Décision sur la violation des droits dans l'affaire ByLock : la Turquie devra verser des indemnités

Aydın Sefa Akay, juge à l'ONU et ambassadeur à la retraite, condamné pour l'utilisation de ByLock, avait saisi la CEDH. Suite à cette requête, la CEDH a statué que la Turquie avait violé ses droits. En conséquence, la Turquie devra verser un total de 28 000 euros d'indemnités.

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La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a rendu sa décision concernant la requête déposée par Aydın Sefa Akay, juge au Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux (ONU) et ambassadeur à la retraite, qui avait été arrêté et condamné à 7 ans et 6 mois de prison en Turquie après la tentative de coup d'État de 2016, sous prétexte qu'il utilisait ByLock et qu'il était "membre d'une organisation terroriste".

Selon la CEDH, la Turquie a violé à l'unanimité les articles 5 (droit à la liberté et à la sûreté) et 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) de la Convention européenne des droits de l'homme en raison de l'arrestation d'Akay en violation de son immunité diplomatique, ainsi que de la perquisition de son domicile et de sa personne.

21 000 EUROS D'INDEMNITÉS

Selon les informations relayées par DW Türkçe, la CEDH a condamné la Turquie à verser à Aydın Sefa Akay la somme de 21 000 euros au titre du préjudice matériel.

La Turquie devra également verser 7 000 euros pour les frais de justice.

Dans le communiqué publié aujourd'hui par la Cour, il est précisé que le résultat de l'affaire est lié à la perquisition de son domicile. Il est rappelé qu'au moment de son arrestation après la tentative de coup d'État de 2016, Akay travaillait à distance depuis son domicile d'Istanbul sur des dossiers relatifs au génocide rwandais de 1994, dans le cadre de ses fonctions au sein du Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux de l'ONU.

Dans son arrêt, la CEDH a indiqué ne pas avoir été convaincue par l'interprétation du droit international faite par les tribunaux locaux lorsqu'ils ont rejeté la demande d'immunité diplomatique d'Akay.

La Cour a également noté qu'Akay bénéficiait d'une immunité diplomatique complète, laquelle le protégeait contre toute forme d'arrestation ou de détention en vertu du droit international.

LA PROTECTION JURIDIQUE RENDUE CADUQUE

En outre, il a été souligné que les tribunaux locaux n'ont examiné la question de l'immunité diplomatique d'Akay que plus de huit mois après les faits, qu'ils n'ont procédé à aucune vérification concernant la perquisition de son domicile et de sa personne, et que toute protection dont Akay bénéficiait en tant que juge international a été rendue caduque.

Il est noté que le tribunal local, en rejetant la demande d'immunité diplomatique, a estimé qu'Akay bénéficiait d'une immunité liée à ses fonctions de juge à l'ONU, mais que celle-ci ne s'appliquait pas en dehors de la juridiction turque.

LA DEMANDE DE LIBÉRATION REJETÉE

Cependant, la requête déposée par Akay devant la Cour constitutionnelle concernant sa détention provisoire, effectuée sans respect des usages diplomatiques, a été rejetée.

La demande de libération d'Akay, formulée en vertu de l'article 46, n'a pas non plus été acceptée.

La Cour a justifié ce rejet en précisant que les éléments disponibles ne concernaient que sa détention provisoire, laquelle a pris fin en juin 2017.