Critique d'un ancien conseiller juridique à l'égard d'Erdoğan : « La mesure est dépassée » : « Les décisions de placement en détention peuvent vous plaire »
Le professeur İzzet Özgenç, pénaliste, architecte du Code pénal turc et ancien conseiller juridique du président de l'AKP et chef de l'État Recep Tayyip Erdoğan, a formulé des critiques concernant la manière dont les enquêtes sur la municipalité métropolitaine d'Istanbul (İBB) sont menées, en se basant sur les déclarations de personnes libérées grâce au dispositif de « repentir actif ».
S'adressant à Erdoğan, Özgenç a noté que la mesure était dépassée dans les pratiques juridiques et que les poursuites judiciaires s'écartaient de leur objectif légitime.
Özgenç a interpellé Erdoğan en ces termes : « Les décisions de placement en détention prises dans le cadre de ces enquêtes peuvent vous plaire et créer un environnement propice à vos objectifs politiques. Cependant, je dois déclarer ouvertement que la mesure n'est pas respectée dans les décisions de placement en détention prononcées. »
Le professeur İzzet Özgenç avait déposé une plainte pénale, affirmant que les allégations formulées à son encontre par des personnes ayant bénéficié du « repentir actif » lors des opérations contre l'İBB avaient été diffusées par certains organes de presse en violation du secret de l'instruction, et qu'un « assassinat de réputation » avait été perpétré « sous couvert de la véracité de ces allégations ». Özgenç, qui a adressé sa plainte directement au Conseil des juges et des procureurs (HSK), a soumis à sa requête l'enregistrement de deux émissions de TGRT, auxquelles participaient les journalistes Nagehan Alçı et Cem Küçük, comme preuve de cet « assassinat de réputation ».
Dans une publication sur les réseaux sociaux aujourd'hui, Özgenç s'est adressé au président Erdoğan pour exprimer son opposition au « non-respect de la mesure dans les décisions de placement en détention » et à la conduite d'enquêtes basées sur les déclarations de personnes ayant bénéficié du repentir actif.
Özgenç a utilisé les termes suivants dans sa publication :
« Monsieur le Président, nous sommes témoins d'événements actuels où la mesure est dépassée dans notre pratique juridique et où les poursuites judiciaires s'écartent de leur objectif légitime. Dans la procédure pénale, on s'éloigne des méthodes d'obtention de preuves conformes au droit et aux méthodes scientifiques, et les enquêtes sont menées sur la base de déclarations faites sous l'apparence du « repentir actif » par des personnes à qui l'on a, d'une manière ou d'une autre, donné l'apparence de « suspects ». Les décisions de placement en détention prises dans ces enquêtes peuvent vous plaire et créer un environnement propice à vos objectifs politiques. Cependant, je dois déclarer ouvertement que la mesure n'est pas respectée dans les décisions de placement en détention prononcées. Je soumets à votre appréciation la nécessité de prendre les mesures appropriées dans le cadre de votre devoir d'assurer l'application de la Constitution (Constitution, art. 104, al. 2). J'espère que vous accueillerez avec compréhension cette déclaration que je fais publiquement. Avec mes salutations et mon respect. »
Source de l'actualité: 12punto
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