Décision historique de la Cour constitutionnelle : les impôts non payés par le club ne pourront être réclamés au sportif
La Cour constitutionnelle a annulé une disposition fiscale, longtemps débattue entre les clubs et les sportifs, la jugeant contraire à la Constitution.
12punto
La Cour constitutionnelle (AYM) a annulé une disposition législative qui permettait de réclamer aux sportifs l'impôt sur le revenu que les clubs sportifs avaient retenu sur leurs salaires mais n'avaient pas reversé à l'administration fiscale. La haute juridiction a jugé que cette situation constituait une « atteinte disproportionnée au droit de propriété » des sportifs et imposait une charge excessive aux individus.
La Cour constitutionnelle a annulé cette disposition fiscale cruciale, qui causait depuis longtemps de graves privations de droits et des litiges juridiques entre les clubs et les sportifs dans le sport turc, en la déclarant inconstitutionnelle. La décision, publiée au Journal officiel, fait suite à un recours déposé par le 1er tribunal fiscal d'Antalya auprès de la Cour constitutionnelle.
IMPOSSIBLE À DÉDUIRE, SOURCE D'INÉGALITÉS
L'affaire en question reposait sur une règle figurant à l'article 72 provisoire de la loi n° 193 sur l'impôt sur le revenu. Selon cette règle, si un club sportif effectuait une retenue à la source sur le salaire de son sportif mais ne reversait pas cet argent au fisc, le sportif ne pouvait pas déduire cette retenue de sa dette fiscale lors de sa déclaration annuelle de revenus en fin d'année.
Le 1er tribunal fiscal d'Antalya a porté l'affaire devant la plus haute instance judiciaire, soulignant que le sportif subissait la sanction en raison de l'erreur et de la négligence du club, ce qui créait une inégalité flagrante entre les sportifs évoluant dans différents clubs.
JUSTIFICATION DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE : « LE POUVOIR DE RECOUVREMENT FORCÉ DES IMPÔTS APPARTIENT À L'ÉTAT »
Donnant raison au requérant, la Cour constitutionnelle a annulé la règle tout en établissant un cadre juridique clair protégeant les sportifs. Les points importants suivants ressortent de la justification de l'annulation par la haute juridiction :
Les clubs, en tant que « responsables fiscaux », sont directement responsables du paiement des impôts retenus à la source sur les salaires. Dès l'instant où la retenue est effectuée, le sportif ne dispose plus d'aucun pouvoir de disposition ou de contrôle sur cet argent.
L'État dispose déjà d'un mécanisme juridique puissant pour les impôts que le club ne verse pas. Conformément aux dispositions de la loi n° 6183 sur la procédure de recouvrement des créances publiques, l'État a le pouvoir de recouvrer cette dette fiscale par la force auprès des clubs.
Réclamer à nouveau au sportif, qui est le contribuable, une dette fiscale relevant de la responsabilité du club et que l'État peut recouvrer par la force auprès de ce dernier, est contraire au principe de proportionnalité et impose une charge excessive aux individus.
Avec cette décision historique, même si les clubs ne remplissent pas leurs obligations financières et éludent ou retardent le paiement de l'impôt, la facture ne pourra plus être réglée par les sportifs. Ces derniers ne seront plus contraints de payer une seconde fois l'impôt pour compenser les retenues effectuées sur leurs salaires.