Fatih Altaylı arrêté, les débats sur la liberté d'expression s'enflamment ! Les réactions se multiplient

Le journaliste Fatih Altaylı a été arrêté pour « menace envers le Président » en raison de propos tenus lors d'une émission en direct sur les réseaux sociaux. La décision d'arrestation a suscité de vives réactions de la part de sa famille et de personnalités politiques. Mansur Yavaş, Ahmet Şık et des représentants du CHP ont dénoncé cette décision, la qualifiant d'attaque contre la liberté d'expression.

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Fatih Altaylı arrêté, les débats sur la liberté d'expression s'enflamment ! Les réactions se multiplient

Le journaliste Fatih Altaylı, interpellé hier soir, a été placé en détention provisoire pour des propos tenus lors d'une émission en direct sur son compte de réseau social, qualifiés de « menace contre le Président ».

Suite à la décision d'arrestation, l'épouse de Fatih Altaylı, Hande Altaylı, a déclaré dans une publication sur les réseaux sociaux : « Parfois, il vaut mille fois mieux faire partie de ceux qui sont emprisonnés que de ceux qui emprisonnent. Dieu merci ! »

L'arrestation d'Altaylı a suscité de nombreuses réactions.

Fatih Altaylı arrêté, les débats sur la liberté d'expression s'enflamment ! Les réactions se multiplient

AHMET ŞIK

Le député d'Istanbul du Parti des travailleurs de Turquie (TİP), Ahmet Şık, a exprimé son opposition à la décision devant le palais de justice d'Istanbul à Çağlayan :

« Ce n'est pas du droit, c'est une opération visant à remettre les gens à leur place. À travers Fatih Altaylı, on cherche à intimider ceux qui occupent l'espace public. Ceux qui ne s'unissent pas contre le fascisme finiront par se retrouver dans les prisons du fascisme. Nous devons sortir de nos zones de confort. »

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MANSUR YAVAŞ

Le maire de la municipalité métropolitaine d'Ankara (ABB), Mansur Yavaş, a également réagi sur son compte de réseau social :

« Une arrestation pour un prétendu délit d'opinion ne peut être appliquée que s'il existe un risque de fuite, une possibilité de destruction de preuves ou un danger de récidive. Or, il n'y a ici ni élément constitutif d'un délit, ni situation justifiant une détention.

La détention provisoire n'est pas une peine, mais une mesure exceptionnelle. L'article 26 de notre Constitution et la jurisprudence de la CEDH protègent clairement la liberté d'expression.

Le droit doit s'appliquer selon des normes universelles, et non en fonction des idées, des personnes ou du pouvoir en place.

Cette erreur doit être corrigée immédiatement et Fatih Altaylı doit être libéré. »

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ÖZGÜR ÇELİK

Le président de la branche d'Istanbul du CHP, Özgür Çelik, a partagé une photo prise devant le palais de justice de Çağlayan avec le commentaire suivant :

« Nous savons qu'en arrêtant le journaliste Fatih Altaylı, ils veulent nous intimider tous.

Un pouvoir qui n'a plus d'autre promesse à faire au peuple que la peur a fait son temps. Lorsque cette obscurité totale sera derrière nous, chaque jour passé dans les geôles sera une médaille d'honneur pour les personnes intègres.

Vive la presse libre. Vive la République de Turquie libre. »

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LE PORTE-PAROLE DU CHP, DENİZ YÜCEL

« Il est impossible d'expliquer juridiquement le fait que la vidéo de Fatih Altaylı sur sa chaîne YouTube ait été montée pour donner l'impression qu'il a commis un délit.

Voici ce qui a été fait : désigner une cible, trouver un prétexte, inventer un délit, arrêter...

Ceux qui sont à l'origine de ce processus, qui ferait passer les périodes de coup d'État où l'on cherchait à faire taire toute opposition pour des temps cléments, sont une honte pour la démocratie.

Arrêter des journalistes, des juristes, des politiciens et des personnes représentant ou défendant la pensée dissidente, simplement parce qu'ils dérangent le pouvoir, pour des actes et des discours qui ne sont pas définis comme des délits par nos lois, et leur appliquer des sanctions sans fondement juridique, signifie la destruction de l'État de droit.

L'un des principes fondamentaux du droit pénal est l'interdiction de l'analogie. Un acte qui n'est pas défini comme un délit par la loi ne peut être considéré comme tel par analogie avec un acte qui l'est, ne peut constituer un délit et ne peut faire l'objet de sanctions.

La destruction consciente et délibérée de l'État de droit de cette manière pourrait amener les auteurs de ces actes à être eux-mêmes poursuivis demain pour tentative de renversement de l'ordre constitutionnel.

Il faut mettre fin immédiatement à ces pratiques arbitraires qui n'ont pas leur place dans le droit. »