'AfD devait faire l'objet d'une surveillance accrue suite au rapport du BfV.
Dans sa déclaration, l'Office de protection de la Constitution avait noté que l'AfD, dans son ensemble, était classée comme une « formation d'extrême droite avérée » en raison de ses tendances extrémistes méprisant la dignité humaine, et qu'il avait été « établi que la conception du peuple fondée sur l'ethnie et l'origine, qui prévaut au sein du parti, est incompatible avec l'ordre fondamental libéral et démocratique ».
Lors des élections législatives anticipées du 23 février, l'AfD a obtenu 20,8 % des voix, arrivant en deuxième position derrière les partis de l'Union chrétienne (CDU/CSU).
Source de l'actualité: 12punto
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