Autocritique de Şamil Tayyar (AKP) sur le « système présidentiel » : « Le chef de l'exécutif paie la facture globale »

Tayyar, membre de l'AKP, a formulé une autocritique sur son compte de réseau social concernant les lacunes et les problèmes rencontrés dans le système présidentiel.

12punto

Considérant la nomination d'un procureur général et d'un préfet au poste de ministre comme conforme à l'esprit du « système gouvernemental présidentiel », Tayyar a pointé du doigt le « législatif » comme étant le point de dysfonctionnement.

Voici les propos de Tayyar :

« La nomination d'un procureur général et d'un préfet en tant que ministres est critiquée.

Si nous étions dans un système parlementaire, j'aurais moi-même rejoint certaines de ces critiques.

Pourtant, ces nominations sont conformes à l'esprit du système gouvernemental présidentiel.

Le président élu est le principal responsable devant la nation ; en tant que chef de l'exécutif, il rend des comptes devant les urnes au nom de tous les ministres.

C'est lui qui assume le risque politique, et par conséquent, c'est lui qui décide.

Le point sur lequel il faut insister ici est la perte d'altitude du législatif.

Les députés n'ont aucun poids.

Alors que les pièces se mettent en place dans le fonctionnement de l'exécutif, il est impératif que le législatif soit également restructuré conformément à l'esprit du modèle présidentiel.

Comme aux États-Unis, il faut passer à un système électoral uninominal à un tour, et dans ce modèle où la volonté nationale se reflète le plus fortement dans les urnes, il faut ouvrir la voie à l'entrée de députés forts au Parlement.

Le mécanisme de favoritisme dégradant, tel que les « nominations, promotions, affectations » que la bureaucratie utilise pour protéger ses classes privilégiées, doit être supprimé, et les députés doivent remplir uniquement leurs fonctions de contrôle et de législation, comme le prévoit la Constitution.

Les citoyens devraient chercher à résoudre leurs problèmes non pas au Parlement, mais dans les ministères, et ces derniers devraient être structurés en conséquence.

Dans la rue, il ne devrait pas y avoir seulement des députés, mais aussi des ministres et des bureaucrates.

Sinon, un modèle où le pouvoir appartient à la bureaucratie et où les députés paient la facture épuise la politique et fait revivre l'oligarchie bureaucratique.

Dans le fonctionnement actuel, le tambour est sur l'épaule du politicien, mais le maillet est dans la main du bureaucrate ; le bureaucrate exerce le pouvoir, et le député paie la note.

Si ce paradoxe n'est pas corrigé, au stade final, c'est le chef de l'exécutif qui paiera la facture globale.

En toute humilité… »