Des artistes et des écrivains se sont réunis à Mardin contre la nomination d'administrateurs judiciaires

La réaction face aux coups de force des administrateurs judiciaires (kayyum), qui ont débuté avec la municipalité d'Esenyurt et se sont poursuivis dans de nombreuses autres villes et districts, se poursuit. Cette fois, un grand nombre d'intellectuels et d'artistes se sont réunis à Mardin pour protester contre ces nominations.

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Les réactions se poursuivent à la municipalité métropolitaine de Mardin, où un administrateur judiciaire a été imposé, tout comme à Esenyurt, Batman ou Halfeti. Cette fois, ce ne sont pas les politiciens, mais des intellectuels et des artistes qui ont fait entendre leur voix. Un grand nombre d'écrivains, d'artistes, d'anciens députés, d'universitaires, de journalistes, d'hommes d'affaires, de médecins et de bénévoles de la société civile se sont rendus à Mardin pour rendre visite aux maires démis de leurs fonctions et remplacés par des administrateurs judiciaires.

La délégation a tenu une conférence de presse aujourd'hui (9 décembre) à 13h30 devant l'hôtel Yay Grand de Mardin. Dans la déclaration, il a été affirmé : "La nomination d'un administrateur judiciaire ne se limite pas à une simple décision administrative. C'est un verrou posé sur les urnes, l'un des derniers vestiges d'une démocratie qui est progressivement démantelée. Nous sommes venus ici au nom des citoyens qui réclament la paix, la justice et le respect de la volonté nationale, pour dire 'Nous ne consentons pas' à cette politique arbitraire et antidémocratique des administrateurs judiciaires, et pour exprimer notre solidarité avec ceux dont la volonté a été spoliée. Nous appelons le gouvernement à renoncer aux pratiques de mise sous tutelle et tous les acteurs politiques à s'opposer à cette politique sans 'mais' ni 'si'."

La délégation qui s'est rendue à Mardin est composée de :

Ali İhsan Dinçer - Ancien président de la Fédération d'Amed / Ayşe Erzan - Universitaire / Ayten Yıldırım - Dentiste / Berrin Sönmez - Universitaire, écrivaine / Binnaz Toprak - Universitaire, députée de la 24e législature / Celal Korkut Yıldırım - Dentiste / Ekrem Baran - Théologien / Enes Atila Pay - Architecte / Erdoğan Aydın - Écrivain / Fazıl Alp Akiş - Journaliste, écrivain, éditeur / Gülayşe Koçak - Écrivaine / Gülseren Onanç - Responsable d'organisation de la société civile / Gürhan Ertür - Animateur radio / Hacer Ansal - Universitaire / İslam Özkan - Écrivain / Mehmet Altan - Universitaire, écrivain / Mehmet Saltoğlu - Homme politique / Murathan Mungan - Écrivain / Nesrin Nas - Économiste, ancienne présidente de l'ANAP / Nilay Akgün - Journaliste / Nurcan Baysal - Écrivaine / Nurten Ertuğrul - Expert-comptable, militante / Orhan Alkaya - Écrivain, homme de théâtre / Orhan Silier - Historien / Oya Baydar - Écrivaine / Ömer Faruk - Écrivain / Tatyos Bebek - Dentiste.

Le texte intégral de la déclaration est le suivant :

"Il y a huit ans, en tant que citoyens préoccupés par la direction prise par le pays, par la spoliation de nos droits et par l'atteinte portée à notre paix et à notre fraternité, nous avions lancé cet appel à ceux qui dirigent le pays :

En tant que copropriétaires de ces terres, nous sommes les enfants de cette patrie avec notre diversité colorée : Turcs, Kurdes, Arméniens, Grecs, Lazes, Arabes, Circassiens, Roms, musulmans, chrétiens, juifs, syriaques, yézidis, sunnites, alévis, croyants et non-croyants.

Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, nous sommes tous des gens de bien, dotés d'une conscience, qui souhaitons vivre heureux ensemble. Peu importe notre milieu, nos opinions, notre tradition politique ou notre région, nous voulons vivre nos croyances, notre religion, notre langue, notre identité et notre culture dans la paix et la sérénité.

Nous ne voulons pas que nos droits constitutionnels soient entravés, que nos choix politiques soient ignorés, que nos élus soient démis de leurs fonctions, ni que notre volonté soit hypothéquée par la nomination d'administrateurs judiciaires.

Nous ne voulons pas être désignés comme ennemis. Nous ne voulons pas de violence contre les femmes et les enfants, de harcèlement, de viol, de féminicides ou de discrimination.

À ceux qui dirigent ce pays !

Vous avez été élus pour nous permettre, citoyens, de vivre dans la paix, la sécurité et la sérénité. Ne nous divisez pas avec des discours de haine et de ressentiment, ne détruisez pas notre foi en la justice et en l'État de droit. Sachez que nous ne consentons pas à cette situation, nous y sommes opposés.

La multiplication des mises sous tutelle a montré à quel point nos inquiétudes étaient fondées. Aujourd'hui, ceux qui ont le mot 'volonté nationale' constamment à la bouche ignorent la volonté de millions de citoyens et disent aux électeurs des villes, des districts et des régions placés sous tutelle : 'Nous ne vous considérons pas comme faisant partie de la nation'. Par des pratiques arbitraires qui portent atteinte au sentiment de justice, ils portent un coup à la démocratie et à la paix intérieure.

Nous tenons à rappeler que la nomination d'un administrateur judiciaire ne se limite pas à une simple décision administrative. C'est un verrou posé sur les urnes, l'un des derniers vestiges d'une démocratie qui est progressivement démantelée.

Nous sommes venus ici au nom des citoyens qui réclament la paix, la justice et le respect de la volonté nationale, pour dire 'Nous ne consentons pas' à cette politique arbitraire et antidémocratique des administrateurs judiciaires, et pour exprimer notre solidarité avec ceux dont la volonté a été spoliée.

Nous appelons le gouvernement à renoncer aux pratiques de mise sous tutelle et tous les acteurs politiques à s'opposer à cette politique sans 'mais' ni 'si'.

Nous le répétons ici une fois de plus. Contre les pratiques de mise sous tutelle qui s'opposent à la volonté du peuple et à la démocratie, 'Nous ne consentons pas, nous sommes opposés'."