Barış Pehlivan s'exprime sur son procès du 9 novembre : « Ce sera l'épreuve d'une grande injustice »

Le journaliste Barış Pehlivan, incarcéré pour la cinquième fois dans le cadre d'une affaire ouverte en raison de l'un de ses articles, comparaîtra devant le juge le 9 novembre. Rappelant qu'il n'a pas été autorisé à bénéficier de la liberté conditionnelle, Pehlivan a déclaré à propos de son procès : « Ce sera l'épreuve d'une grande injustice qui me dépasse ».

12punto

Le journaliste Barış Pehlivan est incarcéré pour la cinquième fois en raison d'une affaire judiciaire ouverte à son encontre suite à un article publié dans le journal Cumhuriyet. Détenu à la prison ouverte de Maltepe, Pehlivan comparaîtra devant le juge le 9 novembre 2023.

S'exprimant auprès du chroniqueur de Cumhuriyet, Murat Ağırel, Pehlivan a résumé sa situation dans la prison ouverte :

« LES PRISONS SONT DES ACADÉMIES DU CRIME »

« Une académie du crime ! Malheureusement, les prisons ouvertes en Turquie, au lieu d'être des lieux de réinsertion, sont devenues des écoles pour de nouveaux crimes. Je n'ai pas vu de système efficace pour réinsérer les détenus dans la société. Au contraire, j'ai remarqué que de nombreux détenus y apprennent des crimes qu'ils ignoraient et nouent des contacts qu'ils n'auraient jamais pu avoir à l'extérieur. Mais mon constat le plus marquant, encore une fois et malheureusement, est d'avoir compris, en discutant chaque jour avec des dizaines de personnes, à quel point le système judiciaire est corrompu. »

« LA LIBERTÉ CONDITIONNELLE QUI M'EST REFUSÉE EST ACCORDÉE À DES CRIMINELS DANGEREUX »

Concernant la liberté conditionnelle, dont il n'a pas été autorisé à bénéficier alors qu'il y avait droit, Pehlivan a partagé ses observations en prison :

« J'ai été témoin des dizaines de fois du fait que le droit à la liberté conditionnelle, qui m'est refusé, est accordé à des criminels très dangereux à l'intérieur. Il y a eu de nombreux détenus qui ont été libérés sous condition après six ans au total, et que j'ai regardés partir. Je ne vais pas le cacher, les autres détenus se moquent parfois de ce que je vis. On demande à ceux qui restent longtemps : "As-tu tué quelqu'un ?"... Cela me fait mal de le dire, mais malheureusement, si j'avais tué quelqu'un, je serais libre ! »

« CE SERA L'ÉPREUVE D'UNE GRANDE INJUSTICE » 

Pehlivan, qui comparaîtra devant le juge le jeudi 9 novembre, a déclaré ce qui suit concernant l'audience :

« Mon droit à la liberté conditionnelle m'a été retiré sous prétexte d'une affaire ouverte suite à un article dans Cumhuriyet. Le nouvel article ajouté à la loi durant l'été autorise ma libération, mais les juges l'ignorent. Il ne reste donc qu'une seule voie : être acquitté dans l'affaire qui a fait annuler ma liberté conditionnelle... Car selon l'article qu'ils utilisent pour justifier mon maintien en détention, un acquittement dans ce procès me permettrait de bénéficier à nouveau de la liberté conditionnelle. En résumé, le procès du 9 novembre sera l'épreuve d'une grande injustice qui me dépasse. »